[T.I.M.E Stories]
Je travaille dans une ludothèque à Bruxelles et j’aimerais acquérir le jeu Times Stories. Je n’ai pas eu l’occasion d’y jouer mais je me disais qu’il pouvait être intéressant de l’avoir en rayons (surtout que j’aime beaucoup Pandemic Legacy qui lui est impossible à prêter). Donc ma question est simple: est-ce que les personnes qui l’emprunteraient pourront effectivement exploiter le jeu? Ou il ne servirait qu’à le tester avant de potentiellement l’acheter?
Merci ![]()
Bonjour ![]()
Voici l’avis du joueur lambda que je suis.
- Je ne vais parler que de la boite de base (Scénario Asylum).
- Contrairement aux jeux de type Legacy, TIME Stories ne subit aucune “dégradation” ou irréversibilité lié au matériel (SPOILER: à l’exception d’un petit bonus secret de fin de partie, mais en prêt de ludothèque, on peut fermer les yeux sur la disparition de cet élément).
- Pour chaque joueur, le jeu se joue en une seule partie (déroulement intégrale du scénario. Rejouabilité presque de zéro.) mais s’étale sur plusieurs runs (3 ou 4 sessions de 1-2h). Un emprunteur devra donc réaliser la partie entière durant sa location, car le système de sauvegarde entre runs ne supportera pas le passage d’un autre emprunteur.
- Autre limite : la mise en place initiale demande de NE PAS manipuler un deck de carte ordonné de façon bien défini. Si un emprunteur ne remet pas le deck en l’état après sa partie, le suivant risque de devoir s’auto-spoiler pour remettre la configuration initiale en place.
Sinon, le jeu est vraiment super et sort des sentiers battus, ce qui en fait par essence un bon candidat pour une ludothèque voulant offrir des sensations nouvelles. ![]()
Je plussoie : s’il y a bien un jeu qui se prête au prêt en ludothèque, c’est bien T.I.M.E Stories et ses scénarios (du coup, ça implique un double prêt par contre : boîte de base + 1 scénario). Ca fonctionne comme un livre, mais qu’on peut/doit lire plusieurs fois à la suite. Et en ludothèque, la question investissement vs rejouabilité se pose nettement moins.
Le dernier point de Phoenixeux est important, il faut que le jeu soit “rangé” de façon impeccable pour que le prochain emprunteur puisse y jouer. Attention donc à cela, c’est une contrainte supplémentaire qui peut limiter le pret.
Zemeckis dit :Le dernier point de Phoenixeux est important, il faut que le jeu soit "rangé" de façon impeccable pour que le prochain emprunteur puisse y jouer. Attention donc à cela, c'est une contrainte supplémentaire qui peut limiter le pret.
Pour être plus précis, la remise en place nécessite de trier environ 150 cartes, discrètement numérotées de 1 à 150 sur leur recto.
Soit une manip de 5-8 vraies grosses minutes si le deck est totalement en bazar (recto et verso mélangés, numéros aléatoires).
Si l'emprunteur précédant ne range pas bien mais ne fait pas trop n'importe quoi (empilement naturel des séries de cartes utilisées, face recto), le tri du deck devrait se faire en 2-3 minutes.
Et si l'emprunteur a su lire les règles et apprécier le jeu dans de bonnes conditions, nul doute qu'il l'aura rangé au bénéfice du suivant ! 60 secondes pour vérifier ce civisme appréciable.
Petit hors-sujet : les ludothèques/magasins de location ont une procédure standard pour les vérifications des retours ? Très chronophage ?
Sylvano dit :Je plussoie : s'il y a bien un jeu qui se prête au prêt en ludothèque, c'est bien T.I.M.E Stories et ses scénarios (du coup, ça implique un double prêt par contre : boîte de base + 1 scénario). Ca fonctionne comme un livre, mais qu'on peut/doit lire plusieurs fois à la suite. Et en ludothèque, la question investissement vs rejouabilité se pose nettement moins.
Cher Monsieur,
Cela va peut-être paraitre un peu étrange, mais nous sommes là justement dans l'exemple le pire qui soit. Celui qui met en évidence le problème des ludothèques qui n'ont souvent pas les moyens et le soucis du prêt ou de la location. En effet. Quid des droits d'auteurs ? Dans les bibliothèques, les vidéothèques, les médiathèques, les "produits culturels" proposés ne sont pas acheté aux prix boutiques, ils sont acheté plus cher (en tout cas de mon temps, les vidéo-club par exemple, achetaient les DVD ou K7 qu'ils louaient 2 ou 300€ si ce n'est 800€, ceci afin que la filière soit alimenté en $). Parce qu'il faut bien que le producteur, l'auteur touchent des sous pour sa création, sinon c'est la mort du système (d'ailleurs, on est arrivé pour certains Arts à de la survie grâce aux subventions. Théatre subventionné, concerts subventionnés....
Là, avec "Time Stories", quand un groupe va prendre le jeu en ludo, il va jouer, le ramener et n'ira jamais l'acheter puisqu'il a fait le scénario. On ne peut donc même pas se dire que ça va aider à vendre le jeu. Donc, imaginez 100 personnes qui empruntent une boite, qui coute donc 40€. 300 personnes auront joué au jeu, et la filière aura touché 40€, dont 8€ à l'état, 15 à la boutique, 14 à l'éditeur, 2,5 au distributeur, et 50 centimes à l'auteur. En gros de je schématise
Et les ludothèques auront empochés les adhésions (je sais, ce n'est pas beaucoup). Mais cela pose un vrai problème... Non ?
Bien à vous
Monsieur Phal
Question sérieuse: les ludothèques paient-elles les jeux plus cher?
Merci d’éclairer un ignorant sur le sujet.
Une réflexion pertinente, M. Phal.
Concernant précisément TIME Stories, une solution pourrait être pour la ludothèque de s’interdire l’achat des scénarios : la boite de base fera office d’appel à l’achat pour les joueurs ayant aimé Asylum et souhaitant continuer l’aventure.
Je me demande si les Space Cowboys avaient intégré cette problématique dans leur projection (le jeu étant déjà un pari risqué par nature).
loule dit :Question sérieuse: les ludothèques paient-elles les jeux plus cher?
Merci d'éclairer un ignorant sur le sujet.
Cher Monsieur,
J'en doute sérieusement, je dirais même qu'elles les paient moins cher... ![]()
Bien à vous
Monsieur Phal
Monsieur Phal dit :C'est ce que j'avais aussi en tête :)loule dit :Question sérieuse: les ludothèques paient-elles les jeux plus cher?
Merci d'éclairer un ignorant sur le sujet.
Cher Monsieur,
J'en doute sérieusement, je dirais même qu'elles les paient moins cher...
Bien à vous
Monsieur Phal
J'ai plusieurs fois abordé ce sujet du flou autour de la location des jeux (certaines boutiques proposent cette option, d'après certains retours du forum).
Je charge un peu en parlant souvent d'une inévitable professionnalisation de la filière jds, mais pour moi ce sujet est assez révélateur.
@Mr Phal : Euh, d’accord. Je suis moi-même sensible à ce genre de problématique puisque je suis auteur, mais vous abordez une toute autre question, là. Je répondais du point de vue de la ludothèque et du “service rendu” à ses adhérents. Pas sur l’impact que ça peut avoir pour l’éditeur et l’auteur (que je connais bien et auxquels je ne veux que du bien, hein). Je disais juste qu’étant donné le concept particulier du jeu, l’argument de la rejouabilité est moins recevable en ludothèque. Le jeu pourra a priori profiter à beaucoup plus de joueurs que s’il est possédé par un particulier. Et rien n’empêche un emprunteur de s’acheter le jeu après l’avoir joué une fois en ludothèque, tout simplement parce qu’il a envie d’avoir le jeu. Je l’ai présenté à plein de gens sur des salons, en leur faisant jouer une moitié de partie sur Asylum, et sur un tiers à la moitié des parties, ça a déclenché un acte (en tout cas une intention) d’achat dans la foulée. C’est un peu comme les jeux portés en ligne. Moi le premier j’ai acheté des jeux sur lesquels j’ai fait d’abord des dizaines de parties en ligne, parce que même si j’y avais accès sans limite virtuellement, j’avais envie de les avoir en dur dans ma ludothèque. Et je pense que TS, pour ceux qui sont conquis par le concept, déclenchent particulièrement des achats coup de coeur. C’est trop bien, il me le faut !
Que le jeu soit en location en ludothèque ou revendu puis revendu puis revendu (…) en occasion ne change pas grand chose, je trouve.
Phoenixeux dit :Une réflexion pertinente, M. Phal.
Concernant précisément TIME Stories, une solution pourrait être pour la ludothèque de s'interdire l'achat des scénarios : la boite de base fera office d'appel à l'achat pour les joueurs ayant aimé Asylum et souhaitant continuer l'aventure.
Je me demande si les Space Cowboys avaient intégré cette problématique dans leur projection (le jeu étant déjà un pari risqué par nature).
Un peu utopique mais: Ou alors ne louer que le jeu (la console) avec le scénario de base et les scénarios supplémaentaire sans le jeu de base. La personne ayant apprécié la console avec le scénario de base l'achète et pourra louer par la suite les scénarios à la ludothèque. Bon y'a toujours une perte niveau argent pour l'éditeur et je pense que ça peux être mal vu de faire ça dans une ludothèque.
Monsieur Phal dit :loule dit :Question sérieuse: les ludothèques paient-elles les jeux plus cher?
Merci d'éclairer un ignorant sur le sujet.
Cher Monsieur,
J'en doute sérieusement, je dirais même qu'elles les paient moins cher...
Bien à vous
Monsieur Phal
Merci pour la réponse.
Effectivement, il me semblait également avoir vu des réductions pour les associations / ludothèques.
Le jeu n’est pas un cas à part: une bibliothèque va généralement acheter ses livres au prix public -9% remise légale accordée aux collectivités. Donc la question des prix exorbitants des DVDs n’est pas la seule solution.
Concernant le livre, il existe un dispositif (Sofia) qui demande aux bibliothèques de reverser ces 9% de remise à un fond chargé de redistribuer aux auteurs.
Bon dans la pratique, je ne sais pas si ça marche aussi bien, ou si les Marc Lévy et autres raflent la quasi-totalité de ces sommes…
De toute façon croire que les ludothèques ont le public pour Time stories alors que 90% d’entre elles si ce n’est plus n’accueillent que des 0-6 ans (attention je ne dis pas que c’est par choix), et que sur le reste la quasi majorité n’a pas le public pour…
et puis sur la foule immense des ludothèques en France (combien est ce qu’il y en a ? 1500 ? 2000 ? 2500 ?), combien ne font que de l’accueil public ? combien sont itinérantes et ne font pas non plus de prêt ? et encore une fois combien ont le public pour ?
Pour moi c’est un faux probleme.
Ahhhh voilà là la peur que le capitalisme ne puisse pas faire son oeuvre avec l’existence de vilaines ludothèques qui permettent d’essayer les jeux avant de les acheter frénétiquement… ![]()
J’en ai pas fait l’acquisition pour notre ludothèque non seulement parce que je le trouve bien moins intéressant (et c’est un euphémisme) qu’un Sherlock mais également parce que la rejouabilité est nulle… L’objectif de la location est de faire découvrir des jeux, de permettre d’acheter intelligent, de faire rentrer le jeu dans plus de foyers et c’est contagieux: le développement d’une ludothèque sur un territoire permet au marché du jeu de se dynamiser pas le contraire.
Ce jeu se prête de joueurs en joueurs, de membres de club de jeu en membre de club de jeu. C’est comme ça c’est le format. L’éditeur a couru le risque en connaissance de cause et ça n’a pas trop l’air de perturber le succès et les ventes…
Je m’occupe d’une ludothèque et nous faisons du prêt de jeu.
Nous avons Time stories, qui n’est pas encore sorti en prêt mais qui a été joué en soirée jeu à la ludothèque. Le problème de l’achat du jeu derrière ne se pose pas, pour le prêt non plus, car après avoir joué au jeu en soirée, ces personnes ne l’auraient de de ce fait pas acheté, car time stories ne s’y prête pas. Ce jeu remplit bien son rôle en ludothèque, car il est très bon, mais ne se prête pas à l’achat secondairement de par son mécanisme. D’ailleurs, si on me prête le jeu à titre personnel, c’est idem. Donc je ne vois pas où est le problème ludothèque ou pas, une fois joué, une fois prêté, par une ludothèque ou un pote, le jeu n’est pas rejouable. C’est pas du au lieu où on joue ni si on prête ou pas, c’est du au jeu lui même. D’ailleurs, le rôle premier d’une ludothèque n’est pas de déclencher l’achat de jeu derrière mais de faire jouer, tout simplement. Si le jeu est acheté, tant mieux, et je ne doute pas une seconde que nos prêts aient pu permettre cela un bon paquet de fois. Je suis rassuré pour les space cowboys, vu comme splendor a plu par ici, nul doute qu’il ait été acheté consécutivement à un prêt
Le but d’une bibliothèque, puisque cet exemple est cité, est de faire lire les gens, pas qu’ils achètent le même livre derrière. Dans le jeu, il est à contrario possible que les gens achètent par la suite, c’est l’avantage. D’ailleurs nous proposons 10 à 15% de réduc dans une boutique partenaire pour faciliter cela.
L’emprunt des jeux “experts” doit représenter 5 à 10% des emprunts, bien loin derrière les jeux enfants et familles (haba et tutti quanti), donc ce n’est pas représentatif.
Nous payons le même prix nos jeux que le grand public, mais faisons de grosses commandes, donc bénéficions de réduc fidélité.
Tiens ça me rappelle les calcules des grandes Major sur le soit-disant manque à gagner provoqué par le téléchargement illégal. Comme si un téléchargement équivalait à une vente perdue.
Et du coup la marché de l'occasion, ça pose aussi un vrai problème... Non ?
Quand même, toutes ces ludothèques qui s'engraissent sur le dos des SC, quel honte !
On peut aussi aller plus loin. Si j'achète le jeu mais que je fais jouer 3 amis qui eu n'ont pas payé le jeu. Au final l'auteur n'aura reçu qu'une part alors que 4 joueurs en auront profité. Et que dire si, horreur !, je prête mon jeu ? Ne faudrait-il pas mettre en place un genre de taxe pour palier à ce vrai problème... Non ?
Ou alors, peut-être que l'impact négligeable du prêt de TS par des ludothèque sur ses ventes fait que ce n'est pas un si vrai problème que ça.
Mitsoukos dit :Ahhhh voilà là la peur que le capitalisme ne puisse pas faire son oeuvre avec l'existence de vilaines ludothèques qui permettent d'essayer les jeux avant de les acheter frénétiquement...
Chère Madame Mitsoukos,
J'ai dit ça ? Que les ludothèques étaient vilaines ? Et que, en tant que capitaliste, j'avais peur ? Ben merde alors...
Alors à moi de jouer du coup : Vous avez raison, ils sont salauds ces auteurs à vouloir que leur création leur permettent de vivre. Ils devraient faire ça gratuitement. D'ailleurs, ils sont sur la bonne voie, c'est eux qui touchent le moins sur toute la filière. Heureusement les gentilles ludothèques font ça uniquement pas amour et les ludothècaires sont tous bénévoles... ![]()
En toute franchise, je me cogne de ce que font les ludothèques et encore moins de ce que gagnent les auteurs. Juste, je suis intervenu pour donner un autre angle à "Time Stories" est le jeu parfait pour les ludothèques, surtout que je précise que justement là, le rôle de "essayer avant d'acheter" ne marche pas. Maintenant, si vous voyez la une lutte capitalisme/anti-capitaliste, un propos avec de la peur, je doute que la conversation m'intéresse... ![]()
Bien à vous
Monsieur Phal