Le jeu n’est pas une « matière » qui s’apprend, se maitrise, s’évalue et qui implique obligatoirement des « objectifs personnels » et des niveaux de compétences.
C’est une expérience qui se vit et s’apprécie au fil de l’eau avec le temps que l’on peut lui consacrer.
C’est évidemment différent si le jeu est ton métier et ton gagne-pain. Mais si tu es un « simple » joueur, lache prise et profite
Ce qui est dommage avec ce procédé c’est que du coup, seuls les jeux qui tiennent le haut du panier, qui sont sous les projos, nous seraient accessibles.
Et perso, et je ne pense pas être un cas isolé, j’ai tellement de jeux pas bien notés (ou jugés “moyens”) que j’aime énormément et qui font tjs mouche à ma table de jeu, et d’autres, applaudis par la grande majorité, qui ne m’ont pas plu…
On est d’une génération qui a une chance incroyable. Petits, on avait le Monop, la Bonne Paye… Et aujourd’hui, on peut jouer à des trucs incroyables. On a la chance d’avoir vu un domaine se “créer”, s’inventer sous nos yeux. Alors forcément, ce qui existait avant, au début, à cette naissance, n’existera plus jamais.
Mais je crois qu’il faut vraiment profiter, se laisser aller à juste aimer et jouer, jouer, jouer…
C’est également mon point de vue.
Je pense par contre que l’offre doit baisser, dans tous les domaines d’ailleurs, non par volonté de jouer a tout, mais d’un point de vue éthique, axiologique, philosophique.
Et l’île infernale…et qu’est-ce qu’on a pu s’amuser avec mes copains, des heures, des années, avec ces 3 jeux…
@le-zeptien a tout et fort bien dit : trop de jeux tue, involontairement mais très sûrement, la communauté de joueurs. On est, chaque jour davantage, cantonnés dans notre petit pré carré, à plaider la cause de nos petits jeux méritants…
Baisser pour n’avoir que des jeux bien développés, et assez peu nombreux pour qu’un jeu ait une chance de ressortir régulièrement à la même table, ça j’aimerais bien. Parce que quand même, là où moi je fais la différence avec le livre, dans ma pratique et je pense dans la pratique de la plupart des “gamers” : on lit rarement plusieurs fois un livre de plusieurs centaines de pages, mais on attend du jeu qu’il soit rejoué, voire creusé (en tout cas c’était le cas de la communauté jusqu’à récemment). Or, la relecture d’un livre ne dépend que de chacun, alors que creuser un jeu nécessite un groupe stable.
Le glissement qui se fait en ce moment c’est qu’on a mis en place un système fait pour des gens qui ne vont jouer à un jeu qu’une paire de fois, et dont on se fout qu’il soit rejoué avec le meme groupe. et rejoint donc le comportement que l’on a avec les livres.
Oui, enfin, là, on enfonce un peu des portes ouvertes, on est dans la société d’ultra consommation et du jetable : ce qui est vrai pour les fringues, l’est pour les BD, pour les jeux, etc…
Je botte en touche sur les questions philosophiques déjà bien traitées, mais de manière plus ‘pratique’, pour survivre à plusieurs jours dans ce type de salon, il faut préparer un minimum en amont : Quels jeux ai-je envie d’essayer, où sont ils dans le salon, comment j’optimise mon parcours ?
Le forum est parfait pour répondre à la première question, le site de l’organisateur pour les deux autres !
Sur Paris Est Ludique on peut flâner car ce n’est pas très grand, mais pour Cannes, et a fortiori Essen, mieux vaut un plan de bataille. Sinon c’est le meilleur moyen de perdre du temps sur des trucs inutiles, et/ou rater des choses intéressantes.
C’est un peu comme un salon du vin, ne pas cibler ce qu’on veut goûter/acheter, c’est le meilleur moyen de finir à l’envers
Ah ben mince, on a dû se croiser sans que je le sache !
Voilà un retour qui fait très plaisir à lire !
Sur la profusion de jeux, je ne considère pas forcément que c’est un problème en tant que joueur. Comme en cinéma, en littérature ou en musique, je me suis fait depuis longtemps à l’idée que je ne pourrai pas jouer à tout.
Effectivement, quand on n’y connaît rien, c’est un peu écrasant comme sensation d’être perdu au milieu de ce marasme, mais il faut trouver un équilibre entre se renseigner un peu en amont sur ce qui semble assez remarquable, et se laisser un peu porter car on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise découverte un peu par hasard.
Je parle là en tant que joueur, parce que par contre, si j’étais créateur de jeu, j’aurais envie de me flinguer. C’est surtout ça qui m’a marqué en déambulant dans les allées de Cannes. Si j’étais auteur/éditeur, comment espérer que mon jeu se fasse remarquer au milieu de toute cette masse ? Comment puis-je espérer capter l’attention des joueurs alors que des centaines d’autres réclament leur attention au même moment ? Ça me semble un combat contre des moulins à vent.
Le vrai problème c’est les canaux de communication; trop de canaux tue tout parce que la mise en concurrence est beaucoup plus importante. Si par exemple on ne voyait que les jeux français, on aurait pas trop de choix. C’est le même problème qu’avec les site de rencontre: quand on rencontre que les filles de la ville, c’est pas la même chose que les filles de toute la france…
Je ne suis pas sur que le problème existe pour les types de jeu dont tu parle parce que justement les jeux experts, qui peuvent être sujet à discussion parce que suffisamment riche, ne sont pas légion.
En fait on est passé d’une société concentrée ( sur certains produits/ mode de communication/ etc.) A une société de l’ éparpillement. Il y a plein de livres, pleins de jeux, pleins de canaux de communication, etc.
Mais au final cela disperse les choses et demande un effort surhumain pour suivre et s’y retrouver.
Et finalement la seule chose qui reste pour écrire le folklore, au sens d’un agrégat culturel partagé qui permet de faire société, c’est Netflix et compagnie ! Car j’ai l’impression que c’est le truc qui se partage le plus à l’heure actuelle.
Pas forcément et je dirais même au contraire !
Parmi cette immensité océanique de jds, une personne « aisée » aura la chance d’avoir les moyens de se tromper, de choisir un mauvais jeu alors que le « pauvre » n’a pas le droit à l’erreur et il pourrait même être dégoûté rapidement de ce loisir parce qu’il n’a pas eu la chance de tomber sur un bon jeu d’une part et qui lui plaît d’autre part.
Donc pour un « pauvre », la production a tout intérêt à diminuer. Pour nous autres aussi d’ailleurs pour toutes les raisons déjà citées.
ce qui m’ennuie (voir me décourage) en ce moment c’est surtout qu’il y a tellement de jeux que les tirages sont petits. Du coup je vais en boutique pour prendre un jeu qui est en rupture de stock une semaine après sa sortie et je dois attendre 6 mois pour le réapprovisionnement. Il faut être Day one pour avoir l’un des cinq exemplaires que la boutique a pu se procurer.