Trop de jeux tuent-ils le jeu?

Alors voilà, après un jour et demi passés à déambuler, à essayer des jeux avec des animateurs enthousiastes et bienveillants, dans une atmosphère de passionnés qui savent de quoi ils causent, j’ai un sentiment d’overdose et je ne finirai pas ce week end enfermé dans le salon du FiJ.

Je ne sais pas si d’autres visiteurs sont dans cette même impression d’être tellement sollicités qu’en fait on butine plus qu’on s’interesse et que ça commence doucement à se mélanger dans le cerveau et qu’à part deux ou trois choses de vraiment remarquables, on se perd dans la foultitude et que ça en devient insupportable.

Donc je vais me balader dans les environs ce week end, même s’il ne fait plus très beau ni chaud.

Alors je ne vais pas être négatif plus que ça parce que heureusement la découverte n’est pas devenue une corvée et qu’hier soir on a encore sorti en famille la boîte de code names après le repas. Donc ouf, je ne suis pas dégoûté de jouer :slight_smile:

Mais je me suis surpris à n’avoir rien acheté, à part un kilo de bonbons à prix d’or.

Je comprends et je ne juge pas les fondus, au sens noble du terme, qui vont profiter au maximum du salon. C’est normal, ils sont là pour ça.

Mais je me suis posé la question : humainement, est ce qu’on peut jouer à tout ça, tous ces jeux présentés ? Est ce que ça n’en devient pas une sorte de quête du Graal ? Est ce qu’à un moment, on finit par s’arrêter sur une sélection plutôt que de collectionner sans fin ?

C’est formidable, toute cette diversité. Chacun devrait y trouver ses chouchous et partager ses petits bonheurs, non ?

Mais ce n’est pas vraiment mon ressenti sur ce salon. Bon, le jeudi après midi était plutôt feutré et je me sentais un peu étranger dans un monde ou tous semblaient se connaître et le vendredi a été plus coloré et on se prend vite au jeu. Et tous les joueurs avec qui je partageais de bons moments de me dire, en habitués, que le week end, ça devenait infernal…

D’où cette question : trop de jeux tueraient-ils le jeu ?

Merci de m’avoir lu et désolé d’être aussi long :slight_smile:

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Ce qui est étonnant, c’est que tu ne l’ais pas ressenti avant le salon: on en parle ici régulièrement et (surtout) les boutiques en parlent et on le voit beaucoup quand on s’y rend : la table des “nouveautés” change tous les jours, la plupart des boutiques doivent sélectionner celles qu’elles prennent, ne pouvant ingurgiter tout ce qui sort, ce qui a pour effet que quasi plus aucun jeu ne parvient à s’imposer sur le long terme… et à rester des “classiques” pour les boutiques comme ce fut le cas pour les aventuriers du rail, carcassonne, Dominion, 7 Wonders, Catane, Code Names ou Dixit pour n’en citer que quelques-uns…

Donc, pour le moment, ça réduit la durée de vie des jeux et donc ne les tue pas mais les rend moribonds.
Encore un petit effort de la part des éditeurs, un petit coup d’accélo de plus et c’est bon, on y sera. Et ils n’auront que leurs yeux pour pleurer à tous avoir voulu, folles cigales, être trop gourmands…

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Aller au FIJ, ou à fortiori à Essen, c’est un peu comme se rendre à la source d’une corne d’abondance. J’en apprécie grandement touds les avantages proposés. J’avoue aussi que désormais, les inconvénients ont pour moi pris le pas et je ne m’y rends plus. Mais l’essentiel est de vivre sa passion, tout simplement…

Je n’ai jamais mis les pieds dans ces grands événements et plus le temps passe, plus je me dis que ce n’est pas pour moi (il faut être jeune et/ou très très motivé).
Mon Ludinord chéri avance à grands pas, c’est tout tout petit à côté, et je dois dire que les chances que je reste vissé sur une chaise sont quasi nulles : même sur un petit festival il y a pour moi trop de monde, trop de jeux, trop de bruits, et je n’ai plus la moelle de me faire des nocturnes. J’en ai très envie mais je sais que je n’en ai plus ma force :crazy_face:

Ma vraie alternative, très plaisante, à tous ces événements ludiques, c’est mon pélerinage annuel lors du week end TT. Pas de boutade ici, c’est sincère ! :wink:

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Je rejoins l’avis de @rodenbach et je n’ai jamais vraiment adhéré au principe de festival, et d’autant plus quand il est gros.
Ca va même au-delà du domaine du jeu, je fuis tout ce qui est foire à biductruche, ayant toujours considéré ça comme le temple de « je te fais sortir ton porte monnaie alors que t’en n’as pas besoin ». L’apothéose du pire ayant été la découverte du salon de l’agriculture.
Pour en revenir aux jeux, autant je déteste aller dans les gros festivals en tant que visiteur, trop de monde, trop de bruit, trop de sollicitations, autant j’ai adoré mes expériences d’animatrice, le contact avec les gens, expliquer des règles, les faire découvrir et jouer etc…
Les petits c’est différents, familiaux, tu y sens l’âme associative, pas de débauche à l’achat, juste un petit stand du magasin du coin.
Peut-être que cette concentration de tant de jeux sur une petite surface avec autant de sollicitations qui manquent d’air peu faire arriver à une overdose, et je comprends totalement. Et peut-être que des festivals en plein air (Paris est ludique, Parthenay) peuvent par leur format aéré paraître moins étouffants.

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Alors, pour répondre à M Limp : Je suis sur Cannes pour les vacances avant tout. Je suis Normand, zone B, et ca fait du bien de se retrouver au bord de la méditerranée avec une météo clémente. On a fait le carnaval à Nice, les mimosas et les boutiques rue d’Antibes. Donc comme le fij cloturait nos quinze jours, j’ai recupéré deux pass très tôt pour en profiter avec mon grand garçon. Je suis aussi passionné de cinéma et je suis allé plusieurs fois au Festival du film ces dernières années. Bon, ça n’a rien à voir mais maintenant, j’en ai l’expérience et je le sais.

Oui, j’ai été averti mais je suis une bourrique :slight_smile: Mais sincèrement, je ne me doutais pas à ce point de l’extrème marchandisation dans ce milieu. Alors, heureusement qu’on peut au moins jouer à certains jeux proposés mais ce n’est absolument pas dans des conditions favorables.

Les animateurs vont finir sur les rotules et le train de 6h32 pour Paris va être remplis de zombies.

D’une certaine façon, vos réponses ici me rassurent.

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Avec peu d’heures de sommeil bien souvent et parfois aphones (même parfois avant la fin du festival).
C’est super sympa d’animer, mais il y a un côté “physique”, et plus prononcé sur certains festivals comme celui de Cannes, qui rend encore plus honorables les prestations des animateurs.
Ca fait de beaux souvenirs… et quelques jours pour s’en remettre.
Force à eux.

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Ah ah, c’est tellement vrai, mais c’est le cas pour tous les festivals.

@Limp : ici on fait quand même gaffe au sommeil, rarement couché après 22h30…
A 40 balais, je ne suis plus aussi vivace que lors de ma période estudiantine.

J’ai quand même déjà pu me rendre compte du fait que tu as toujours autant de plaisir et d’entrain à expliquer un jeu et accompagner quelques compagnons de route lors d’une partie d’“initiation” ! :wink:

Je ne suis pas d’accord avec le sujet.
Il y a de plus en plus de jeux chaque année et, à moins de savoir à l’avance ce que l’on veut jouer absolument, il est possible de sa balader et de jouer à un peu de tout ou rien du tout et c’est le but du festival.
C’est un festival international donc de présentation de jeux à venir pour la plupart, de dédicaces et rencontres pour d’autres, de tournois pour encore d’autres personnes et si vous ne vous y retrouvez pas, c’est que ce n’est pas pour vous.

C’est un peu ce que je craignais. Mais bon, si le salon n’est pas fait pour moi qui suis juste un amateur pas vraiment éclairé de jeu de société, comme sans doute 90% des gens, alors il est fait pour qui ? Une élite de sachants qui vivent dans l’entre soi ? Non, n’est ce pas ?

Alors d’abord, ce n’est pas du tout l’impression que m’a laissé le FiJ : J’ai pu jouer avec des inconnus absolument sympas et ouverts et coaché par des animateurs un peu débordés mais toujours à l’écoute. Bref, ça a été un plaisir.

Ce n’est pas LE jeu que je critique, c’est le nombre invraisemblable de jeux dans lequel je ne suis pas arrivé à me fixer des objectifs tout bêtes comme par exemple trouver un jeu que je rammenerai à la maison sans me tromper. Mais au moins j’ai pu m’amuser. Mais le niveau de fatigue était tel le vendredi soir que j’ai dû dire stop : trop de sollicitations.

J’ai lu les excellents comptes rendus rapportés ici et j’ai pu me rendre compte de ce que je manquais à cause de mes lacunes en culture ludique. C’est ce que je tente de combler parce que ça m’intéresse et que j’en ai marre d’être un béotien.

Et donc je suis passé du joupeu au joupasmal quand même et ça me plait.

Je me suis aussi aperçu qu’en matière de jeu, tout ne se valait pas. Mais ça, ça s’apprend.

Enfin, comme j’étais à Cannes deux semaines avanr le festival, j’ai eu le temps de voir tous les préparatifs et j’ai pu profiter de l’excellente animation des Trolls d’Antibes à la FNAC pour jouer à plusieurs jeux nommés dans un cadre tranquille. J’aurai pu d’ailleurs jouer à tous les jeux nommés si j’avais eu le temps.

Donc, et pour en terminer là, et peut être que le titre est trop accrocheur mais il ne faut pas le prendre comme une critique structurelle du FiJ qui est, à mon avis, à l’image de ce qu’est le monde actuel du jeu de société et plus globalement à l’image de la société. Et c’est juste un constat : des tonnes de jeux plus ou moins jetables remplacés très vite par d’autres nouveautés dans un mouvement qui semble sans fin.

Et dans ce flot, un amateur comme moi se noie très vite car je n’ai pas les repères, ou les bouées pour conserver l’image, pour sélectionner au mieux. Et dans ce cas, ce n’est pas sur une simple partie au FiJ qui peut vraiment m’aider.

En gros, la plupart des jeux sont bien. Je crois que c’est ce que vous appelez les ok games. Mais après la découverte, veut-on les creuser davantage ? Certains semblent manquer de profondeur ou d’équilibre pour tenir plus d’une saison et entrer dans la prestigieuse collection des grands classiques.

Donc je maintiens mon titre : Trop de jeux tuent ils le jeu ?

Ma réponse est non, mais il faut faire très attention à ne pas se sentir perdu par la masse proposée, ni déçu ou frustré parce qu’on s’est trompé parce qu’on ne sait pas, qu’on n’a pas tous les codes et que le Monopoly ou la Bonne paye ça va bien cinq minutes mais ce n’est pas ce style de jeu qui apporte sa brique à la construction d’une véritable culture ludique.

Ai-je été assez clair ?

Et merci pour finir à tous ceux qui ont pris le temps de me lire et de m’avoir donné leur regard éclairant sur la question.

Non, je ne retournerai pas au FiJ l’an prochain, je ne suis pas encore prêt à supporter tout ça. Mais entre temps, il y a des dizaines d’autres manifestations ludiques auxquelles j’aurai certainement grand plaisir à y participer.

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Je peux dire que trop de jeux tue majoritairement des jeux médiocres (ou juste ok) mais malheureusement également des bons jeux qui peinent à se rendre visibles, noyés dans la profusion des jeux médiocres sus-cités.

Je peux dire aussi que le médiocre d’aujourd’hui correspond à un spectre beaucoup plus large qu’il y a 20 ans, en terme de qualité ludique.

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je ne suis jamais allé dans un de ces grands festivals et le seul lien que j’ai avec ce que certains appellent “le monde du jeu de société” c’est la boutique de mon ludothécaire in fine.
De toute façon ce n’est pas pour nous ce genre de rassemblement car ma femme est agoraphobe :cold_sweat: et mon fils TDAH (c’est un bonus qui va avec son package multi dys ! :muscle:)

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Trop de jeux tue le jeu… trop de livres tue le livre… trop de bds tue la bd… trop d’albums tue la musique… trop de films tue le cinema… trop de programmes tue la tele… trop de chocolats tue le chocolat… trop de spiritueux tue la biture…

« Humainement peut t on jouer/lire/voir/écouter/manger/boire tout ça ? »
Bien sûr que non !

A mon avis, on s’en remettra (sauf pour le chocolat et la picole peut être).

Et profitons en pendant qu’il y en a trop. Quand il n’y en aura plus assez on regrettera !
(Même si je comprend très bien les éditeurs qui ralentissent le rythme de production)

Trop de chocolat et de biture tuent surtout le foie :sweat_smile:

Le sujet n’est pas neuf effectivement, mais selon mon idée, ce n’est pas le trop de jeux qui pose vraiment problème, mais la dispersion des joueurs sur beaucoup de jeux différents. Je me souviens d’une époque maintenant lointaine, quand la production ludique était moindre, les joueurs jouaient à peu près aux mêmes choses, pouvaient en parler, débattre sur les qualités, les défauts, pondre de long comptes-rendus ou guides stratégiques qui étaient lus par beaucoup d’autres joueurs praticiens des mêmes jeux. Cela créait une émulation autour d’un titre, des sujets communs et donc une culture ludique commune.

Je vais pas faire mon stégosaure des années 80 mais simplement remonter au début du web ludique dans les premières années 2000…sur TT par exemple : on y parlait de quoi ? Puerto Rico, Tigre&Euphrate, Caylus, El Grande, Brass, Antiquity, Lowerherz, Goa, Tikal, Catane, L’année du dragon, Age of Steam, Yspahan, Citadelles, etc…Alors certes, cela faisait déjà beaucoup de jeux, mais sur un topic consacré à Puerto ou Caylus, on était quand même assez nombreux à se retrouver dessus.

Aujourd’hui, je peux me tromper, mais un jeu, même à succès, ne génère pas autant de commentaires que l’on pouvait trouver, ici ou ailleurs, sur un Caylus par exemple. Il y a encore des exceptions, Terraforming mars ou Ark nova peut-être, Mais la dispersion des joueurs fait que, me semble-t-il, certains jeux qui auraient pu générer des flots de commentaires, au final, ne suscitent pas autant de réactions qu’un Brass à l’époque ou même encore lors de sa ressortie chez Roxley.

Je n’ai jamais joué à Ark Nova : au début des années 2000, j’aurais été surement considéré comme une bête curieuse et on m’aurait dit “Oh lui hé! Hooouuu ! Mais comment fais-tu pour passer à coté de ce jeu génial ?”. Aujourd’hui, la simple réponse “Ben oui, mais on peut pas jouer à tout et en plus l’occasion ne s’est jamais présentée” est une explication tout à fait normale vu la quantité de jeux de qualité qui sortent chaque année, et de ceux, plus anciens, qui n’ont pas été assez joués.

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Tout à fait…
On ne peut pas avoir tout lu, on ne peut pas avoir tout joué.

Ça ne pose aucun problème aux lecteurs, pourquoi cela en poserait aux joueurs ?

À mon avis c’est meme plutôt sain. Cela prouve la diversité et le choix.

Certains disent qu’il y a sur offre, je le pense aussi, mais cela ne signifie pas que l’offre doit baisser jusqu’à ce qu’on puisse tout jouer.

Je suis bien d’accord, on ne peut pas jouer à tout, c’est humainement impossible. Et puis pour le reste, c’est la même chose et, donc, il faut faire des choix.

Je vais juste viser les jeux et ne pas faire d’analogie même s’il est possible ou probable que ça intervienne dans d’autres domaines. Mais je voudrais surtout éviter de caricaturer ou de tourner le sujet au ridicule pour flatter un ego suffisant. Bon, ça ne va pas être si facile que ça :wink:

Je n’ai en plus pas la science infuse et je ne suis sur de rien, surtout dans un domaine que je ne maîtrise pas.

Mais voilà, déjà, j’ai déjà donné ma réponse à la question : c’est non mais il y a sans doute une réflexion à avoir sur la pléthore de jeux qui sortent plus que régulièrement et qui noie peut être de bons jeux dans la masse de jeux moins prometeurs mais beaucoup plus mis en avant par les éditeurs.

Et là, ça pose le problème du choix.

Soit on reste sur ses acquis.
Soit on fait confiance dans les jeux primés ou mis en avant par les éditeurs.
Soit on vient ici pour lire les les avis des trictraciens.
Soit on se laissz bonimenté par un sympathique animateur ( attention, je n’ai pas dit arnaqué )
Soit plein d’autres choses…

Mais quand on est plutôt novice, ce n’est pas une démarche évidente.

Alors trop de jeux, ça n’est pas synonyme de beaucoup de jeux non plus. C’est un problème de selection par les éditeurs. Je ne sais pas quelles sont leurs politiques de sorties, de calendrier et tout le reste mais mon impression est qu’en fait il ne faudrait surtout pas manquer le jeu de l’année, quitte à avoir beaucoup de déceptions. Chacun est libre de créer un jeu bien sur et pourquoi pas moi… mais peut être faudrait-il aussi se poser la question de l’oportunité de sa création, de sa réelle qualité et de sa non redondance. Pas simple.

Et je passe sur les problèmes économiques et environementaux liés à une production dont une partie finira au pilon ou dans les solderies.

Alors sans doute que ça ne gêne pas les joueurs aguéris qui ont la bouteille et l’expérience mais personnellement, pour choisir, j’en suis à lire attentivement les avis des trictraciens et je découvre tous les jours des pépites grace à eux. Alors merci, vous êtes super !

Il est tard mais bon, je finissais les corrections des copies de mes élèves avant. Ah bah, y’a quand même des priorités… et des choix à faire :wink:

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Il y a deux façon de réagir face à l’excès de choix.
Soit beaucoup se renseigner en amont, écouter les bonimenteurs (et les moins bonimenteurs) de YouTube et/ou connaître les auteurs et les éditeurs qui semblent correspondrent à ses goût pour, finalement, acheter un jeu à sa sorties, au feeling.

Soit On peut aussi sagement attendre les retours sur les forum ou BGG. Les bons jeux finiront par être mis en lumière.

Personnelement, alors que je m’intéresse aux jeux depuis 40 ans, je fais encore les deux.