Petit avis discret et hésitant d’un joueur n’en étant qu’à ses premiers pas sur Voidfall. Il est effectivement possible que les répercutions d’éléments aléatoires soient moins violentes et leurs incidences moins influentes sur le déroulement de la partie, la faisabilité d’une stratégie mise en place, quand on joue à un niveau de difficulté moindre.
J’imagine cependant que ces éléments aléatoires peuvent être le grain de sable dans l’engrenage quand on est confronté à une vraie adversité et quand chaque détail compte. Personnellement, j’ai tendance à préférer m’amuser (ce qui comprend aussi réflexion et un certain niveau d’exigence), mais quand je sens que je commence à plus travailler que jouer, l’envie réduit.
Pour l’instant, et à mon très modeste degré de maîtrise, je n’ai rien vu qui me gêne ou ampute mon vécu, lors d’une partie de Voidfall. Et c’est pour cela que j’y retourne de ce pas.
Je comprends bien .
En effet en solo difficile on est sur un exercice de planification et d’optimisation redoutable et le challenge intellectuel dépasse largement l’aspect ludique et récréatif du bouzin (on est pas loin du travail ).
Ceci dit si tu as l’occasion un jour de participer à une partie en coop (en mode normal pour commencer), je pense que le connaisseur des mécaniques ludiques que tu es apprécieras la qualité de l’ensemble.
C’est de la belle ouvrage
Comme indiqué par les autres intervenants le jeu est plus “amusant” en mode normal où une erreur ou une approximation sont pardonnables.
Mais comme je me suis fixé le challenge “difficile”, j’essaie d’y arriver.
Je ne m’amuse plus à jouer aujourd’hui à des trucs mécaniques, froids, autarciques, désincarnés (ou sans âme comme on préfère) qui se résument à un exercice nombriliste d’optimisation où la structure du jeu écrase et fait oublier en 2 minutes 30 la pseudo thématique (tout bien illustrée et artificiellement plaquée soit-elle) et les quelques homo sapiens (tout réels et sympathiques soient-ils) qui pourraient graviter autour de la table…
Je crains que Voidfall n’appartienne à cette catégorie (comme X jeux de ce type tout intéressants intrinsèquement et finement conçus soient-ils et dont immanquablement le prochain chasse l’ancien de la hype pour le plonger peu à peu dans l’oubli) et si par hasard je me trompe (toujours possible), je pense que ce ne sera pas de beaucoup et je serai passé à côté de ce jeu sans aucuns regrets.
A noter quand même qu’on ne peut esquiver la carte crise que 3 fois maximum sur environ 15 (car le nombre de tour total du jeu n’est pas fixe) moyennant des points en plus pour le Void et un bonus pour nous mais aussi la prise de risque de ne pas pouvoir utiliser ces fameux jeton au moment où on en aura le plus besoin… Je les vois comme un joker qui sauve les miches quand la crise nous met vraiment dans la panade… Dans tous les cas il faudra faire avec et s’adapter aux environ 12 autres crises : c’est à dire faire des actions dans notre tour qui ne correspondent pas à notre plan “ideal” de départ ou bien rendre ces crises durables et accepter de se faire attaquer plus fortement par le Néant ou de perdre plus de ressources à chaque Guerre et à chaque fin de cycle suivant le type de crise… Et devoir dans tous les cas les gérer à moyen terme pour ne pas se faire déborder sur le plateau crise car dans ce dernier cas c’est à priori la fin des haricots… En résumé : le moins on gère ces crises, le plus on joue avec le feu, le plus on prend le risque de perdre. De mon niveau de joueur moyen de Voidfall, je trouve qu’il ne faut ni se faire complètement distraire par le plateau crise, ni trop le négliger mais essayer de jongler au mieux avec les contraintes aléatoires qu’il apporte, ce que je trouve interessant à faire. Après, comme je le disais plus haut, je ne pense pas que ce soit un jeu que tu apprécierai de ce que je connais de tes goûts : c’est très “euro” (par contre c’est clairement original et addictif comme Eurogame)
Oui, ça c’est clair que ce n’est pas pour moi pour les raisons que je précise plus haut. Par contre, “Euro” je ne sais pas (plus) ce que ça signifie. J’aimerais en connaître ta définition.
Si Euro c’est planifier, optimiser, évaluer à court et/ou à long terme les implications potentielles de tel ou tel choix, lire les contextes et en anticiper leurs évolutions et inflections potentielles, tenter de peser à la lumière de différents critères sur ce qui pourrait faire pencher la balance de ton côté, etc. et bien dans ce cas, je suis très Euro. Et alors, Frostpunk, Spirit Island, Feudum, la Guerre de l’Anneau, Dead Reckoning, The Great Wall, etc. entrent dans ce cadre.
Le problème avec le terme Euro est qu’il est souvent utilisé (surtout ici) consciemment ou inconsciemment de manière condescendante comme: les “Euros” c’est pour ceux qui aiment réfléchir et les “Ameris” (à définir aussi tant ça ne veut plus rien dire non plus en soi aujourd’hui…) c’est pour ceux qui aiment faire n’importe quoi en se tappant, hilares, sur le ventre.
Mince… Ce sera sans moi du coup le KS. J’attendrais la version Retail.
En même temps faut que je ponce le jeu de base et il y a de quoi faire.
Au delà de toutes vos analyses sur le type de jeu et ce qu’est ou n’est pas Voidfall, ce que je ne critique pas qu’on on veut se frotter à l’exercice de l’interprétation, eh bien dans mon cas j’ai failli passer à côté du jeu dans mes longues recherches précédentes… à cause justement de certains commentaires que j’avais lu.
A l’époque j’hésitais beaucoup entre Eclipse et Voidfall et en lisant certains retour expéditifs j’avais éliminé Voidfall alors qu’il m’attirait énormément. Quand une offre s’est présentée et que j’avais regardé des vidéos plus précise du jeu, j’ai sauté sur l’occasion et je suis hyper satisfait de ce que je vis et explore dans ce jeu.
Mon rapport investissement et plaisir s’y retrouve parfaitement et on verra bien si dans 10 parties ça se confirme. Sachant ça, j’aurai regretté d’être passé à côté
Nouvelle défaite 304/298 en mode solo difficile.
J’avais décidé de m’attaquer au scénario le plus complexe “Ce jour n’est pas arrivé”.
Ce scénario comporte deux failles, beaucoup de forces du néant (22 !) et des gardiens dans les secteurs les plus proches du départ, des jetons gloire très faibles (1).
Pas simple du tout.
J’étais plutôt content de ma partie même si un évènement m’a bien plombé à l’ère 2 rajoutant deux gardiens (donc 20 points pour le Néant et 5 nouveaux cubes, rendant les failles quasi imprenables avec 4 et 5 cubes).
J’avais la faction que j’apprécie le plus (Yarvek avec Hyperpropulsion), j’ai récupéré d’excellentes technos (Cuirassés, Robotique, Chambres de décontamination…). J’ai récupéré et joué 9 programmes ce qui m’a permis de garder les meilleurs, je n’ai jamais eu de problème de ressources, j’ai conquis 6 territoires et j’ai réussi à fermer un refuge.
Il est certain qu’un joueur expérimenté ou prenant un temps de réflexion plus long aurait trouvé les quelques points pour la victoire (j’étais à deux doigts de fermer le deuxième refuge).
Le petit bémol, comme l’avait souligné @snk_ice, c’est que sans les bonnes technos militaires ( en particulier l’indispensable Hyperpropulsion) il me semble quasi impossible de viser la victoire sur un scénario aussi complexe en mode difficile.
Le mode normal est plus adapté à des configurations moins puissantes ou originales.
Ceci dit c’était encore un excellent moment et je vais peut-être, avant de ranger le jeu, tenter l’autre scénario complexe “La chute d’une civilisation” avec beaucoup moins de troupes du Néant mais 3 refuges.
A priori, même si je suis d’accord que le terme “Euro” est aussi large qu’un peu flou, je pense que tu avais compris ce que je voulais dire : je parlais du côté calculatoire, désincarné, un peu solitaire que tu répètes ne pas aimer. Voidfall est plutôt dans ce type d’eurogames. Après je m’amuse en jouant notamment à 7 Wonders Architect, Voidfall, Cthulhu Death May Die, Final Girl, On Mars, Loup Garou pour une Nuit, Carnegie, Shackleton Base, Brass, Millenium Blades, The Gallerist, Time Bomb, Projet Gaïa, Voyage en Terre du Milieu, La Famiglia, Anachrony, Aeon’s End, Trio, Trickerion, Terraforming Mars, Le Seigneur des Anneaux JCE, The Great Wall, Carcassonne, Pax Pamir, Food Chain Magnate, Memoire 44, Agricola, le jeu de rôle, etc… donc les guerres de chapelles ludiques perso c’est pas mon délire…
Je cultive aussi depuis très, très longtemps l’éclectisme et refuse toute classification pédante type jeu mineur ou majeur (classification souvent utilisée pour opposer “gros jeu” à “jeu d’ambiance” par exemple), jugeant que tout jeu qui apporte joie, partage, satisfaction et intérêt (quel qu’en soit le type ou le degré) est un bon jeu (et encore une fois, je suis certain que Voidfall est un (très) bon jeu qui ne me correspond plus).
D’ailleurs, dans le cadre de cet éclectisme, j’adore les jeux abstraits alors qu’ils sont l’archétype même du jeu désincarné et solitaire (au sens où ils invitent souvent à s’enfermer dans des schémas de réflexion pointus et techniques qui contribuent à effacer peu ou prou tant l’ambiance que celui ou ceux avec qui on joue). Mais leur abstraction assumée leur donne je trouve une immédiateté, une poésie et/ou une matière dépouillée et étrange à mouvoir qu’on ne trouve pas dans d’autres jeux. Et leur enfermement/aspect solitaire ne tient me concernant que dans le cadre de jeux abstraits courts (ce qu’ils sont souvent: les jeux du projet GIPF ou les jeux de Dieter Stein par exemple). J’ai joué une fois au GO et je ne recommencerai plus (même si le jeu est évidemment assez fascinant…).
Dernière partie avant de ranger le jeu pour quelques temps et une belle victoire solo difficile sur le scénario complexe “La chute d’une civilisation”.
J’avais Shiveus et sa techno “Chambres de décontamination”. Je suis partie sur une approche économique et défensive avec les technos “Vaisseaux Arches” et “Cellules énergétiques”.
Je n’ai conquis que 2 territoires mais j’ai multiplié les guildes et les installations ayant récupéré des programmes adaptés.
J’ai fini à 310 points, le Néant à 228.
J’ai fermé 2 des 3 refuges, laissé un seul gardien sur le plateau. Il n’y avait quasiment rien sur le plateau crise pendant la partie et aucune carte à la fin. J’ai géré .
J’ai bien compris que la clé de la réussite était en grande partie basée sur la récupération et la pose du maximum de programmes (8 cette partie), un plateau crise aussi vide que possible (pour éviter les pertes de ressources à chaque guerre et l’accumulation de défenses inutiles) et enfin l’utilisation massive des cartes solos “héroiques”. Au début de chaque ère je sais à peu près quelles sont les 5 cartes que je vais utiliser et dans quel ordre.
Ceci dit je suis beaucoup moins efficace dans les stratégies offensives.
Je joue encore une nouvelle maison tiré au sort: Zenor avec une approche militaire et la techno destroyer que je n’ai jamais eu avant.
Bon je commence avec toute ma prod à 0 sauf une guilde de mineurs… Autant dire pas serein niveau ressources.
Très vite je me choppe beaucoup de techno et j’essaye de ne pas oublier de piocher des programmes.
Je suis très serein contre les escarmouches du Néant grâce aux technos “Base Stellaire” et “Cellules énergétiques” qui m’ont permis d’infliger de triples salves d’approches défensivement.
Mon Destroyer s’est révélé très efficace, mais j’ai galéré avec un secteur du néant proche qui était le seul adjacent pendant longtemps et qui s’est trouvé de part les événements et les crises surprotégé de 3 “Défenses de secteur”… avec aucune absorption de salve ça fait 3 dégâts d’un coup que j’ai dû encaisser.
J’avais bien Hyperpropulsion, mais je n’ai pu l’améliorer que bien plus tard.
Ca m’a ruiné mes envies de fermer les failles.
J’ai du pas mal travailler à épurer mes secteur et plateau et j’ai plutôt bien géré les crises (pas de jeton catastrophe).
Mais je ne scorais pas assez avec les événements et programmes les 2 premiers cycles. J’ai joué 5 programmes et je vois bien l’intérêt de jouer les actions des programmes en plus des focus ainsi que remplacer les programmes qui rapportent peu. J’ai également complétement délaissé les refuges.
Je pense que mon envie de tester toutes les maisons à chaque partie m’empêche de bien comprendre leurs fonctionnement et orientations.
Ma partie a été souvent interrompue par la vie autour de moi, ce qui me permet de trouver l’excuse parfaite à ma défaite qui est de 189 à +de 240 pour le Néant pour cause de déconcentration caractérisée à mon encontre
Prochaine partie ce sera en mode facile avec le prochaine scénario de complexité 3. Je revois mes prétentions à la baisse histoire de (j’espère) soigner mon égo…