Du haut de ma très faible expérience dans le domaine, j’ai l’impression que les retours d’éditeur sur des règles envoyées sont toujours très faibles. Avez-vous des expériences positives suite à un envoir par mail? Si oui, ca arrive rapidement ou alors ca peut venir 6 mois après l’envoi? Est-il finalement possible d’attirer l’attention d’un éditeur de cette facon?
J’ai envoyé une fois les règles d’un jeu à un éditeur (dont je ne citerai pas le nom) j’ai attendu 4 mois et demi pour avoir une réponse bateau du genre “merci de nous avoir fait parvenir votre projet, nous l’avons bien étudié mais nous n’y donnerons pas suite, n’hésitez pas cela dit à nous envoyer d’autres jeux”.
J’ai été très déçu de ce genre de réponse. J’avais bossé plusieurs mois dessus, à le tester et le retester et le rerereretester pour qu’au final, de la part d’un professionnel, je reçoive une réponse froide, impersonnelle et surtout, surtout aucune explication qui a motivé leur choix.
C’est con mais leur avis m’aurait aidé, je pense, à améliorer mon jeu peut-être.
Depuis, j’en crée d’autres dans mon coin en essayant de trouver d’autres portes d’entrée.
Et puis oser me dire que je peux leur envoyer d’autres projets j’ai trouvé ça très limite.
Alors quand j’entends les discours sur le monde ludique que les gens sont sympas etc…(voir article de Bruno Faidutti dans un JsP), je suis en passe de me demander si les rêves c’est la réalité en mieux ou l’inverse.
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Tu penses vraiment qu’un éditeur va trouver le temps de lire, de comprendre, d’imprimer le matos, de le monter et de le tester suffisamment pour faire des retours personnalisés ?
Et ce, pour la brouette de règles qu’il reçoit tous les jours?
Bien que se soit censé être son métier, il a en général bien d’autres choses
à faire que jouer au petit bricoleur.
A mon avis… si t’es un sombre inconnu et que tu n’envoies pas au moins un proto, c’est mort.
De ce que j’ai pu voir, la meilleur manière d’accrocher un éditeur c’est sur un salon, en faisant une démo de ton jeu en direct.
Manest dit:Tu penses vraiment qu'un éditeur va trouver le temps de lire, de comprendre, d'imprimer le matos, de le monter et de le tester suffisamment pour faire des retours personnalisés ?
Et ce, pour la brouette de règles qu'il reçoit tous les jours?
Je pense que Leonmars n'attendait pas que l'éditeur fabrique son jeu mais qu'il donne la raison de leur refus. S'il refuse, c'est qu'il y'a une raison! Laquelle? Et il ne faut pas exagérer le nombre de règles que recoit un éditeur par jour.
Le problème c’est comme à Boulogne-Billancourt. Il faut d’abord envoyer les règles du jeu avant d’envoyer un proto, d’entrée de jeu (c’est le cas de le dire) je n’ai pas pu passer la seconde étape.
Et oui en effet le mieux c’est de les agripper sur les salons, j’en conviens.
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S’ils ne trouvent pas quelque chose pour capter leur attention, ils vont te mettre dans la pile “à voir plus tard”. Bien souvent cette pile finira dans la pile “poubelle” au bout de quelque mois quand elle sera devenu trop grosse.
Ils ont peut être des gens dédié à la lecture de règle dans les grosses boites (j’en doute), mais une petite boites avec peu de personnel, qui reçoit ne serait ce que 5-10 propositions par jour, n’aura simplement pas le temps de tout lire.
Soit t’as un gros piston : t’es mis au dessus de la pile des trucs à lire
Soit t’as envoyé un proto qui retient leur attention : il y a une chance qu’il te répondent
Soit tu les a titillé sur un salon : t’as une chance d’être publié un jour
Soit t’as la chance de t’appeler Faidutti ou Knizia et on lira tes règles…
Sinon bonne chance. ![]()
Manest dit:mais une petite boites avec peu de personnel, qui reçoit ne serait ce que 5-10 propositions par jour, n'aura simplement pas le temps de tout lire.
Si on considère 250 jours ouvrables, cela ne fait que 1000 à 2500 règles sur l'année
Pour ma part, j’ai déjà fait quelques tentatives. 90% du temps, pas de réponse (ce qui veut dire non sans doute), et une fois, une réponse dans l’heure qui suit : “envoyez nous 1 proto, ça peut nous plaire”. Yahoo et j’ai envoyé
(bon, comme c’est récent, le retour sur le proto viendra plus tard !). Bon, je pense qu’il faut privilégier la voie salons + concours, mais la voie envoie direct de règles peut parfois passer ![]()
Pour l’absence de réponse, moi je l’admet très bien. En parlant de ça à mon père, il m’a raconté que déjà dans sa boîte (qui fabrique des tuyaux en béton !) il prenait plus le temps de répondre à la majorité des sollicitations (de type demande de renseignements divers et variés) tellement ils en avaient (et pourtant, c’est pas un type de boîte qui fait réver). Alors, dans le monde du jeu, j’imagine ce que ça doit être. Et je connais un peu le monde du livre, chez certains éditeurs, les stagiaires remplissent des enveloppes de refus avec une réponse type pour des livres qu’ils n’ont pas même ouvert… Toujours un problème de temps…
Le démarchage sur salon semble effectivement la solution la plus efficace;
J’ai eu le plaisir d’accompagner Frederic Moyersoen a Essen cette année chez quelques éditeurs.
Sa méthode est assez systématique, et efficace : il a fixé des rendez-vous fixes autant que possible avant le salon, et ajuste sur place en fonction des inévitables imprévus de dernière minute.
comme c’est un auteur prolifique, il développe des jeux de tous genres, et recherche ensuite l’éditeur le mieux approprié. il s’est fait un ‘book’, une sorte de farde avec pour chaque jeu une courte description, une photo du proto, et quelques données techniques (nombre de cartes, pions, etc / durée / nb de joueurs / age / …)
Arrivé a un endez-vous, il commence par demander si l’éditeur recherche des types de jeux spécifiques (abstrait, 2 joueurs, partygame, pour enfants, de combat, gros jeu, familial, …) et il lui présente ensuite rapidement les fiches des jeux répondant à ces demandes, ainsi que quelques jeux qu’il pense adaptés au marché de cet éditeur.
Quand l’éditeur semble intéressé par une des fiches, il décrit le jeu plus en détail et s’il reste intéressé il sort le proto de sa valise à roulettes.
Pour certains jeux il prend plusieurs protos avec, de manière à pouvoir en laisser un directement à l’éditeur sur le salon.
Résultat, sur 15-30 minutes il peut ‘pitcher’ de 3 a 10 jeux à un éditeur. Ces derniers semblent apprécier cette efficacité ![]()
C’est un boulot de dingue, évidemment, et il faut être méthodique, mais ca marche et d’année en année il renforce ses liens avec les éditeurs. Il a plusieurs jeux en pré-édition chez divers éditeurs (dont je tairai les noms, vous verrez bien en 2009 et 2010 qui sortira quoi
) et renforce prgressivement ses liens avec eux.
A mon avis, il est inutile d’envoyer des règles à un éditeur. Envoyez un proto, c’est déjà limite, je dirai… Je suis convaincu que la meilleure méthode reste de démarcher sur les salons, en effet. Présenter un projet, le faire jouer, il n’y a que ça de vrai ![]()
toinito dit:A mon avis, il est inutile d'envoyer des règles à un éditeur. Envoyez un proto, c'est déjà limite, je dirai... Je suis convaincu que la meilleure méthode reste de démarcher sur les salons, en effet. Présenter un projet, le faire jouer, il n'y a que ça de vrai
Je suis assez d'accord là-dessus mais quand on a pas encore édité, il faut bien se faire connaitre car même sur un salon, c'est dur d'attirer l'attention. Mais bon, je suis quand même très frustré quand un fetsival a lieu à Cannes et que j'estime que 1000km, c'est trop loin pour y assister...
J'aime bien l'anectote sur les éditeurs de livre qui répondent sans avoir ouvert le livre. Au moins, ils ont la courtoisie de répondre et de considérer ( à leur manière, il est vrai), le travail effectué par les auteurs.
Alain13 dit:Manest dit:mais une petite boites avec peu de personnel, qui reçoit ne serait ce que 5-10 propositions par jour, n'aura simplement pas le temps de tout lire.
Si on considère 250 jours ouvrables, cela ne fait que 1000 à 2500 règles sur l'année![]()
C'est du grand n'importe quoi ces chiffres
sebduj dit:
Je suis assez d'accord là-dessus mais quand on a pas encore édité, il faut bien se faire connaitre car même sur un salon, c'est dur d'attirer l'attention. Mais bon, je suis quand même très frustré quand un fetsival a lieu à Cannes et que j'estime que 1000km, c'est trop loin pour y assister...
Je comprends sebduj, mais quand tu dis qu'il faut se faire connaître, tu ne peux pas échapper aux salons. Ça reste l'endroit privilégié pour rencontrer les éditeurs... Envoyer des règles, ça n'aide pas à rencontrer les gens
toinito dit:sebduj dit:
Je suis assez d'accord là-dessus mais quand on a pas encore édité, il faut bien se faire connaitre car même sur un salon, c'est dur d'attirer l'attention. Mais bon, je suis quand même très frustré quand un fetsival a lieu à Cannes et que j'estime que 1000km, c'est trop loin pour y assister...
Je comprends sebduj, mais quand tu dis qu'il faut se faire connaître, tu ne peux pas échapper aux salons. Ça reste l'endroit privilégié pour rencontrer les éditeurs... Envoyer des règles, ça n'aide pas à rencontrer les gens
Oui mais cannes est hors budget pour moi. Je me contente de essen et tout ce qui fait entre paris et bruxelles.
Mais attention, ne noircissons pas à outrance le tableau: j'ai aussi eu 1 expérience très positive en envoyant les règles par mail. Avec l'avantage que c'était un jeu de carte: 1. j'envoie les règles, 2.ils me demandent le pdf, 3. ils font des testes à 2 et aiment, 4. ils font des tests à 4 et trouvent le jeu trop cahotique. Tout cela s'est passé en 1 semaine. Ca s'est mal terminé mais ce fut un énorme plaisir que d'avoir à faire à des gens aussi réactifs et sympathiques.
Avec Essen et les diverses opportunités de faire sortir un proto en belgique (protodays, weekends ludiques, ‘tournée des clubs’, …) il reste possible de faire remarquer un proto assez vite, ceci dit.
Quand un bon proto tourne en belgique il ne faut pas longtemps pour que les français soient au courant (notre microcosme a des avantages).
pour les editeurs allemands, uk, us, et autres essen reste la clef (ou la gencon US selon le marché visé)
En effet, je pense que Boulogne est une très bonne passerelle (d’ailleurs ce n’est pas non plus un hasard si de plus en plus de jeux primés à Boulogne sont édités), et après faire tourner son prototype avec le plus de gens possibles et sur les salons (comme par exemple le off de Cannes, ou des protonights) pour que la communauté en parle (ainsi qu’avoir des retours de parties extérieurs).
Sinon il faut aussi être très patient. Moi je me suis permis de court-circuiter (avec permission) une fois les retours de proto d’un éditeur, c’était pour Néfertiti ![]()
J’avoue je suis incapable de juger sur les règles uniquement, et de toute façon, ça me barbe (vu que je ne teste que pour mon loisir); j’aime bien qu’on me mâche intégralement le travail (le boulot du sieur Karis). Je me demande si une fiche résumé n’est pas plus efficace (sauf si les règles sont particulièrement bien écrites). Il faut aussi à mon avis particulièrement bien cibler l’envoi.
Hello,
Pour ma part, je fais comme Frederic Moyersoen.
Sauf que je vais à Nuremberg et je rencontre un max d’éditeurs (entre 25 et 30 !) . Même démarche : que cherchez-vous cette année, voilà mes créations qui peuvent vous correspondre et présentation rapide du jeu, début de partie si besoin.
Ensuite je fais les protos que j’envoie et les règles pour ceux qui ne veulent que les règles. En général, pour 90% des cas, la demande de règle est rarement suivie. Cela veut dire que le jeu n’a pas retenu l’attention. Il faut sacrément travailler la règle pour sauver le coup .
Pour le premier jeu édité, cela a été super dur et j’ai été aidé. Depuis, c’est facile d’avoir des rdv. En revanche, cela reste une démarche chère et il faut placer au moins 1 jeu par an rien que pour rembourser les frais de voyage !!!
Bonne chance.
Alain
Alain R dit:Hello,
Pour ma part, je fais comme Frederic Moyersoen.
Sauf que je vais à Nuremberg et je rencontre un max d'éditeurs (entre 25 et 30 !) . Même démarche : que cherchez-vous cette année, voilà mes créations qui peuvent vous correspondre et présentation rapide du jeu, début de partie si besoin.
Ensuite je fais les protos que j'envoie et les règles pour ceux qui ne veulent que les règles. En général, pour 90% des cas, la demande de règle est rarement suivie. Cela veut dire que le jeu n'a pas retenu l'attention. Il faut sacrément travailler la règle pour sauver le coup .
Pour le premier jeu édité, cela a été super dur et j'ai été aidé. Depuis, c'est facile d'avoir des rdv. En revanche, cela reste une démarche chère et il faut placer au moins 1 jeu par an rien que pour rembourser les frais de voyage !!!
Bonne chance.
Alain
Merci pour vos tuyaux. Pour ce qui est prise de rdv, je crois que c'est dur qu'on on a pas encore le statut d'auteur. Mais de manère générale, coté francophone, il est facile d'avoir l'occasion de présenter ses concepts aux éditeurs.
D'ailleurs, en parlant de ca, je crois que je vai suivre les conseils de Toinito et que je n'enverrai plus rien par mail. Vu que le réponses sont rares, on attrappe une vision très négative des personnes. Alors que quand on les voit en vrai, ca se passe toujours dans la grande courtoisie.
Je regrette un peu ce sujet qui fait passer les éditeurs pour des pas courtois mais c'es juste dans les échanges mails
Un truc que personne n’a encore essayé et qui peut s’avérer payant : filmer une présentation du proto/du jeu, la coller sur youtube et faire tourner.
C’est plus vite assimilé qu’une lecture de règles, et ca permet de se faire une idée rapidos.
Merci Grunt!
C’est en effet une des raisons d’être des protonights. Nous donnons l’occasion à des concepteurs amateurs et des prototypes en particulier de se montrer sous les spots, et qui sait ce qui pourrait arriver ensuite.
Pour l’instant, nous ne sommes pas encore assez visibles. Avec le site dédié, nous le serons plus. Nous y travaillons. En tout cas, je rêve que les associations comme Les Protoludiques et Créoludo offriront à terme des solutions alternatives pour que les auteurs amateurs soient visibles par les éditeurs.
En attendant, je fais comme tout le monde, je fais tourner mes protos et je vais aux salons avec espoir. ![]()