Salut à tous !
Voilà un sujet intéressant et qui nous parle (beaucoup) ! Alors on va juste vous dire deux-trois mots, là, comme ça, pour expliquer notre démarche et pourquoi et comment…
D’abord beaucoup de choses lues ici sur l’intérêt et les questionnements qui se posent sont très enthousiasmants et nous confortent dans la voie que l’on a choisi.
Le concept de départ, il y a maintenant presque 3 ans, était simple : éditer des jeux de société qui sont avant tout de vrais jeux, avec des thématiques qui nous tiennent à cœur, immersives, mais que le joueur pourra occulter s’il s’en cogne et ne souhaite que profiter de la mécanique du jeu. Le postulat de départ voulait aussi que si nous prenions la responsabilité de produire quelque chose pour le vendre, il fallait que ce soit fait localement (100 % en France) et proprement (avec tous les labels “responsables”).
Un autre postulat était que nous voulions que nos jeux soient beaux avec du matos de très belle qualité. Hors de question de faire du local et propre mais qui soit cheap et moche. Et enfin : il fallait que ce soit dans le commerce au même prix public que d’autres jeux e même format.
Bref, on voulait produire sans - trop - polluer et donner des sous à des gens qui sont les acheteurs potentiels de nos jeux.
Et alors, comment on s’en sort ?
Déjà, gros boulot visant à “trouver” les bons prestataires pour chacun des éléments des jeux. Mais on s’est vite rendus compte que fonctionner localement était génial. On rencontre les gens, on en cause, on visite les usines et ateliers, on peut être là pendant la fabrication des 5000 exemplaires de notre jeu… Une proximité humainement incroyable ! Et comme certains d’entre vous l’ont vu, on a publié récemment un petit article pour vous montrer exactement où étaient fabriqués chaque élément de chaque jeu : http://www.jeux-opla.fr/archives/921
Pour ce qui est de la qualité. Que de belles surprises. Regardez nos boites de tous nos jeux, fabriquées par RCI, dans la Drôme. Cette entreprise fait beaucoup de cartonnage pour des produits de haut standing, et a donc une super compétence.
Mieux, pour les cartes de Lincoln, nous nous sommes tournés vers un imprimeur plus conventionnel, hyper motivé pour de nouveaux projets. On est plusieurs éditeurs à lui demander des choses, et donc il est stimulé pour faire bien. Bilan : quand on a vu les cartes pour la première fois, Jérôme et Anne-Claire Jouvray (illustrateur et coloriste du jeu, et de la bd) ont été étonnés de la qualité d’impression. Quant au papier, d’une qualité géniale : nous avons depuis février les mêmes jeux démos qui tournent et les cartes ne sont pas abimées, pourtant après plusieurs centaines de parties (et c’est un party game où les cartes sont malmenées !). Et vous verrez les puces et les anneaux de notre Hop la puce qui sortira en septembre, réalisées par un tourneur du Jura, en buis du Jura, magnifique !
Et enfin, le prix. Alors en effet, c’est de très bonne qualité, local, mais plus cher. Donc là interviennent des méthodes de tirage en amalgame (plusieurs jeux d’une gamme sont au même format, donc moins chers à produire ou à retirer en même temps), de négociations, de recherches d’où comment raboter quelques centimes. Au moment de la conception du jeu, il y a aussi la contrainte matérielle qui est présente. Et évidemment, on se dit que si ce n’est pas faisable en France et comme il faut, alors tant pis, on se passera de cet élément dans ce jeu, quitte à le repenser.
Il faut penser différemment, en fait, et pas uniquement en business plan et avec des coefs. On se rend compte petit à petit que ce mode de fabrication et ces thématiques nous ouvrent des portes, des partenariats et des marchés supers, qui s’ajoutent à celui du jeu. Et de sortir de ce système permet aussi de s’autoriser des caprices, comme Hop la bille, sur lequel notre marge est absolument ridicule, mais que je voulais voir exister tant j’aimais ces billes en terre et le jeu en proto plaisait en festivals…
Et aussi, pour répondre à quelqu’un, plusieurs auteurs se tournent vers nous et dans un avenir (proche ?) leurs jeux sortiront édités par nous. On espère évidemment que ça donnera une nouvelle lisibilité à ce qu’on fait, et que ces jeux géniaux auront une belle vie made in France !
Voilà, en résumé, on est ravis de la voie qu’on a choisie, on persévère là-dedans, et si pour une raison ou une autre ce n’est plus possible, on ne transigera pas et on arrêtera l’aventure, mais on ne procèdera jamais autrement.
Je viens rarement sur le forum, et ne prends en général pas beaucoup de temps pour lire et écrire des choses, donc ne vous étonnez pas si je ne reviens pas sur ce post rapidement !
A tantôt…
Florent.