Du protectionisme ludique...

M. dit:Sujet intéressant, mais on y lit des ces trucs...
Personnellement je crois que dire "On pourrait produire en France, comme ça coute plus cher, on augmente le prix du jeu", c'est penser le problème à l'envers car, à mon avis, la 1re question que se pose un éditeur quand il pense la publication d'un jeu est : "combien de clients achèteraient ce jeu s'il était vendu à x euros".
Il tache d'y répondre avec diverses valeurs de x. Puis, connaissant (ou estimant) ses coûts de fabrication, il détermine son prix de vente optimal pour atteindre la meilleure marge globale (= volume de vente x marge par boite vendue).
(et ça se complexifie sans doute avec le paramètre "étalement des ventes dans le temps", coolitude du jeu qui donne un bénéfice d'image pour l'éditeur).
Fabriquer en France augmentera fatalement le coût de fabrication, et donc baissera la marge par boite.
Est-ce que l'éditeur trouvera une contrepartie (significative) en terme de volume de vente ? d'amélioration de son image ? de pérennité en cas d’arrêt de la production chinoise ? Personnellement j'en doute.
Donc il n'atteindra peut-être pas l'équilibre financier dans ses prévisions, et n'éditera pas du tout le jeu...
...ou le produira en chine pour baisser son coût de fabrication.

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Merci pour ce recadrage salutaire.
7Tigers dit:Comme déjà indiqué par d'autres, c'est rigolo de voir ce genre de sujets sur "yaka vendre les jeux plus chers" alors que pour la majorité des gens que je connais:
- "jouer ça devrait être gratuit"
- "les jeux sont trop cher pour ce que c'est"
- "kowaaa? une participation d'un euro pour jouer toute une soirée?"
- "kowaaa? la 2ème édition du jeu n'est pas gratuite pour les acheteurs de la 1ère?"
- "kowaaa? ce pourri d'éditeur français refuse de m'envoyer la règle VF d'un jeu que j'ai acheté moins cher sur le net en VO?"
et plein d'autres remarques de cet acabit.
Même quand je revends mes jeux d'occase même pas au prix du carton, il y en a encore qui grognent!
Alors certes, fabriquer en France serait sûrement mieux pour notre économie / tissu social et tout et tout, mais comme pour bien d'autres sujets similaires, cela reste du domaine des voeux pieux...

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Les interventions de bon sens se sont fait un peu attendre...

on en parlera dans 10 ans du bon sens
edit : bien sur que les gens achète ce qui est moins chère, Mais c’est pas pas du bon sens de dire koaa la 2e edition n’est pas gratuite alors que j’ai la première. c’est de la bétise

Dans le cas des KS je pense que c’est jouable car le risque étant supprimé, il devient possible de financer le surcout sans risque.
Il y a par exemple une société de vêtements fabriqués aux US qui a décollé en utilisant ce principe (100% US y compris la prod de coton). Le premier KS leur a fait perdre de l’argent, mais gagner en notoriété et savoir faire. Maintenant leur affaire roule (Flint and Tinder).

dje03 dit:on en parlera dans 10 ans du bon sens

Je suis plutôt d'accord avec ça.
En ce qui concerne le KS, en tant que "client", voir un éditeur qui part sur du KS ne m'inciterait pas forcément à la confiance. Alors certes, il y a de très bon contre exemples de bon fonctionnement de KS (Zombicide, j'ai toute la gamme :P ), mais en tant que consommateur, je reste encore assez frileux vis à vis du phénomène.
J'ai autour de moi plusieurs exemples de gens qui ont pledge il y a plusieurs années et qui attendent toujours leur dû.
@benwab : merci de ton exemple, c'est bien de pouvoir étayer sur du concret ;) et je comprends parfaitement tes arguments.
Mais j'y vais d'une hypothèse (qui n'est que la mienne) : tu investis 15.000 euros et tu n'as pas envie de les perdre. Certes, c'est logique.
Avec ces 15.000 euros, disons (et encore une fois le nombre ne vaut que pour l'exemple), tu produis X exemplaires de ton jeu, fabriqué en Asie. Aujourd'hui, tu ne sais pas si ce jeu va avoir du succès, ou pas.
SI avec ces même 15.000 euros, tu produis X/1.5 exemplaires, mais fabriqués dans l'UE ou en France. Certes, tu ne sauras toujours pas si le jeu fonctionne. Et tu risques tout autant de perdre ta mise.
Mais si le jeu se vend, qu'est ce qui t'empêche d'en reproduire d'autre ? Tu auras un bénéfice net moindre sur le premier jet, mais sur le long terme, on ne s'y retrouve pas?
De plus (et encore une fois, ma question est béotienne) les coûts de transport/douane et tout le bordel ne pourraient-ils pas compenser une fabrication plus proche ?

Le protectionisme, c’est l’etape avant le nationalisme ? Pourquoi pas le regionalisme aussi ? Acheter des jeux francais faits en France par des francais et dans ma region avec une AOC ? C’est ca ?
Desole, mais moi ca me fait rever qu’un auteur italien soit edite par un russe, trouve un illustrateur en Afrique, soit distribue par un moldave, que son jeu soit fabrique en Chine ou au Bengladesh. Je trouve ca juste enorme que des fichiers fassent le tour de la planete, qu’un type en appelle un autre a l’autre bout du monde pour lui dire de ne pas oublier de mettre les meeples vert a part dans la boite, qu’ils mettent le tout dans des containers, que ca arrive par bateau ou par train. Ca a de la geule.
Bien plus qu’un type en mariniere avec des sabots en bois qui chante du Montebourg.
Dans jeux de societes, il y a societes et moi je l’ecris au pluriel.
A
ps : sinon, le luxe, ce serait de jouer a Bombay avec un plateau en jade et des elephants en or ; le grand luxe ce serait d’y jouer avec de vrais elephants.

Oui enfin bon, il n’y a, à priori, aucune connotation politique dans le fil, hein, A.

@benwab : merci de ton exemple, c'est bien de pouvoir étayer sur du concret ;) et je comprends parfaitement tes arguments.
Mais j'y vais d'une hypothèse (qui n'est que la mienne) : tu investis 15.000 euros et tu n'as pas envie de les perdre. Certes, c'est logique.
Avec ces 15.000 euros, disons (et encore une fois le nombre ne vaut que pour l'exemple), tu produis X exemplaires de ton jeu, fabriqué en Asie. Aujourd'hui, tu ne sais pas si ce jeu va avoir du succès, ou pas.
SI avec ces même 15.000 euros, tu produis X/1.5 exemplaires, mais fabriqués dans l'UE ou en France. Certes, tu ne sauras toujours pas si le jeu fonctionne. Et tu risques tout autant de perdre ta mise.
Mais si le jeu se vend, qu'est ce qui t'empêche d'en reproduire d'autre ? Tu auras un bénéfice net moindre sur le premier jet, mais sur le long terme, on ne s'y retrouve pas?

Je pense que tu pars du postulat que "Made in france" fait vendre beaucoup plus de jeux. Mais ce n'est pas la réalité. Vous achetez plus des jeux opla (puisque j'ai lu qu'ils faisaient du made in france dans ce topic) ou des jeux Iello ? J'imagine que tout ceux qui prônent le made in france ont acheté les jeux de Playad games qui produit en France ?
Bref, mon volume de vente sera le même au final que ce soit produit en france, en pologne ou en chine. Du coup, je dois aussi penser à ma pérennité financière. Mais je reconnais que si je pouvais produire en France je le ferais parce que ça réglerai pas mal de soucis inhérents à la production lointaine. Sauf, qu'économiquement, aujourd'hui ce n'est pas viable pour toutes les raisons déjà données dans ce topic.
De fait, j'essaye à chaque fois de produire en EU, mais parfois ce n'est pas possible pour respecter le prix que les joueurs s'attendent à payer.
De plus (et encore une fois, ma question est béotienne) les coûts de transport/douane et tout le bordel ne pourraient-ils pas compenser une fabrication plus proche ?

Les coûts que j'ai donné sont transports et douane compris. Parce que sur la simple production, c'est du simple au double.
Après, produire locale a des avantages pour prévenir certaines difficultés. Par exemple, nous nous avons pris 2 mois de retard à cause du nouvel an chinois et d'un problème de douane la dernière fois. Mais ça ne compense pas le fait qu'une entreprise doit être économiquement viable.

@A : c’est bien ce qui me fait peur, c’est le manque de choix. Tomber dans du français pour du français par des français à 100% m’inquiéterai tout autant que du non français, par des non français pour du français.
Je n’ai pas envie d’acheter que du français car ça serait trop claustrophobique mais si aujourd’hui j’ai envie d’acheter des choses en français c’est parce que j’ai l’impression que tout ce que j’achète n’est pas français. Et ça c’est aussi une situation claustrophobique.
J’adore aussi l’idée qu’on puisse communiquer en live à l’autre bout du monde, mais le faire constamment n’est pas très écologique. Je ne veux pas interdire cette pratique, juste me donner la liberté de le faire ou pas et réfléchir à le faire à bonne escient. Ben c’est pareil pour mes achats je veux acheter français, mais je veux aussi ma console nipponne, ma télé coreenne, mon ordinateur américain et ma voiture allemande. Cette démarche est une volonté de liberté et pas me laisser aveugler par le soi disant progrès qui a des allures de liberticide. et je ne veux pas m’enfermer non plus dans une région du monde comme les japonais en période du sakoku.
Bon là on parle de jeux, mais je pourrai parler des paquet de 10 clopes, du gros quick dans les paquets de chocolat en poudre …

Un éditeur qui produit en France:
http://www.bioviva.com/pdf/dossier-pres … -bdbis.pdf
Par contre leur catalogue est plus que limité pour les gros joueurs que nous sommes. :mrgreen:

On est dans un monde capitaliste.
Les actionnaires attendent leurs chèques à la fin de l’année.
Et puis fait en France, est-ce que l’on est sur d’avoir un produit de meilleur qualité ?

Kerquist dit:Il ne faut pas confondre luxe et superflu.
Que le jeu de société soit un produit superflu (au sens de non nécessaire à la survie) n'en fait pas pour autant un produit de luxe.

Citation du Larousse :
Larousse dit:Plaisir relativement coûteux qu'on s'offre sans vraie nécessité : Son seul luxe est sa collection de disques.
Horatio dit:Oui enfin bon, il n'y a, à priori, aucune connotation politique dans le fil, hein, A.

Economie et politique sont intrinsequement liees.
A

Bon. Admettons que les jeux soient deux fois plus chers, juste pour l’expérience de pensée.
Quelles seraient les conséquences sur le milieu?
Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que j’achèterais deux fois moins de jeux (mes achats actuels ne sont pas limités par mes envies, mais par mes moyens), et que je ferais nettement moins de petits achats hasardeux “parce que c’est un jeune éditeur”, “parce que les illustrations sont mimis”, etc.
J’ai l’impression que pour les boutiques, ça poserait des problèmes de trésorerie immobilisée par les stocks (mais il y aurait peut être moins de stocks, puisqu’il faudrait compter avec deux fois moins de ventes?)
J’ai l’impression que pour les distributeurs, ce serait assez indolore. Sauf si les autres acteurs s’effondrent.
Pour les éditeurs, enfin, ça a été dit plusieurs fois : ça augmenterait les risques.
Est-ce que ça ne reviendrait pas à mettre en péril ce qui existe sur le sol national (création, édition, distribution et boutiques) dans l’espoir de créer une industrie de production locale?
Question annexe : ça créerait combien d’emplois, l’ensemble des usines nécessaires pour produire tous nos jeux en France?

A dit:ps : sinon, le luxe, ce serait de jouer a Bombay avec un plateau en jade et des elephants en or ; le grand luxe ce serait d’y jouer avec de vrais elephants.

J’imagine pas le bordel pour replier le stade à la fin de la partie et le faire tenir sur une étagère IKEA.

je vais un peu me faire l’avocat du diable mais plusieurs points m’ont fait tiquer
Je pense qu’il ne faut pas oublié que c’est parce que les jeux sont produits en chine que le secteur se développe autant.
Mr Despalières disait dans une TTTV qu’en 1982 (si je ne me trompe pas) le jeu valais presque un quart de SMIC.
C’est la Chine qui nous permet d’avoir un Zombicide à 80 euros, des cocktails games à 10€, … Et le faible coût d’un jeu qui donne au secteur sa croissance.
Je trouve aussi ridicule de limiter ce problème qu’au seul secteur du jeu alors qu’il est global (vos chaussures, vêtements, téléphone (avec un pomme ou non), paracétamol, consoles, etc, etc,…). certes on est dans un secteur encore relativement spécialisé, donc plus propice à un marché éthique, n’empêche que cela reste un secteur ouvert à un large public et qui veut en conquérir un plus large.
Oui j’aimerai bien acheté des jeux 100% français, tout comme d’autres choses mais combien le feraient réellement? (petit apparté, savez vous que dans la plupart des départements et même villes il existe des associations de coopératives agricoles qui vous proposent des produits locaux (c’est à dire de la région même) à un prix légèrement supérieur à ceux du supermarché? Combien de personne adhèrent à ces association? c’est du local pur et de consommation courante).
Le fait que le jeu soit français ne donne à mon sens aucune garantie (sauf dans les délais d’acheminements). un jeu fait avec du matos de merde restera un jeu mal fichu, qu’il soit fabriqué par un enfant chinois ou une ouvrier français! Idem pour une mécanique moisie, un thème à 100000lieux du sujet… Si c’est pour payer de la merde, autant ne pas la payer plus cher!
Ensuite pour les éditeurs, si tu te fais 7 euros de marge sur un jeu qui coute 20euros ou faire un effort pour te faire 5 euros sur un jeu français du même prix, tu fais quoi? Sur un chiffre de 3000 boites vendues (chiffre au hazard mais qui me semble réaliste), il y a quand un différentiel de 6000 euros! C’est pas une paille dans la trésorerie d’une petite maison d’édition (et même une moyenne). Le secteur du jeu est assez agressif et pas mal de petites maisons et d’auto éditions ramassent à peine leurs billes en produisant low cost, sans rajouter
Je pense que le principal problème est le fait qu’il y a aujourd’hui trop de jeux, et que ceux ci pour se démarquer doivent avoir un truc en plus sur le concurrent: un thème sympa, de jolies illustrations, une mécanique originale, un prix moins élevé.
Enfin, le prix du jeu est basé uniquement sur son contenu (pions, cartes, figurines…) et non pas sur sa mécanique. Ainsi le meilleurs jeu du monde, un jeu de 10 cartes avec une mécanique incroyablement novatrice, un thème fort, des illustrations sublimes, une rejouabilité monstre et une tactique défiant l’inimaginable ne pourra pas être vendu que plus de quelques euros parce qu’il est uniquement composé de 10 cartes. Qui voudrait acheter ce jeu 50€???
A l’inverse, on est heureux avant même de lire une règle quand on ouvre une boîte bien remplie!
Je trouve que la mode est de blinder les boîtes de matériel pour justifier leur prix ou faire passer la pilule d’une mécanique ratée. Il en est encore plus vrai pour tout ce qui est version collector!
Pour conclure, le jeu est devenu un marché et il est loin le temps où le secteur était tenu par des passionnés pour des passionnés. Aujourd’hui, le jeu doit rapporter et être accessible au plus grand monde. Je pense que rêver d’un monde ludique 100% français est utopique même si je ferai vraisemblablement l’effort de soutenir toute initiative dans ce sens (dans la mesure où j’achète un bon jeu et non pas une merde).

A dit:
Horatio dit:Oui enfin bon, il n'y a, à priori, aucune connotation politique dans le fil, hein, A.

Economie et politique sont intrinsèquement liées.
A

Tu te leurres Horatio, ce sujet est totalement politique depuis le début.
C'est d'ailleurs une chance qu'il n'ait pas encore dérapé.

c’est pas du politique, juste de l’économique et du social.

Et bien si on en vient à du politique, la suite sera sans moi :).

Salut à tous !
Voilà un sujet intéressant et qui nous parle (beaucoup) ! Alors on va juste vous dire deux-trois mots, là, comme ça, pour expliquer notre démarche et pourquoi et comment…
D’abord beaucoup de choses lues ici sur l’intérêt et les questionnements qui se posent sont très enthousiasmants et nous confortent dans la voie que l’on a choisi.
Le concept de départ, il y a maintenant presque 3 ans, était simple : éditer des jeux de société qui sont avant tout de vrais jeux, avec des thématiques qui nous tiennent à cœur, immersives, mais que le joueur pourra occulter s’il s’en cogne et ne souhaite que profiter de la mécanique du jeu. Le postulat de départ voulait aussi que si nous prenions la responsabilité de produire quelque chose pour le vendre, il fallait que ce soit fait localement (100 % en France) et proprement (avec tous les labels “responsables”).
Un autre postulat était que nous voulions que nos jeux soient beaux avec du matos de très belle qualité. Hors de question de faire du local et propre mais qui soit cheap et moche. Et enfin : il fallait que ce soit dans le commerce au même prix public que d’autres jeux e même format.
Bref, on voulait produire sans - trop - polluer et donner des sous à des gens qui sont les acheteurs potentiels de nos jeux.
Et alors, comment on s’en sort ?
Déjà, gros boulot visant à “trouver” les bons prestataires pour chacun des éléments des jeux. Mais on s’est vite rendus compte que fonctionner localement était génial. On rencontre les gens, on en cause, on visite les usines et ateliers, on peut être là pendant la fabrication des 5000 exemplaires de notre jeu… Une proximité humainement incroyable ! Et comme certains d’entre vous l’ont vu, on a publié récemment un petit article pour vous montrer exactement où étaient fabriqués chaque élément de chaque jeu : http://www.jeux-opla.fr/archives/921
Pour ce qui est de la qualité. Que de belles surprises. Regardez nos boites de tous nos jeux, fabriquées par RCI, dans la Drôme. Cette entreprise fait beaucoup de cartonnage pour des produits de haut standing, et a donc une super compétence.
Mieux, pour les cartes de Lincoln, nous nous sommes tournés vers un imprimeur plus conventionnel, hyper motivé pour de nouveaux projets. On est plusieurs éditeurs à lui demander des choses, et donc il est stimulé pour faire bien. Bilan : quand on a vu les cartes pour la première fois, Jérôme et Anne-Claire Jouvray (illustrateur et coloriste du jeu, et de la bd) ont été étonnés de la qualité d’impression. Quant au papier, d’une qualité géniale : nous avons depuis février les mêmes jeux démos qui tournent et les cartes ne sont pas abimées, pourtant après plusieurs centaines de parties (et c’est un party game où les cartes sont malmenées !). Et vous verrez les puces et les anneaux de notre Hop la puce qui sortira en septembre, réalisées par un tourneur du Jura, en buis du Jura, magnifique !
Et enfin, le prix. Alors en effet, c’est de très bonne qualité, local, mais plus cher. Donc là interviennent des méthodes de tirage en amalgame (plusieurs jeux d’une gamme sont au même format, donc moins chers à produire ou à retirer en même temps), de négociations, de recherches d’où comment raboter quelques centimes. Au moment de la conception du jeu, il y a aussi la contrainte matérielle qui est présente. Et évidemment, on se dit que si ce n’est pas faisable en France et comme il faut, alors tant pis, on se passera de cet élément dans ce jeu, quitte à le repenser.
Il faut penser différemment, en fait, et pas uniquement en business plan et avec des coefs. On se rend compte petit à petit que ce mode de fabrication et ces thématiques nous ouvrent des portes, des partenariats et des marchés supers, qui s’ajoutent à celui du jeu. Et de sortir de ce système permet aussi de s’autoriser des caprices, comme Hop la bille, sur lequel notre marge est absolument ridicule, mais que je voulais voir exister tant j’aimais ces billes en terre et le jeu en proto plaisait en festivals…
Et aussi, pour répondre à quelqu’un, plusieurs auteurs se tournent vers nous et dans un avenir (proche ?) leurs jeux sortiront édités par nous. On espère évidemment que ça donnera une nouvelle lisibilité à ce qu’on fait, et que ces jeux géniaux auront une belle vie made in France !
Voilà, en résumé, on est ravis de la voie qu’on a choisie, on persévère là-dedans, et si pour une raison ou une autre ce n’est plus possible, on ne transigera pas et on arrêtera l’aventure, mais on ne procèdera jamais autrement.
Je viens rarement sur le forum, et ne prends en général pas beaucoup de temps pour lire et écrire des choses, donc ne vous étonnez pas si je ne reviens pas sur ce post rapidement !
A tantôt…
Florent.

Merci pour votre intervention, j’espère que vous reviendrez vite !
Par rapport à ce qui a été évoqué dans ce sujet, précisément autour de l’injection plastique : avez-vous essayé de trouver des fabricants français capables de réaliser cela ? Est-ce- réellement plus cher ?
Pour tout le reste, quelles sont les différences de coût avec de la production à l’étranger ?
Avez-vous des problèmes de qualité d’impression (homogénéité des dos de cartes par exemple) ?