Economie du jeu et Crowdfunding

Roolz dit :
ehanuise dit :
Bref, y'a du changement, annoncé depuis un moment et qui se confirme dans la pratique, et je suis curieux des réactions des trictraciens :-)

 

Perso je m'en fous, mais d'une force...
Si un jeu qui m'intéresse sort sur KS uniquement et que je loupe le dit KS, dommage pour moi, mais j'en chierai pas une pendule. Y'a des trucs plus graves, et c'est pas comme si j'avais le temps de rincer tous les jeux que j'ai déjà sur mes étagères.
Là on est dans une période de transition ou on trouve toujours des pénibles qui couinent à ce sujet, mais à court/moyen terme ça va se normaliser (prédiction avec mon pif).

+1000

J'ajouterais que pour les personnes qui vivent du jeu de société, le challenge est de trouver leur place dans ces changements/évolutions de modèle, ça ne sert à rien de couiner, le mouvement est en marche et approuvé par les consommateurs. Comme toujours, les plus innovants et les plus proactifs en sortiront grandis, pour les autres on verra...

“couiner”, y’a plus dédaigneux comme terme pour décrire un discours qui n’est pas le votre ?
Le pire étant que sur le fond je vous rejoins mais alors cette façon de nier le débat en disant que de toute façon c’est comme ça, c’est le progrès, et que tout ceux qui ne partagent pas cette vision sont juste des chieurs à coté de la plaque qui “couinent” c’est assez déplorable pour la discussion.

ehanuise dit :
Bref, y'a du changement, annoncé depuis un moment et qui se confirme dans la pratique, et je suis curieux des réactions des trictraciens :-)
 

Faible consommateur car déjà trop de jeux mais consommateur quand même,
il faut le reconnaître. On est les grands gagnants de KS !

On récupère une partie de l'argent qui n'est pas dépensé car il ne passe pas par le circuit traditionnel (souvent sous forme de bon gros matos qui claque).
Faire un KS est un boulot à temps plein visiblement et en prime, les auteurs se rémunèrent correctement.
Ça me parait plutôt sain.

Pour les boutiques, le combat est perdu d'avance contre KS mais elles ne sont pas obligées de se battre. Elles doivent bien pouvoir assurer un service d'entente minimum. KS ne concerne que les passionnés.
Les boutiques ont encore un énorme potentiel chez les non joueurs. En organisant des événements, je l'ai vu à Strasbourg et Epinal cette année encore, il y a énormément de gens qui viennent passer un bon moment et qui ne connaissent rien du tout aux jeux de sociétés modernes. Et la les plus téméraires jouent à des Myrmes, Agricola, Dungeon Twister et ils adorent.

Si les boutiques veulent aller à la peche, c'est plutôt ce genre de poisson qu'il faut ferrer.
Mais attention, y'a Amazon qui peche au filet. 
 

christophej2 dit :

Les boutiques ont encore un énorme potentiel chez les non joueurs. En organisant des événements, je l'ai vu à Strasbourg et Epinal cette année encore, il y a énormément de gens qui viennent passer un bon moment et qui ne connaissent rien du tout aux jeux de sociétés modernes. Et la les plus téméraires jouent à des Myrmes, Agricola, Dungeon Twister et ils adorent.

Si les boutiques veulent aller à la peche, c'est plutôt ce genre de poisson qu'il faut ferrer.
Mais attention, y'a Amazon qui peche au filet. 
 

Sur ces jeux la, les boutiques sont aussi sous pression face aux fnac et autres qui se diversifient aussi sur les jeux de société entrée de gamme en proposant du 7 wonders, dobble et autres catane. Ces titres représentent une partie des ventes régulières des détaillants hyperspé. Il paraît que ces joueurs se tourneront ensuite ves les boutiques hyperspé pour des titres plus complexes, mais du message marketign bienveillant des distributeurs qui fournissent ces enseignes à la réalité, je crains qu'il y ait comme un décalage.

Le commerce de détail est en pleine révolution, dans tous les secteurs. Ca se sent très fort aux US, et ca devient fort visble chez nous aussi. De la bouffe fraiche on achète dans le quartier, mais un gadget technologique dernier modèle, en ligne on a le dernier modèle et moins cher que le modèle de l'an passé chez un détaillant du coin. Ca a commencé avec la technologie (appareils photo, ordis, multimedia, ...) et ca s'étend aux livres, fringues et naturellement jeux.

C'est à la fois excitant (plein d'opportunités et d'expériences à faire) et effrayant.

 

eldarh dit :"couiner", y'a plus dédaigneux comme terme pour décrire un discours qui n'est pas le votre ?
Le pire étant que sur le fond je vous rejoins mais alors cette façon de nier le débat en disant que de toute façon c'est comme ça, c'est le progrès, et que tout ceux qui ne partagent pas cette vision sont juste des chieurs à coté de la plaque qui "couinent" c'est assez déplorable pour la discussion. 

Je dis pas que c'est le progrès ou pas. Si c'est pas le progrès ça va se casser la gueule. Sinon, non. Pas compliqué. Dans les 2 cas je m'en bats les reins pareil. Je suis pas éditeur, c'est pas moi qui investis mon temps et mon pognon.

Juste pour parler des quelques menus KS que je fréquente, on est pas dans le "ah ben dommage que ce soit pas en boutique". Ca c'est pas du couinement. Je parle de qqchose de beaucoup moins respectueux et consensuel.
Y'a une minorité bruyante de gens qui braillent sur divers supports internet because "pas l'extension "Poney mutant fluo" dispo en boutique argh je peux pas vivre sans" ; "pas les SG en boutique donc je me fais grave niquer par rapport à un pledgeur" ; "argh y'a des exclus KS bande de salauds mon jeu boutique est incomplet je peux pas jouer"... J'exagère même pas. Et j'en oublie plein.

C'est effectivement un discours qui n'est pas le mien. Mais j'appelle ça couiner. Comme une vieille roue de vélo toute rouillée qui s'arrête jamais. Parce que vois pas d'autre mot.

eldarh dit :"couiner", y'a plus dédaigneux comme terme pour décrire un discours qui n'est pas le votre ?
Le pire étant que sur le fond je vous rejoins mais alors cette façon de nier le débat en disant que de toute façon c'est comme ça, c'est le progrès, et que tout ceux qui ne partagent pas cette vision sont juste des chieurs à coté de la plaque qui "couinent" c'est assez déplorable pour la discussion. 

Ben je sais pas comment tu comptes qualifier le fait de dauber sur le financement par la foule avec plein de mauvaise foi dans son discours... "couiner" ça reste gentil, je pense.
On a eu le même genre de débat avec la mort de tel ou tel outil/support/whatever --> si le consommateur plébiscite, je ne vois pas comment aller contre, ni pourquoi, autant trouver sa place plutôt que de se plaindre. Si cette évolution du marché arrive, c'est qu'il y a une raison et il est plus sain de l'analyser et de trouver comment se positionner que de juste râler encore et encore.

edit: je précise que je ne parle pas d'Eric, il ne me donne pas l'impression de se plaindre.

ehanuise dit :
christophej2 dit :

Les boutiques ont encore un énorme potentiel chez les non joueurs. En organisant des événements, je l'ai vu à Strasbourg et Epinal cette année encore, il y a énormément de gens qui viennent passer un bon moment et qui ne connaissent rien du tout aux jeux de sociétés modernes. Et la les plus téméraires jouent à des Myrmes, Agricola, Dungeon Twister et ils adorent.

Si les boutiques veulent aller à la peche, c'est plutôt ce genre de poisson qu'il faut ferrer.
Mais attention, y'a Amazon qui peche au filet. 
 

Sur ces jeux la, les boutiques sont aussi sous pression face aux fnac et autres qui se diversifient aussi sur les jeux de société entrée de gamme en proposant du 7 wonders, dobble et autres catane. Ces titres représentent une partie des ventes régulières des détaillants hyperspé. Il paraît que ces joueurs se tourneront ensuite ves les boutiques hyperspé pour des titres plus complexes, mais du message marketign bienveillant des distributeurs qui fournissent ces enseignes à la réalité, je crains qu'il y ait comme un décalage.

Le commerce de détail est en pleine révolution, dans tous les secteurs. Ca se sent très fort aux US, et ca devient fort visble chez nous aussi. De la bouffe fraiche on achète dans le quartier, mais un gadget technologique dernier modèle, en ligne on a le dernier modèle et moins cher que le modèle de l'an passé chez un détaillant du coin. Ca a commencé avec la technologie (appareils photo, ordis, multimedia, ...) et ca s'étend aux livres, fringues et naturellement jeux.

C'est à la fois excitant (plein d'opportunités et d'expériences à faire) et effrayant.

 

Tout a fait.
c'est bien ce que je voulais dire en parlant d'amazon.
Mais pour les jeux de societe, les boutiques pratiquent des prix interessants par rapport aux grandes enseignes.
C'est surtout le reflexe d'aller en boutique qui n'existe pas chez ce public de non joueurs.
J'habite Strasbourg et je suis etonne du nombre de personnes qui ne connait pas la boutique de jds de la ville, pourtant archi connue ici.
Bref y'a encore du gros potentiel, meme s'il n'est pas evident de l'exploiter.
 

Pour les petits éditeurs,  KS est une aubaine. 
On crée son projet et on sait directement le tirage qu’il faudrait faire. 

Mais par contre, il est illusoire de croire que la campagne permettra de financer un tirage plus gros pour la distribution en boutique. 

Si la campagne est trop faible → manque d’engouement donc aucune garantie de vente en boutique

Si la campagne cartonne → peut-être que la majorité des clients ont déjà adhéré. 

Le le bon modèle, est, à mon sens celui prôné par Monolith et Serious Poulp : financement par KS. Si une demande existe, reprint. 


PS : je ne veux pas remettre de l’huile sur le feu mais, si je me souviens, un des reproches fait lors de la campagne Argo c’est que la prod boutique se finançait avec le KS et un de vos arguments étaient que les gains d’échelle finançaient les SG… Je pense que ca c’est clairement un modèle à oublier meme si pour les petits éditeurs ça devait permettre de lancer un jeu. Comme vous le dites, l’offre est maintenant trop grande et le public KS est exigeant, connaisseur et donc leader d’opinion. S’ils n’adhèrent pas au projet sur KS, il y a peu de chance que le jeu génère un buzz à sa sortie boutique. 

Avec mes 2 cents habituels

Le gros problème avec ‘KS puis boutiques’ c’est aussi qu’il faut faire 3 campagnes de comm’ successives pour le jeu. Une première campagne pour le KS en lui-même, puis une seconde 6-12 mois plus tard pour générer du buzz pour que les boutiques veuillent le jeu, puis une campagne ‘normale’ quand le jeu est effectivement dispo en boutiques pour soutenir sa sortie. Cela demande des ressources considérables.

Dans les jeux vidéos, un jeu est ‘premium’ à sa sortie, disponible exlusivement en précommande ou en direct chez l’éditeur, et après un ou deux ans un devient dispo sur des plateformes de distribution. Je réfléchis à un modèle qui s’en inspire pour de futures campagnes: le jeu est lancé sur KS, et ne sera pas dispo largement en distribution avant au moins 12 mois. Durant les 12 mois, le jeu serait dispo en direct chez l’éditeur, ou via quelques partenaires exclusifs de vente en ligne.
Après les 12 mois s’il y a de la demande et que les finances le permettent, c’est un reprint pour la distribution. Ou éventuellement un second KS avec une nouvelle exclusivité de 12 mois.

Il ne s’agit évidemment pas de déclarer la guerre aux boutiques ou aux distributeurs, mais de chercher des solutions qui permettent simplement aux jeux d’exister, et à l’activité d’éditeur d’être financièrement viable. Si le circuit historique editeur-distrib-boutique ne permet pas de fonctionner, il est normal de rechercher de nouveaux modes de fonctionnement.

Yafube dit :
PS : je ne veux pas remettre de l'huile sur le feu mais, si je me souviens, un des reproches fait lors de la campagne Argo c'est que la prod boutique se finançait avec le KS et un de vos arguments étaient que les gains d'échelle finançaient les SG... Je pense que ca c'est clairement un modèle à oublier meme si pour les petits éditeurs ça devait permettre de lancer un jeu. Comme vous le dites, l'offre est maintenant trop grande et le public KS est exigeant, connaisseur et donc leader d'opinion. S'ils n'adhèrent pas au projet sur KS, il y a peu de chance que le jeu génère un buzz à sa sortie boutique. 

Avec mes 2 cents habituels
 

Oh ca avec le recul je vois surtout que c'était une minorité très vocale qui a insisté encore et encore sur ce point. Il y avait pourtant d'autres problèmes sur la campagne ^^.
Surtout, ca a été une énorme erreur de vouloir à tout prix ménager les boutiques et proposer quelque chose qui fonctionne pour elles: Au final elles ont quand même boudé Argo et les backers casse-couilles avaient de bonnes raisons de couiner.
C'est une erreur de vouloir contenter tout le monde, il vaut probablement mieux faire des choix forts, fixer une ligne et s'y tenir. Il y aura des 'pour' et des 'contres' mais je pense qu'au final tout le monde respectera la ligne choisie.
 

Salut.
Je me permets de réécrire à peu près un comentaire que je viens de poster sur FB, parce qu’il me semble intéressant au niveau du regard porté sur le changement en cours : 

Il me semble important de préciser que l’argent n’est pas thésaurisé ni créé : il ne s’agit que d’une nouvelle clef de répartition. Les sommes qui ne vont plus en boutique ou chez un distributeur permettent aujourd’hui de faire vivre par exemple… des sculpteurs (qui avant ne pouvaient pas vivre de leur activité), des illustrateurs (qui avant ne pouvaient pas vivre de leur activité), des auteurs (qui avant ne pouvaient pas vivre de leur activité), des peintres (qui avant ne pouvaient pas vivre de leur activité)… de payer avec du vrai argent des démonstrateur qui auparavant étaient rémunérés en boite de jeux, idem pour les scénaristes, idem pour… plein d’autres métiers.
En gros, cette nouvelle clef de répartition rapatrie l’argent non plus vers ceux qui vendent les jeux (ancien modèle) mais vers ceux qui les font (nouveau modèle).
PS : si nous vendions des fruits et légumes nous serions une sorte d’AMAP et rout le monde trouverait ça formidable.

PS2 : aujourd’hui, dans la chaine de valeur d’un jeu, les 2/3 reviennent aux intermédiaires de vente. N’est-ce pas plutôt là que ce situe un véritable problème ?

Ca pose pas mal de questions pour un petit éditeur :
- premièrement, pas forcément possible de générer de la demande qui soit visible des boutiques avant la sortie du jeu, surtout face à des mastodontes avec des équipes entières dédiées au marketing.
- Pourtant, cette approche des boutiques est totalement valide: elles doivent faire des choix et ne peuvent pas tout rentrer.
Alors que faire en tant que petit éditeur indépendant? Dire 'ah, ok, dommage', et accepter de fermer boutique? Car évidemment un jeu non présent en boutique ne se vend pas, et quand on fait une sortie par an ca veut simplement dire la fermeture.

 

Est-ce qu'il serait envisageable de créer son propre site web d'éditeur et de vendre le jeu dessus ? (en vente directe ou en P500 par exemple)
Khoral dit :
Ca pose pas mal de questions pour un petit éditeur :
- premièrement, pas forcément possible de générer de la demande qui soit visible des boutiques avant la sortie du jeu, surtout face à des mastodontes avec des équipes entières dédiées au marketing.
- Pourtant, cette approche des boutiques est totalement valide: elles doivent faire des choix et ne peuvent pas tout rentrer.
Alors que faire en tant que petit éditeur indépendant? Dire 'ah, ok, dommage', et accepter de fermer boutique? Car évidemment un jeu non présent en boutique ne se vend pas, et quand on fait une sortie par an ca veut simplement dire la fermeture.

 

Est-ce qu'il serait envisageable de créer son propre site web d'éditeur et de vendre le jeu dessus ? (en vente directe ou en P500 par exemple)

Oui, c'est déjà le cas pour de nombreux éditeurs, blackbook en tête avec son propre système de cowdfunding sur le site.
ceci dit, Kickstarter est aussi une plateforme de comm' et expose le projet à énormément d'yeux - et de portefeuilles ^^

fred henry dit :Salut.
Je me permets de réécrire à peu près un comentaire que je viens de poster sur FB, parce qu'il me semble intéressant au niveau du regard porté sur le changement en cours : 

Il me semble important de préciser que l'argent n'est pas thésaurisé ni créé : il ne s'agit que d'une nouvelle clef de répartition. Les sommes qui ne vont plus en boutique ou chez un distributeur permettent aujourd'hui de faire vivre par exemple... des sculpteurs (qui avant ne pouvaient pas vivre de leur activité), des illustrateurs (qui avant ne pouvaient pas vivre de leur activité), des auteurs (qui avant ne pouvaient pas vivre de leur activité), des peintres (qui avant ne pouvaient pas vivre de leur activité)... de payer avec du vrai argent des démonstrateur qui auparavant étaient rémunérés en boite de jeux, idem pour les scénaristes, idem pour... plein d'autres métiers.
En gros, cette nouvelle clef de répartition rapatrie l'argent non plus vers ceux qui vendent les jeux (ancien modèle) mais vers ceux qui les font (nouveau modèle).
PS : si nous vendions des fruits et légumes nous serions une sorte d'AMAP et rout le monde trouverait ça formidable.

PS2 : aujourd'hui, dans la chaine de valeur d'un jeu, les 2/3 reviennent aux intermédiaires de vente. N'est-ce pas plutôt là que ce situe un véritable problème ?

Oui en distrib et en retail tout est basé sur des pourcentages.
Pourtant, amener une boîte de l'entrepôt au magasin et la mettre en rayon ne coûte pas dix fois plus cher pour un Conan que pour un Jungle Speed. C'est effectivement un modèle qui devient intenable.
Ceci dit, un distributeur c'est deux métier : d'un côté la logistique (un truc de pro, maitrisable de bout en bout et avec des risques aisément quantifiables, genre assurance transport/entrepot/perte); De l'autre côté du marketing et de la promo. Pour un distrib qui prend les jeux en achat ferme et paye du marketing, c'est une prise de risque qui justifie leur marge, je pense par exemple à Blackrock. Pour un distrib qui fait juste de la logistique et prend les jeux en dépot vente, c'est beaucoup moins tenable.
 

@Fred : Je trouve ton analogie avec l’AMAP pertinente et clair à comprendre, effectivement le principe à l’air d’être le même et je trouve que c’est une bonne chose pour tout le monde et nos chers “petits” artisans !

Roolz dit :

Je dis pas que c'est le progrès ou pas. Si c'est pas le progrès ça va se casser la gueule. Sinon, non. Pas compliqué. Dans les 2 cas je m'en bats les reins pareil. Je suis pas éditeur, c'est pas moi qui investis mon temps et mon pognon.

Juste pour parler des quelques menus KS que je fréquente, on est pas dans le "ah ben dommage que ce soit pas en boutique". Ca c'est pas du couinement. Je parle de qqchose de beaucoup moins respectueux et consensuel.
Y'a une minorité bruyante de gens qui braillent sur divers supports internet because "pas l'extension "Poney mutant fluo" dispo en boutique argh je peux pas vivre sans" ; "pas les SG en boutique donc je me fais grave niquer par rapport à un pledgeur" ; "argh y'a des exclus KS bande de salauds mon jeu boutique est incomplet je peux pas jouer"... J'exagère même pas. Et j'en oublie plein.

C'est effectivement un discours qui n'est pas le mien. Mais j'appelle ça couiner. Comme une vieille roue de vélo toute rouillée qui s'arrête jamais. Parce que vois pas d'autre mot.

Ah ben tu dois pas avoir un super vocabulaire alors parce que des synonymes de couiner, y'en a plein, "gémir", "faire sa pleureuse", "geindre", etc. Tous des mots qui expriment parfaitement ton mépris pour ces gens là.
D'autant que le débat, déja lancé 50 fois, et pas que par les même n'est pas "argh y'a des exclus KS bande de salauds mon jeu boutique est incomplet je peux pas jouer", c'est "Argh, y'a des exclus KS, mon jeu boutique ne peut pas être complété" donc, si, quelquepart, tu exagères.
L'accessibilité aux "promos" post KS ou meme dans le circuit retail a toujours été plus compliqué en France qu'aux US. (ou ils ont le store de bgg, du coolstuffinc etc). Et KS a lancé un 2eme circuit alternatif, ou cet accès est en plus timé de façon bien plus sévère sur une prise de risques plus importante. Du coup, oui, je me joins à ceux qui ne peuvent pas récupérer tout le contenu développé pour un jeu de façon pratique et facile. Le fait qu'il ne puissent pas le faire en retail n'est pas si grave que ca. Le fait qu'ils ne puissent pas le faire du tout (du style, sur le site de l'éditeur, lors d'un KS du meme éditeur suivant, sur un bggstore like) l'est un peu plus.
 

Hohyss dit :@Fred : Je trouve ton analogie avec l'AMAP pertinente et clair à comprendre, effectivement le principe à l'air d'être le même et je trouve que c'est une bonne chose pour tout le monde et nos chers "petits" artisans ! 

Bha non le principe n'est pas le même. Le fait de supprimer tout les intermédiaires n'est pas spécifique aux AMAP, par contre une AMAP ne vend pas de tomates chinoises en France. Je comprends ce que veut dire Fred H. mais la comparaison me parait hasardeuse car il y'a en plus de la dimension économique et social une forte dimension écologique. Filer de l'argent à une entreprise américaine pour produire du plastique en Chine puis exporter par bateau vers le reste du monde c'est un peu l'anti-amap. 

eldarh dit :
Hohyss dit :@Fred : Je trouve ton analogie avec l'AMAP pertinente et clair à comprendre, effectivement le principe à l'air d'être le même et je trouve que c'est une bonne chose pour tout le monde et nos chers "petits" artisans ! 

Bha non le principe n'est pas le même. Le fait de supprimer tout les intermédiaires n'est pas spécifique aux AMAP, par contre une AMAP ne vend pas de tomates chinoises en France. Je comprends ce que veut dire Fred H. mais la comparaison me parait hasardeuse car il y'a en plus de la dimension économique et social une forte dimension écologique. Filer de l'argent à une entreprise américaine pour produire du plastique en Chine puis exporter par bateau vers le reste du monde c'est un peu l'anti-amap. 

Du point de vue Transport et logistique oui effectivement, on est loin du principe d'une AMAP. Je parlais du simple fait de faire bosser des artisans avec une bonne rémunération et je crois comprendre que l'analogie de Fred s'arrêtait juste sur se point.
A part ça certaine boites on aussi conscience de se problème écologique et font de plus en plus appelle à de la production locale sans impacter autant l'environnement :) 

edit : mais t'as raison je me suis mal exprimé :( 

Oui, c’est pour ça que j’écrivais “une sorte” d’AMAP, mais meme avec cette précaution mon exemple est mal choisi. Je grossissais simplement le trait pour mettre en evidence la question du prisme au travers duquel on voit les choses.

Je pense que dans ce genre de débat, il faut essayer de trouver une solution plutôt qu’un coupable.
Depuis que je suis gamin, je passe mon temps dans des boutiques de jeu, et j’ai toujours les mêmes répliques de la part des vendeurs qui se sentent sur le fil du rasoir…  “On est vraiment ric rac, je sais pas si l’année prochaine on sera là”.
J’ai toujours eu l’impression que les boutiques spécialisés n’arrivaient qu’avec difficulté à faire leur marge.
C’est de la faute de l’avenement des jeux vidéos.
C’est de la faute des grandes surfaces.
C’est de la faute du film donjon et dragon.
etc etc.

Ma boutique a réussi à évoluer pour survivre.
Elle s’est mise à vendre, en plus de jeu de plateau, cartes, wargames et de figurines diverses ;
- des mangas et des goodies affiliés, des comics, des bandes dessinés
- des jeux videos en import (bon, maintenant, ils ont un peu freiné ça… y bien un peu de retro, masi pas des masses)
- ils font des evenements divers de la peinture sur figurine aux tournois de cartes.

Mais toujours la même réplique “On est vraiment ric rac, je sais pas si l’année prochaine on sera là”.

Le marché évolue, les boutiques ne sont qu’un élément du système.
Les boutiques devraient continuer d’évoluer et de trouver la meilleure façon de vivre avec le système.
On peut trouver de la bière pas chère avec un choix énorme en grande surface, pourtant, les gens vont bien au bar.
Si on peut trouver des jeux pas cher avec un éventail de choix fou sur kickstarter, pourquoi les gens ne continueraient pas à aller en boutiques?