Avec plaisir.
Un truc important aussi, c’est que Kickstarter est un système à plusieurs vitesses. On voit très fort les mégacampagnes qui font des chiffres hallucinants et qui sont en termes de marketing des machines de guerre bien huilées, mais sur le nombre total de jeux de société présents sur la plateforme, ce n’est qu’une partie des projets.
Pour les petits/moyens projets, je pense qu’il y a encore beaucoup de trucs à expérimenter. Pour les gros projets, c’est assez balisé, mais il reste probablement de la marge pour essayer aussi des trucs. Frederic Henry estmieux placé pour en parler.
L’idée n’est pas mal mais elle occulte, à mon sens, un aspect du retirage à bas coût des jeux vidéos… Pour qu’un jeu sorte en Platinum c’est qu’il a déjà été largement amorti et que l’éditeur veut aller gratter les joueurs qui n’ont pas sauté le pas au prix plein → c’est une manière de maximiser les rentrées après un résultat via distribution normale exceptionnel.
Là tu fais le pari que ton jeu sera exceptionnel et qu’il y aura donc une demande pour une réédition… Je trouve ça un peu couillu.
De plus, le jeu video crée très vite une demande à un moment t pour tous les joueurs qui veulent jouer en ligne, ce qui pousse les joueurs à l’achat. Je ne dis pas qu’un tel engouement n’existe pas en jeu de plateau (il suffit de voir les sujets sur les jeux récents) mais c’est plus l’angoisse de manque de connaissance de sortie de la réimpression qui domine. Si dès le départ on est au courant que si un jeu est bon, il sera réédité, disponible en boutique et moins cher… Je crains que le comportement rationnel soit d’attendre la réimpression (surtout qu’étant fan de KS, c’est pas l’attente qui nous fait peur)
A prendre avec la dose de 0,02€ habituelle
Voilà, au cas où, si ça permet de continuer le débat sans polluer les topic dédiés aux jeux.Lalala dit :
C'est beaucoup à dire, et certains points ne sont pas l'apanage de Monolith, mais pour faire une synthèse:
Sur le calibre des jeux: De très très gros jeux, avec beaucoup de matériel à usage limité et/ou dispensable.
(Sur Conan et Batman, tu a ces pupitres en plastiques qui servent à aligner quelques tuiles et bouger des pions de gauche à droite, une réglette en carton aurait fait l'affaire. Il y a des figurines qui servent peu, dont l'usage est limité à quelques scénarios, le paroxysme doit être la batmobile.) Au lieu de maximiser l'utilisation du matériel par un travail éditorial pour en limiter la quantité, on maximise le matériel. Ca fait des très gros jeux, qui coutent très cher à fabriquer et permette de justifier par là-même la soit-disant impossibilité de rejoindre la distribution conventionnelle. ça deviendra aussi un argument de vente. Sur les charges de fabrications qui en découlent, une énorme partie va servir à payer des couts externes au lieu de la structure interne de l'éditeur, c'est à dire qu'une trop grande part du chiffre d'affaire ne fait que transiter par l'éditeur, qui va payer des sous-traitants. Qui dit beaucoup de matériel, dit une sensibilité notable à la variation du prix des ressources, et par le poids et l'encombrement élevé, au coût de transport. Pour donner, un contre-exemple simpliste mais valable, il est possible de faire le choix d'assigner que 1 au matériel de jeu et 2 à la conception et au travail éditorial, afin que ce 1 matos permettent un usage multiple et un renouvellement du jeu, ou sinon de mettre 1 en édition pour juste faire des règles qui tournent et de mettre 2 en matériel pour avoir 2 x plus de variété de cette manière. Dans le 2ème cas, il y a 2/3 du coût qui n'est pas sous contrôle, qui sort de l'entreprise, et qui augmente en plus le coût l'acheminement!
Sur la saturation: Pour rendre sont modèle un tant soit peu soutenable, Monolith à l'obligation de faire un tirage très important de son jeu. Comme les couts de fabrication sont très importants, la marge minime est dégagée par la quantité fabriquée et vendue, ce qui force à sur-vendre le jeu. Pour ça, l'entreprise mets ses ressources dans la communication et paie une part non-negligable de son CA à KS/PM, et se met finalement en position d'être obligée de vendre pour vendre. On jouera justement sur cette quantité de matériel et le rapport qualité/prix. Ces méthode vont faire que le jeu va être sur-vendu, c'est à dire vendu à une part importante d'acheteurs compulsifs, qui se sont laissé tenté par le prix, excité par l'étalage de matériel présenté, etc. Il en résulte que tu fait une énorme production, que tu vend tout-ce qui est possible ( même une batmobile!), tu rentres à peine dans tes frais (les points précédent), et tu as saturé le marché! Il t'est impossible de faire un retirage vu que tout le monde a le jeu et qu'il se trouve facilement en occasion (ou neuf) à très bon marché, les outils de production sur -lesquels tu as tant investi sont inutiles et donc littéralement perdus! De plus, le public visé en à plein ses armoires à la longue, et le public prêt à dépenser des sommes si importante pour des jeux si encombrants ne peut aller qu'en se réduisant, pour des critères sociaux-économique évidents et pour des raisons pratiques pour ceux qui restent.
Comme le mode de vente se fait par KS exclusivement et que la production est délocalisée hors de la zone de vente, l'éditeur-logisticien doit gérer toute la ligne d'acheminement, de l'exportation jusqu'à la distribution individuelle au client. On en revient au couts du transport, les taxes d'importations, qui sont hors de contrôle de l'éditeur et pourtant la majeurs parties de ses charges. Pour faire rapidement, quand la chine instaure une taxe environnementale et que le prix du plastique augmente, ton jeu augmente en proportion et tu peux rien faire. Puis après on te dis que les accords douaniers avec telle zone (au hasard les usas) ont changé tu peux rien faire, et finalement le prix des carburants augmente et là encore ton jeu est grandement impacté. On en revient au calibre des jeux et la part externalisée, il s'agit des proportions qui posent problème. Si on suit un peu les tendances géo-politiques, on voit que c'est des points qui sont très très importants à prendre en compte.
On revient au mode de vente, qui après avoir provoqué l'achat compulsif, te permet de toucher une rentrée unique, qui va payer tes charges, ta productions etc. Comme tu es ric-rac, que tu peux pas retirer le jeu, et que tu n'a pas de rentrées régulière que faire: Facile, tu es obligé de lancer un nouveau projet! Qui dit nouveau projet dis nouveau couts fixes importants! Super! c'est reparti. C'est une dynamique de fuite en avant. L'entreprise n'investi pas dans son outils de production, elle ne baisse pas ses charges avec le temps, au contraire elle doit viser chaque fois plus gros. On peut comprendre la licence Batman comme ça. Et surtout voir le critère gravant qu'elle constitue sur un modèle déjà intenable.
Je sais que c'est un peu décousu, mais franchement je ne peux pas donner un cours complet là maintenant, surtout par écrit, tout les points que j'évoque sont assez évidents si on se renseigne un minimum (ça prend du temps) et si on ne lit pas les choses avec la grille offerte par M. F. Henry. Pour moi c'est important d'évoquer le point éthique dans la production de jeux si démesurés dans un cadre si néo-libéral. Difficile d'entendre, surtout avec ce qu'il se passe en premier lieu dans votre pays, difficile d'entendre des gens défendre avec autant de cynisme la délocalisation, l'utilisation outrancière des ressources, et la fameuse dés-intermédiation. Tout ça pour un système qui n'a pas vraiment d'avantage sauf celui de fournir à des privilégiés des biens matériels superflu en grande quantité. Et c'est pour cette raison que le discours de M. F. Henry m'apparaît comme une forfaiture, c'est qu'il présente des mécanismes connus comme novateurs, et que sont discours instaure un cadre de réflexion tronqué, correspondant à ce que sont modèle à besoin pour tenir le coup, c'est à dire des consommateurs compulsifs, manipulables, qui ne remettent pas en cause l'idée générale qui le motive.
Je dis qu'on est en 2019, que le monde est en ruine, oui, il l'est, aucun des critères sociaux-économique, environnemental ou géo-politique ne suit pas une trajectoire dramatique, et vivre aujourd'hui en faisant fis de l'ensemble des informations à notre disposition, pour perpétuez les problématiques connues pour le simple bénéfice de son groupe social ou de son entreprise n'est pas défendable pour moi, et je parle intellectuellement et pas de valeurs ou de morale, bien que la morale puise nous aider à avoir une manière de faire plus intelligente, paradoxalement.
Le pronostic pour Monolith, c'est de suite les DPGs sur la voie du shop en ligne, puis de se rendre compte que cela fait des charges en plus, donc d'augmenter un peu les prix pour finalement réduire le calibre des jeux afin qu'ils restent abordables, pour finalement se rendre compte qu'avec un peu d'ajustement dans la même voie, bin on pourra aller en boutique! C'est surement ce que va inventer M. F. Henry prochainement, le réseau de distribution.
Faut que j'y aille là.
continuer ? tu veux dire relancer ?
Comme quoi, Lalala pouvait dire des trucs intéressants en 2017… ?
Zemeckis dit :continuer ? tu veux dire relancer ?
Comme quoi, Lalala pouvait dire des trucs intéressants en 2017... ?
Non en fait ça vient d'une discussion sur le sujet de Batman.
C est argumenté, intéressant et pas “trop” agressif (même si tu t en doute je ne suis pas du tout d accord avec le terme “forfaiture” qui implique que je ne croirais pas en ce que j’ecris, or j’y crois viscéralement). Donc Lalala je vais te répondre demain si tu le veux bien, même si je m étais juré de ne plus le faire.
Le truc incroyable c’est qu’il y des boîtes hyper connues qui payent des consultants à 10k€/jour pour des conseils tout pourris qui marchent pas, alors qu’il y a des mecs sur internet qui ont les solutions easy là tout de suite en mode je sauve la planète tout le monde est jouasse kumbaya.
Sont pas malins de payer aussi cher, franchement.
Roolz dit :Le truc incroyable c'est qu'il y des boîtes hyper connues qui payent des consultants à 10k€/jour pour des conseils tout pourris qui marchent pas, alors qu'il y a des mecs sur internet qui ont les solutions easy là tout de suite en mode je sauve la planète tout le monde est jouasse kumbaya.
Sont pas malins de payer aussi cher, franchement.
Moi pour 1000 euro par jour, je veux bien faire des résumés de ce que je lis sur internet, si des entreprises sont intéressées, appelez moi.
Le plus gros problème, c’est qu’il pose des pavés puis se tire.
Les gros pavés, on les lit mais s’il n’y a qu’un type branché en automatique sur ses sources “renseignées un minimum”, c’est plus intéressant.
Je me documente sur l’économie depuis la crise de 2008, son discours, je le connais vraiment par coeur. Et il est questionable. Criticable aussi.
J’aimerais connaître la marque de son téléphone portable, déjà, pour savoir s’il est en cohérence avec son discours, ou si c’est un trop habituel “nan, mais je dis ça pour les autres d’abord”.
Allez Lalala, dans quelle mine de Coltan tu as acheté ton tél parce que la critique est un peu facile ? A quel évadé fiscal ?
Tout dans ton discours vient soutenir “il faut faire des jeux moins cher, plus écologiques et plus socialement acceptables”, sauf que la taille de la bourse que les clients de ce type de produit ne diminue pas. Ils achéteront donc soit plus de jeux en carton qu’ils joueront moins (je signale juste que pour le cout d’une batmobile jetable, tu as un demi-jeu en carton encore plus jetable : ton temps de cerveau disponible pour le jeu n’est pas extensible), soit iront chez ces salaud d’estranger-qui-font-rien-que-des-jeux-en-plastoque-qui-z’ont-rien-compris-à-ton-éthique-persque-parfaite plutôt que se décider à s’offrir un seul jeu en carton mais iront à coté s’offrir du bio, des vêtements en hydrocarbure pour l’éthique vegan, en fibre issue de l’agriculture bio dynamique pour l’éthique écolo, en coton normal européen pour l’éthique sociale, en fibre issue du commerce équitable pour l’éthique “je veux bien faire du social mais pour pas cher”, etc.
Et même dans ce cas : si le portefeuille moyen diminue, c’est la mort des créatifs en + ou - long feu.
Alors tu préfère quoi, des artistes pauvres, plus de carton dans les poubelles, ou plus de jeu non seulement construit comme aujourd’hui mais uniquement importés ? Choisit ton poison ?
Second problème, tu pourrais jouer sans jeu d’échec avec du papier et un crayon. Tu ne le fais pas, et il y a une bonne raison pour ça. Tout le monde a un niveau de matérialisme et de confort minimum requis pour se mettre à l’aise pour jouer. Sauf à six mois, où le meilleur jeu de la terre, c’est une poignée de fenêtre. Ca ne s’arrange pas en vieillissant.
Troisième problème, j’aimerais bien compendre le wtf de ton raisonnement sur les boutiques. Soit tu es pour une offre en boutique mais forcément diminuée puisqu’une offre commerciale doit tenir compte de son marché (sauf si ton produit est autiste : regarde Conan, il y en a qui prennent la poussière dans toute les boutiques en RP), soit contre l’arrivée en boutique comme sur la comédie que tu joue dans le topic JoA.
Mais ne me fait pas le coup du beurre et de l’argent du beurre. Ca a été testé par celui que tu adore critiquer sans arret, le jeu est en boutique sans diminution du produit et ce type de jeu transportable en transpalette prennent la place en rayon de jeux qui pourraient se vendre à la place.
Ton vrai problème, c’est que tu vois un commerçant, ça t’irrite tellement que tu est capable de défendre tout et son contraire. Et c’est là que ça m’agace. Soit tu es cohérent, soit tu ne l’est pas.
Et viens pas me pipoter “nan mais tes sources sont nazes”, on regarde et on a lu probablement les mêmes trucs anarcho-écolo-altermondialistes qui sont d’ailleurs trois points de vue sur la question economique déjà difficilement conciliables entre eux.
Salut.
Je réponds sur les assertions que je peux lire :
Pour rendre son modèle un tant soit peu soutenable, Monolith à l’obligation de faire un tirage très important de son jeu
- Oui, nous avons en effet besoin de faire des tirages très important. La plupart de nos points morts sont calculés autours de 10 000 ex sur les lancements… et autours de 3000 sur les retirages. Nos marges sont faibles et doivent être compensées par un nombre important de pledgers. Mais c’est essentiellement un problème de concurrence qui dilue les pledgers entre un beaucoup plus grand nombre de projets qu’avant et qui nous force à revoir nos structures de coûts.
Comme les couts de fabrication sont très importants, la marge minime est dégagée par la quantité fabriquée et vendue, ce qui force à sur-vendre le jeu. Pour ça, l’entreprise mets ses ressources dans la communication
- Le montant de nos ressources en communication, par exemple, représentaient moins du tiers d’un éditeur classique comme Space Cowboys (que je connais très bien), pour des CA équivalents. Donc je suis navré, mais tu te trompes. Aujourd’hui la com représente moins de 2% de notre CA.
tu as saturé le marché! Il t’est impossible de faire un retirage
- Alors là il y a deux choses :
Nous n’avons eu aucun problème à faire un retirage de MBP et je prends le pari que nous n’en aurons aucun à faire un retirage de Batman (car ces jeux ne sont pas en boutiques). Donc ton assertion est fausse et ne se base que sur le cas de Claustrophobia. Vois-tu, si Batman 80th anniversary parvenait à réaliser 1,8M$ sur KS (donc au bas mot 2M$ après PM) cela se révèlerait être la plus belle opération jamais réalisée par Monolith. Est-ce que si nous faisons ces 2M tu reviendras t’excuser ici de la qualité de tes analyses ?
J’aimerais que tu m’expliques en quoi il est plus intéressant de vendre 20 000 boites en plusieurs années en boutiques, plutôt qu’en une fois sur KS ? Si ce n’est qu’en fait de 20 000 boites il te faudra en vendre 60 000 en boutiques pour réaliser au mieux une marge analogue.
(l’entreprise) paie une part non-negligable de son CA à KS/PM…
- Oui nous versons de grosses sommes à KS et Stripe (10% en tout)… ça demeure bien moins élevé que les 40% HT que nous demanderaient les boutiques. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous passons par KS (une autre très importante est la typologie de la clientèle. La consultation de n’importe quelle liste des meilleurs ventes boutiques t’en persuadera).
…et se met finalement en position d’être obligée de vendre pour vendre
- La seule et unique chose qui nous oblige à vendre c’est notre masse salariale. Les salaires fonctionnent à l’image d’une bonde dans une baignoire qu’il faut bien remplir de temps à autre sans quoi elle s’assèche. L’équation est simple : que nous ayons ou non une activité, nous devons payer des salaires. Donc je te l’accorde, nous sommes obligés d’avoir une activité, sauf à ne plus avoir de salariés (est-ce que c’est ce que tu préconises ?).
les outils de production sur-lesquels tu as tant investi sont inutiles et donc littéralement perdus!
- Les seuls outils de production que nous possédons sont une dizaine de PC… et à ce jour nous les utilisons quotidiennement. Si par ce terme tu veux en fait parler des « moules », je ne pense pas que des tirages totaux entre 30 et 40 000 boites (mis à part Claustrophobia) matchent bien avec le terme « perdus ».
De plus, le public visé en à plein ses armoires à la longue, et le public prêt à dépenser des sommes si importante pour des jeux si encombrants ne peut aller qu’en se réduisant, pour des critères sociaux-économique évidents et pour des raisons pratiques pour ceux qui restent
- Ai-je déjà dis le contraire ? Non. Ais-je affirmé quelque part que Monolith n’évoluerait jamais ? Je ne le pense pas non plus. Faute de chevaux il n’y a plus guère de maréchaux ferrant, si demain plus personne ne veut de nos fig nous ferons autre chose, à moins que la concurrence s’amenuise plus fortement encore et alors nous serons les derniers maréchaux ferrants et en vivrons très bien.
Comme le mode de vente se fait par KS exclusivement et que la production est délocalisée hors de la zone de vente, l’éditeur-logisticien doit gérer toute la ligne d’acheminement, de l’exportation jusqu’à la distribution individuelle au client. On en revient au couts du transport, les taxes d’importations, qui sont hors de contrôle de l’éditeur et pourtant la majeurs parties de ses charges.
- Alors je vais reprendre l’exemple de Batman, qui n’a pas eu à subir les affres de deux vagues à la Conan (c’est-à-dire une seconde vague où nous payons intégralement le transport du hub vers le client final) : Nous en avons en totalité pour 200 000$ de transport HT et 1,2M$ de prod. J’ai un peu de mal à comprendre comme ce transport pourrait représenter « la majeur partie de nos charges ». Par ailleurs, les éditeurs du circuit classique payent aussi les taxes à l’importation.
Pour faire rapidement, quand la chine instaure une taxe environnementale et que le prix du plastique augmente, ton jeu augmente en proportion et tu peux rien faire.
- Le prix des carburant ou du plastique joue de nature infinitésimal sur le coût de nos jeux. Donc je te rassure sur ce point : une ou deux gouttes de pétrole suffisent à fabriquer une figurine. Et pour l’impact sur le prix des transports, même une augmentation de 20% du coût n’aurait qu’un impact marginal sur nos charges, comme tu peux le constater dans le paragraphe précédent.
Pour donner, un contre-exemple simpliste mais valable, il est possible de faire le choix d’assigner que 1 au matériel de jeu et 2 à la conception et au travail éditorial
-Alors, je vais revenir encore sur Batman : Batman c’est deux ans de développement. Soit, en fiche individuel de temps de travail interne alloué au projet plus de 1,1M€. Pour 1,2M$ de coût de matériel. A ma connaissance on est donc sur du 1 pour 1. Donne moi stp des exemples de jeux de plateaux avec des rapports qui soient si fortement plus en faveur du travail de conception/édition que du coût matériel. Tu ne comprends pas que ce qui nous coûte cher aujourd’hui c’est justement le travail des équipes en interne.
En gros ton argumentaire repose sur deux piliers qui me semblent erronés :
1) Le fait qu’on ne puisse pas retirer (alors que nous avons déjà prouvé que nous le pouvions) parce que nous aurions saturé le marché.
2) L’idée qu’il vaut mieux faire son CA en continu plutôt qu’en une fois.
Par ailleurs ces deux propositions sont contradictoires, parce que soit :
1) Nous avons effectivement saturé le marché et donc avons de toutes façons déjà réaliser le CA maximum que pouvait générer le jeu ( et mieux vaut l’avoir fait alors en une fois que dans le temps).
Ou…
2) Nous n’avons pas atteint ce CA maximum (le marché pour ce jeu n’est donc pas saturé, il reste de la demande à pourvoir)… et alors nous pouvons retirer.
Oui, ça prend du temps de venir traîner ici, et je l’ai pas en permanence. De plus, il faut souvent du temps pour avoir quelque lecteurs qui répondent avec un tant soit peu de sérieux. Et c’est pas pour être désagréable, mais quand je lis ton post, je vois pas ce qui justifie une réponse de ma part, il n’y a aucun argumentaire, juste un commentaire avec pas mal de raccourcis caricaturaux. Je suis sensé dire quoi?
Que c’est dommage, tu me demandes en gros de te décrire mes habitudes de consommation pour juger si mon discours est pertinent? Est-ce pertinent? Est-ce qu’il faut que je te dise que je n’ai pas de téléphone portable, ni de voiture, même pas de frigo, que je passe tout mon budget dans de la bouffe bio et locale, que je mange pas de viande et presque pas de produit laitiers, que je prend pas l’avion et me déplace un minimum autrement qu’à pied et en vélo, que je m’habille et me fourni en matériel de seconde main, que j’ai ouvert une entreprise en lien avec la mobilité douce avec un modèle économique atypique, pour être classé comme alter-mondialiste-anarcho-syndicaliste-baba-cool-écolo-vegan et être tourné en dérision? Ou si je ne le fait pas, je n’aurais pas la légitimité d’exprimer un point de vue qui implique ces notions? Est-ce que si j’admet avoir pledgé Joan Of Arc cela rend tout mes efforts précédents vain, mon point de vue pas cohérent? J’ai pas à montrer patte-blanche et à répondre à un interrogatoire qui n’a pas de légitimité intellectuelle pour que les idées exposées puissent soudain mériter la lecture. Ce n’est pas parce que je ne m’appelle pas M.F.Henry ou que je ne présente pas mes diplômes (si j’en ai d’ailleurs) qu’il ne faut pas lire le contenu pour ce qu’il est.
C’est marrant, tu me donnes, LEauCEstNul, tous les éléments de réponses: Privilégier un travail éditorial et artistique pour sublimer l’utilisation du matériel de jeu et d’en limiter la quantité. Par ce travail éditorial, créer une plus-value qui ne peut pas être mise en concurrence par une quantité de matériel plus grande. Augmenter le prix de vente pour intégrer une production la plus localisée et respectueuse de l’environnement. En créant un chef d’oeuvre, du point de vue artistique et des mécaniques, mais aussi par l’éthique qu’il défend, il est fort à parier que tu peux pousser un consommateur X à ne pas acheter un produit à 50, 75 ou 100 chaque mois, mais à sauter un achat pour mettre 150 d’un coup dans un jeu qui n’a pas de concurrence en terme de plaisir de jeu, et qui soutient une certaine vision économique plus tempérée dans laquelle une part grandissante des citoyens vont être amené à se retrouver par la force des choses. Même la taille réduite peut devenir un argument et un facteur d’accessibilité du jeu à tout un chacun. Finalement, investir dans l’outils de production, qui peut même être mutualisé à travers un réseau d’éditeurs sur le territoire, réseau auquel des boutiques peuvent être intégrée. Je dis pas que c’est facile, mais c’est ce qu’une vision à long terme très pragmatique et éclairée devrait mettre en lumière.
Sur JoA, je vais dire que je n’ai pas été clair, je ne critique pas l’arrivée en magasin, je critique le fait incroyable que la version magasin comprend une base de matériel incompatible avec la version KS, ce qui tue dans l’oeuf la possibilité de développer des scénarios commun. Et le fait que MG met encore en avant l’exclusivité du matériel de cette version magasin pour des raisons fallacieuses (les boutiques l’ont demandé) alors qu’elle vise l’achat chez les pledgeurs (c’est évoqué noir sur blanc dans l’actu).
J’ai pas vraiment la possibilité de critiquer tes sources, je ne lis pas vraiment d’informations dans ton message, mais je t’aurais “pipoté” avec plaisir sinon… Et je ne sais pas d’où tu tire l’idées de “lectures anarcho-bla-bla” communes.
Pour être clair, si tu vas sur le topic Conan, en première page, il y a un post de ma petite personne qui dis que je soutiendrai le jeu Conan, et on y lit une sympathie à l’égard de “celui-que-j’adore-critiquer”. C’est pas la personne, c’est les choix, la justification donnée, le discours et l’idéologie productiviste que je critique. C’est pas une posture personnelle, c’est une réaction aux évolutions. J’ai été déçu car j’ai mis de l’espoir dans une personne que je pensais prête à developper un modèle économique novateur et à bousculer la façon de concevoir le JdS, notamment au fait de l’assurance - et parfois l’arrogance - qu’il a mis à convaincre que cela allait être le cas. Qui aime bien châtie bien, on dit, non?
@Fred Henry, merci également pour la réponse, mais de nouveau, là je me tire, je verrais plus tard pour répondre éventuellement.
Lalala dit :@Fred Henry, merci également pour la réponse, mais de nouveau, là je me tire, je verrais plus tard pour répondre éventuellement.
Ben on ne sera forcément pas d'accord. Mais j'essais de répondre point par point. je suis d'accord sur certains points, mais pas sur beaucoup d'autres.
Je te répondrais également ce soir Lalala. C’est bien l’une des premières fois que je t’accroche depuis mes 8 a 10 derniers posts sur tes sujets, donc champagne.
Mais ne t’étonne pas d la méthode utilisée, j’ai essayé quand même pas mal de fois avant, si tu ne réponds qu’à du passif-aggressif de ma part, c’est aussi parce que je ne m’appelle pas FH.
Autant je peux comprendre un argumentaire basé sur la dé-consommation, voir même pourquoi ces propos apparaissent dans un forum de frivolités comme les jdp.
Autant je trouve que c’est une cible très secondaire, voir tout aussi inutile en comparaison des masses que représente la consommation de nourriture, vêtements et produits industriels qui sillonnent quotidiennement la planète. Sans parler de leur transport et des saloperies camouflées dans notre vie de tous les jours.
Entendons-nous bien, je suis totalement d’accord sur le fait qu’on fonce droit dans le mur à plus ou moins court terme et qu’on se prépare un avenir à la Blade Runner.
Mais à part éveiller quelques consciences et toucher un entrepreneur qui prend la peine de répondre, ça ne rime pas à grand chose. C’est sûr, c’est plus facile que d’avoir une réponse, ou même un échange, avec les pontes de Monsanto, Nestlé et compagnie.
Je ne vois que ça pour justifier une telle croisade : la possibilité d’être entendu.
Pour préciser, je pense que les initiatives individuelles passent après les actes des grands groupes. Mais je peux me tromper. Et que l’éthique passe après la vie, et surtout la survie. Mais on est très loin du jdp, là.
Helyss dit :
Mais à part éveiller quelques consciences
Est ce que c'est déjà pas énorme? Les ruisseaux, les rivières tout ça.
Même si je soutiens ton propos: faire croire que ce sont les actions individuels qui vont changer les choses, c'est à mon sens utopique.
En même temps, prôner la limitation d’éléments immersifs dans les jeux de société, ce serait mener une croisade contre les améritrashs.
Peut être qu’au final Lalala ne fait que propagander un retour au sources : le Jeu de rôle…
Ah mais non, sinon il n’attaquerait pas spécifiquement Monolith (au vu de leurs prochains projets JDR)…
En tout cas je suis content que LeaucestNul a trouvé un rapport avec les Vegan, parce que mon exemple sur le post Batman n’avait pas été “apprécié”, et je le répète je suis pas un expert en Vegan hein ![]()
Qui plus est, le JDR, je n’ai jamais rien vu d’aussi jouissif et libertaire en JDP.
Et c’est économique et écologique dans le concept.
Après, il y a du marchandising, mais on peut s’en passer.
^^
@FranHoiss : Oui, éveiller des consciences, c’est bien. mais je ne crois pas que ce soit le lieu de prédilection pour le faire de façon efficace si c’est le but visé. On est dans la niche de la niche. Pour véhiculer un message, il y a mieux.
Qui plus est les vieux briscards ont déjà leur opinion sur la question et les jeunes plein d’allant ont déjà le mors aux dents ou s’en foutent… L’essentiel, c’est de respecter sa conscience, surtout.
Cette discussion de produire des petits sujets en plastique à l’autre bout du monde a été maintes fois rebattue, et chacun a déjà du se faire son opinion sur la question.
Il y a kkes jours/semaines, j’ai “découvert” la théorie de l’effondrement sociétal, mais surtout les mesures prises par des groupes de personnes (départ en province, jardinage, etc.). D’une part, je les trouve très catastrophistes (ou hyper-réalistes, l’avenir le dira) mais également très fleur-bleu pour penser qu’un retour à la terre suffira à préserver un semblant de cohésion. Perso, je crois que ça se fera dans le sang et les larmes et que personne (ou peu) ne sera épargné. Renaîtra quelque chose sur les restes fumant de notre ancien monde.
La deuxième solution étant que les puissants (mégacorp, etc.) réussissent à préserver leur prédominance en continuant à sacrifier le reste. Et là tout va se dégrader “gentiment” en devenant de plus en plus invivable. Comme la grenouille dans la casserole.
L’humain apprend très lentement de ses erreurs et les réitère. Mais il est aussi très adaptable et endurant.
En préambule : je ne réponds pas à quelqu’un en particulier, mais à une “idée ambiante” qui se dégage de chaque débat sur l’économie du Crowdfunding. Je ne sais pas quel ton vous lirez (passer une émotion à l’écrit tout ça tout ça…) mais c’est écrit sans agressivité. Je ne fais qu’essayer d’éclairer ces débats qui tournent en rond depuis 4 à 5 ans ou presque.
Ce qui est fou c’est de lire ces conversations et les mêmes arguments en boucle depuis maintenant 4 à 5 ans.
A La boite de jeu, nous faisons de la boutique et du KS.
D’ailleurs nous avons des jeux qui vont sur les 2 et des jeux qui ne vont que en boutique.
Je précise que :
>Nos modèles économiques boutiques sont fait avec des marges réalistes (donc nous ne travaillons pas avec des marges ultra-faibles en boutique comme je le vois parfois)
>Nous avons noués des partenariats avec des boutiques FR pour les intégrer à nos process KS (ça reste balbutiant mais c’est très globalement salué par ces dernières).
Concernant toutes les assertions que je lis sur KS vs retail ici ou sur facebook. Je constate que systématiquement, les arguments anti-KS (peu importe la taille du KS en question) sont donnés par des gens qui prennent une approximation et une estimation pour une vérité.
Ils partent souvent (en fait systématiquement) sur des chiffres erronés sur les volumes et les marges d’un côté et de l’autre et sur des généralités souvent tirés de fantasmes ou d’extrêmes (exemple : penser que les jeux en boutiques se vendent à plus de 20 000 pièces monde ^^).
C’est très compliqué pour nous (je veux dire les porteurs de projets) quelques soit notre taille ou nos pratiques de se défendre face à des “fake news”. Toutes ces “Fakes news” partent du principe que le modèle actuel retail est juste et que KS “tue les boutiques”, “fait trop de marge”, “se gave”, (ou d’autres choses du genre). Or c’est ce point là qui est le plus bancal.
Pour avoir de nombreuses discussion avec des éditeurs de ma “taille”. La plupart (ou une partie) n’ont pas des marges suffisantes dans le retail pour se dégager un salaire. Tout une partie de l’édition FR vie du chômage ou travaille sur ses soirs et week-ends. Le modèle retail actuel (je ne le critique pas je fais un constat) tient parce que les éditeurs pour partie travaille gratos ou pour des salaires de misère. Ce n’est clairement pas un modèle vertueux vue de ma lorgnette éditeur.
Dire à ces éditeurs que le modèle retail est “juste” ou “vertueux” par rapport à KS est strictement faux. Il est “viable” pour certains acteurs (boutique/distributeurs) et non-viable pour d’autres.
Du coup KS est simplement un modèle différent qui présente les mêmes intérêts et défauts mais pas pour les mêmes acteurs.
Après, tout le reste est jugement de valeur. Il n’y a pas de vérités absolues. Je suis pour la survie des boutiques (et je fais beaucoup d’opérations pour elles) mais cette survie là passera toujours derrière ma propre survie en tant qu’éditeur. Et je ne pense pas dire un truc incroyable en disant ça. Or aujourd’hui mes 4 salaires sont payés par KS. Sans KS, il n’y a pas de La boite de jeu. J’ai bossé 3 ans sur mes soirs et week-end (en plus de mon vrai boulot) je ne le referai pas. Or, sans KS pour tirer des marges, je ne paye pas les gars qui permettent de faire des jeux en boutique.
Et au final, qu’est ce qui fait réellement mal aux boutiques ? KS ou l’augmentation grandissante de la part de La Fnac, Cultura, Amazon ou des GSS sur le marché du jeu ?
Après, il y a des bons jeux sur KS, il y en a des nazes. Il y a des bons jeux dans le circuit classique mais aussi des nazes. Il y a des jeux surproduits et bons, des jeux surproduits et nuls etc… Il y a des jeux en retard dans le retail, et sur KS aussi.
La seule différence réelle, c’est que sur KS vous voyez les CA des jeux pas dans le retail.
Je rejoins donc parfaitement les arguments de Fred Henry et je le félicite de faire autant de pédagogie sur les chiffres face aux fakes news qu’on lie en permanence. Pour ma part, j’ai arrêté il y a un moment par découragement ![]()