A lire les gens, on voit que le principale intérêt de KS c’est le rapport Q/prix matériel grace au manque d’intermédiaire, ou la faisabilité de projet hors normes.
Par contre pour tout les petits jeux nottament les petits jeux de cartes un jeu KS revient bien plus chère que son équivalent du circuit en distribution à cause nottament des frais de port.
Là je souhaitais un petit jeu de carte, je fais un tour sur KS repère quelques projets puis fait un tour sur les sorties récentes du circuit traditionnel et je vois que dans ce cas de figure KS est vraiment pas compétitif, en gros 25€ contre 15/20€ pour un jeu en vf, dispo tout de suite, avec des avis dans le circuit traditionnel.
Bon ça s’explique car le côté amateur sur ce type de projet fait que tout les cout augmentent par la faible quantité produite ou l’inexperience des porteurs de projet.
Mais on voit nottament ici, que des projet non hors norme ont de plus en plus de mal à ce financer.
voici quelques exemples :
ce jeu de carte mais qui revient à 25€ soit assez chère pour un jeu de carte
https://www.kickstarter.com/projects/dailymagicgames/manasurge
En comparaison des nombreux jeux du circuit traditionnel.
Ce type de jeu à t’il un avenir sur KS passé le rêve de leur auteurs, et la nouveauté de KS ?
Monsieur More dit :Etant entendu que cette problématique n'est valable qu'en France (je ne sais rien de la situation de nos voisins proches) il m'apparaît que la réponse des boutiques vis-à-vis de KS et autres canaux de distribution est la diversification du modèle économique en plus du conseil.
Je m'explique, les joueurs core annoncent leur attachement à leur crémier, c'est une démarche empathique. Pourtant, comme joueurs core ils ont déjà l'info, le seul conseil qu'ils peuvent - a priori - attendre de leur vendeur s'apparenterait plus à débat d'esthètes pour flatter l'ego (aucun jugement de valeur dans cette phrase).
En conséquence, la boutique développe d'autre sources de revenus et je pense là à un exemple concret d'un proche : l'investissement dans le secteur du JCC - tournoi, vente, animations etc...
La majorité des boutiques font déjà du JCC, on n'est pas vraiment dans la diversification, je trouve (un peu, l'arrivée de tournois, entre autres, est une forme de diversification).
Rares sont les joueurs purement empathiques : un bon crémier arrive toujours à proposer des choses qui sortent un peu de l'ordinaire, même aux joueurs core. Tous les joueurs core ne cherchent pas ça, certains viennent uniquement pas empathie ou méfiance envers le système de vente par internet, mais il y a des core qui peuvent encore être (un peu) surpris par leur crémier.
juls-m dit :A lire les gens, on voit que le principale intérêt de KS c'est le rapport Q/prix matériel grace au manque d'intermédiaire, ou la faisabilité de projet hors normes.
Ca quand même l'air d'être une minorité de jeux. J'ai quand même l'impression que l'inflation du prix des jeux en ce moment est en grande partie dûe à des projets KS qui ont "validé" cette idée qu'on pouvait vendre des jeux hors de prix et que ça pouvait marcher. Assaut sur l'empire est un succès en boutique malgré un prix délirant. Perso, le rapport qualité/prix des jeux KS en général ne me semble pas profondément supérieur à ce qui existe dans le circuit tradi (on peut évidemment trouver des exceptions).
loïc dit :La majorité des boutiques font déjà du JCC, on n'est pas vraiment dans la diversification, je trouve (un peu, l'arrivée de tournois, entre autres, est une forme de diversification).
Rares sont les joueurs purement empathiques : un bon crémier arrive toujours à proposer des choses qui sortent un peu de l'ordinaire, même aux joueurs core. Tous les joueurs core ne cherchent pas ça, certains viennent uniquement pas empathie ou méfiance envers le système de vente par internet, mais il y a des core qui peuvent encore être (un peu) surpris par leur crémier.
Loin de moi l'idée de généraliser. De l'expérience dont je parle, et avec toutes les réserves d'usage : il s'avère que le modèle économique initialement prévu visait le jdr et le jds. Les fairs ont prouvé que pour la survie économique, le jcc et le jds s'avère être les meilleurs sources de revenus (j'ai les chiffres en tête mais ne m'appartenant pas je n'ai aucune légitimité ni droit à communiquer ces données). Mon propos vise cependant à dire :
- le jcc est un revenu récurrent qui assure un plancher de CA
- le jds est un revenu "plus" rentable dont la présence est nécessaire à la génération de bénéfices et de profit.
Encore une fois je précise pondérer mon propos en le situant géographiquement en France. Ce pays est indéniablement un marché, mais il ne suffit pas à caractériser le jds à l'échelle mondiale.
Sur la question de l'empathie je concède avoir évoqué ces points uniquement de mon point de vue personnel, qui n'est certainement pas représentatif. Et évidemment je ne souhaitais pas faire de mon cas une généralité (sur ce point en particulier).
Sur ces entrefaits, merci aux intervenants de participer à re-rendre le débat lisible (sans ironie aucune)
Monsieur Phal dit :Cher Monsieur,
voici ce que j'ai écrit.Le problème de votre vision, de votre façon de penser la com, c'est qu'on arrive à des extrémités que certains refusent. Et j'en fais parti.c'est quoi qui n'est pas clair ? C'est quoi qui fait penser que je suis contre la com ? Le passage "on arrive à des extrémités" n'est pas clair ? Cela veut dire que je rejette tout ou seulement les extrémités a bases d'abus ?
bien à vous.
monsieur Phal
Je pense que tout être humain normalement constitué est d'accord avec ce propos. Dites-moi si je me trompe.
Un exemple, la pub pour Opel qui passe en ce moment : le gamin du voisin vient troller sur le fait que le gars peut pas se payer la nouvelle Opel... merci Opel, avec cette pub vous faites en sorte que je n'ai plus aucune considération pour vous, je ne serai donc pas client chez vous. Je ne sais pas qui est le connard qui a imaginé cette pub, mais c'est vraiment s'appuyer sur toute la bassesse dont l'être humain peut faire preuve, c'est cynique, méprisant,... hop, poubelle. Ca c'est ce que je considère comme honteux et en-dessous de tout.
Pour le reste, je pense qu'il faut être pragmatique et admettre que les codes tacites qui se sont mis en place sur KS ne sont pas le fait de personnes voulant manipuler, mais bien du fonctionnement de l'être humain et de sa psychologie : annoncer un prix exorbitant fera fuir les backers, de même qu'un seuil démesuré (même s'il est réaliste pour le porteur).
Le fait d'annoncer un seuil de financement plus bas que ce qu'on nécessite n'est pas un mensonge SI ET SEULEMENT SI on est prêt à prendre le risque de devoir financer le manque soi-même pour honorer le contrat.
Il y a une prise de risque et cela signifie que rien n'est acquis, ce n'est pas un achat pour le backer, dans le sens où il peut ne pas recevoir sa contrepartie... et le pledge d'un backer n'est pas assuré pour le porteur, sachant que le backer peut retirer sa mise pendant ou après le KS.
loïc dit :juls-m dit :A lire les gens, on voit que le principale intérêt de KS c'est le rapport Q/prix matériel grace au manque d'intermédiaire, ou la faisabilité de projet hors normes.
Ca quand même l'air d'être une minorité de jeux. J'ai quand même l'impression que l'inflation du prix des jeux en ce moment est en grande partie dûe à des projets KS qui ont "validé" cette idée qu'on pouvait vendre des jeux hors de prix et que ça pouvait marcher. Assaut sur l'empire est un succès en boutique malgré un prix délirant. Perso, le rapport qualité/prix des jeux KS en général ne me semble pas profondément supérieur à ce qui existe dans le circuit tradi (on peut évidemment trouver des exceptions).
Les jeux sous licence (et particulièrement Star Wars) font gonfler le prix, là en plus ils surfent sur la vague 'nouveau film', le perplexus à 45 euros, pareil c'est plus élevé parce que tu paies la licence. C'est pas la faute aux jeux KS, en tous cas pas pour ce que tu cites, y a juste des clients prêts à raquer parce qu'il sont fanboys et donc l'éditeur en profite (et Disney aussi).
Quand je regarde le prix d'un KS et ce qui est proposé, pour l'instant dans tout ce que j'ai backé, j'ai pas l'impression d'avoir été floué et/ou d'avoir retrouvé en boutique le même deal... et quand bien même, je serais content d'avoir aidé à financer le jeu.
@ Kiwitoast. Le seuil de financement est une somme minimale à partir de laquelle le porteur de projet s engage a le faire aboutir. Ce qui est scandaleux à la limite c est d annuler une campagne qui aurait atteint son seuil. Alors là oui il y a tromperie. Mais si le porteur est pret a mettre au bout ce qui manque je ne vois pas le problème. Idem pour les SG. Ça fait parti du jeu KS. Et bien sur qu il y a des techniques marketing propres a KS, comme les SG, mais je ne vois pas le problème. KS propose ou proposera un deal gagnant/gagnant entre le cient et le porteur. J imagine que dans ta boutique tu utilises aussi des techniques marketing (mise en avant des produits sur les rayons, soldes, réduction fidélité, prix psychologique etc.). Simplement ces codes sont ceux des boutiques et pas de KS. Rien ne t empecherait de proposer des bundles du type 3 jeux achetés le 4eme gratuit (ben ça commencerait à ressembler à du SG). KS est un commerce. Une sorte de grosse boutique en ligne qui fait de la précommande . La notion de “don avec contrepartie” est juste un artefact fiscal qui est en train de tomber, puisque l on voit bien qu il y a sur le jds KS un principe de proportionnalité entre la valeur du don et la valeur de la contrepartie. Si KS était une société philantropique elle caperait alors le “don” et surtout la “contrepartie”.
De la même manière, si KS était une société philantropique il n y aurait pas de politique de remboursement ni de possibilité d annuler son “don”.
@ Loic. Tu as raison, KS a effectivement validé que l on pouvait vendre des jeux très chers. Ce qui était impossible jusque là en boutique. Parce qu en boutique tu peux étaler dans le temps tes achats et pas sur KS (j imagine que la plupart des FFG avec la totalité des leurs extensions t amènent à des prix forts conséquents). Sur KS ce qui choque c est que l achat se fait par gamme complète plutôt qu à la piéce. Mais je peux t assurer qu à terme en tout cas, les projets qui n offrent pas un différentiel de prix drastique avec un prix boutique son condamnés par avance. Car ils n ont aucun avantage comparatif (au sens de M. Porter). Où alors leur avantage comparatif doit se trouver ailleurs que dans le prix (thème trop trash pour les boutiques par exemple ou à contenu sexuel explicite qui en condamne par avance la vente en boutique).
Pikaraph dit :
Un exemple, la pub pour Opel qui passe en ce moment : le gamin du voisin vient troller sur le fait que le gars peut pas se payer la nouvelle Opel... merci Opel, avec cette pub vous faites en sorte que je n'ai plus aucune considération pour vous, je ne serai donc pas client chez vous. Je ne sais pas qui est le connard qui a imaginé cette pub, mais c'est vraiment s'appuyer sur toute la bassesse dont l'être humain peut faire preuve, c'est cynique, méprisant,... hop, poubelle. Ca c'est ce que je considère comme honteux et en-dessous de tout.
purée j'avais même pas pensé à ça, moi ce qui m'a gonflé c'est le blaireau qui à l'âge d'être le frère du gamin et looké comme un hustler white
t'as pas d'opel t'es pas chébran (et en plus oué t'es qu'un pauvre)...enfin des pubs qui dérapent y'en a plus d'une
fred henry dit : Mais je peux t assurer qu à terme en tout cas, les projets qui n offrent pas un différentiel de prix drastique avec un prix boutique son condamnés par avance. Car ils n ont aucun avantage comparatif (au sens de M. Porter). Où alors leur avantage comparatif doit se trouver ailleurs que dans le prix (thème trop trash pour les boutiques par exemple ou à contenu sexuel explicite qui en condamne par avance la vente en boutique).
pourtant depuis que KS existe, je vois des jeux de base chers, dont la valorisation se fait uniquement par les "cadeaux" dans les SGs (ex : CMON qui sont des orfèvres pour ça)...je serai étonné que l'évolution se fasse ainsi, car les porteurs de projet arrivent à toucher des cordes sensibles (matos exclusif pour la collectionnite anal ou tout simplement pour varié/rallonger l'expérience de jeu)
fred henry dit :@ Kiwitoast. Le seuil de financement est une somme minimale à partir de laquelle le porteur de projet s engage a le faire aboutir. Ce qui est scandaleux à la limite c est d annuler une campagne qui aurait atteint son seuil. Alors là oui il y a tromperie. Mais si le porteur est pret a mettre au bout ce qui manque je ne vois pas le problème. Idem pour les SG. Ça fait parti du jeu KS.Je suis d'accord la dessus. Sauf qu'à mes yeux une plateforme de financement participatif n'est pas un site de préventes, et ne devrait donc pas être utilisée par des entreprises qui peuvent se permettre de réaliser le projet même en perdant des dizaines (centaines ?) de milliers d'euros. C'est pour ça que je disais que je suis idéaliste (et je rajoute naïf :p).
Pour la suite, je ne suis pas du tout d'accord. Enfin, je sais bien que ton approche est la plus pragmatique, qu'elle est partagée par de nombreux pro du secteur, mais je pense que l'utilisation de KS comme outil marketing et plateforme de pré vente est un détournement de la vocation initiale du site. Il se trouve que KS est une entreprise, et que ce détournement de ses services lui rend bien service, donc ils réorientent (ou vont le faire) leur activité plutôt que de se recentrer sur ce qu'ils proposaient à la base. Mais je trouve ça dommage et dommageable pour les porteurs de projets amateurs qui cherchaient des financements via ces plateformes.
Et comme je l'ai dis sur une autre partie de ce forum, puisque les plateformes de financement participatifs sont clairement vues comme de simples sites de pré vente, il faut arrêter de les citer là ou les noms de boutiques ne sont pas autorisés. Non ?
@ Kiwitoast. Je comprends tout à fait ton point de vu et il est totalement légitime : si KS est une boutique en ligne de précommande en parler viole le réglement. Et là on risque de tomber dans la réthorique et je pourrais te dire que KS est une plateforme utilisée “comme” une boutique mais qui n est pas une boutique puisque ce n est pas leur raison sociale mais qu elle n est qu un intermédiaire qui n achete pas de marchandise. Mais effectivement on joue un peu sur les mots. Là juste maintenant je pense que tu as raison. Mais j ai besoin d y réfléchir.
Le seuil de financement c’est un peu comme un prix d’appel. Ca se pratique dans plein de domaines depuis la nuit des temps.
KiwiToast dit :Et comme je l’ai dis sur une autre partie de ce forum, puisque les plateformes de financement participatifs sont clairement vues comme de simples sites de pré vente, il faut arrêter de les citer là ou les noms de boutiques ne sont pas autorisés. Non ?
J’avais pas pensé à ça. Je sais pas si c’est dans le sujet, mais effectivement tu mets le doigt sur un truc.
fred henry dit :KS est un commerce. Une sorte de grosse boutique en ligne qui fait de la précommande .
Perso j'ai connu les plateforme de financement via des projets pas du tout basés sur la consommation mais plutôt l'angle caritatif, où les contreparties étaient plus de l'ordre du "bonus de gratitude" (tjrs inférieur) vu que les pledgeurs avaient plutôt une position de mécènes.
Donc même si c'est certainement pas la majorité de l'utilisation j'ai l'impression que KS est assez neutre et qu'au final ça dépend de l'angle d'attaque de la campagne bien plus que de la plateforme, non?
KiwiToast dit :
Je suis d'accord la dessus. Sauf qu'à mes yeux une plateforme de financement participatif n'est pas un site de préventes, et ne devrait donc pas être utilisée par des entreprises qui peuvent se permettre de réaliser le projet même en perdant des dizaines (centaines ?) de milliers d'euros. C'est pour ça que je disais que je suis idéaliste (et je rajoute naïf :p).
Chacun son idéal, moi c'est de ne pas avoir 80% de ce que je paye qui parte dans la poche d'intermédiaires qui ne m'apportent rien. Je préfère qu'ils restent en partie dans ma poche, et en partie dans celle de ceux qui sont vraiment indispensables (auteur, artistes, fabricants). J'imagine qu'on ne doit pas se situer au même niveau de la chaine, tous les deux....
KiwiToast dit :
Pour la suite, je ne suis pas du tout d'accord. Enfin, je sais bien que ton approche est la plus pragmatique, qu'elle est partagée par de nombreux pro du secteur, mais je pense que l'utilisation de KS comme outil marketing et plateforme de pré vente est un détournement de la vocation initiale du site. Il se trouve que KS est une entreprise, et que ce détournement de ses services lui rend bien service, donc ils réorientent (ou vont le faire) leur activité plutôt que de se recentrer sur ce qu'ils proposaient à la base. Mais je trouve ça dommage et dommageable pour les porteurs de projets amateurs qui cherchaient des financements via ces plateformes.
Là encore, j'ai une lecture très différente: je vois que les grosses locomotives (CMON, Conan...) attirent des nouveaux pledgeurs sur les sites de financement participatifs, et une fois qu'ils ont "franchi le pas" sur ces projets, ils vont pledger beaucoup plus facilement sur les petits projets, y compris dans des secteurs autres que le JdP. Les gros projets ne font pas de l'ombre aux petits. Peut-être se font-ils de l'ombre entre eux, mais même ça n'est pas évident.
fred henry dit :@ Kiwitoast. Je comprends tout à fait ton point de vu et il est totalement légitime : si KS est une boutique en ligne de précommande en parler viole le réglement. Et là on risque de tomber dans la réthorique et je pourrais te dire que KS est une plateforme utilisée "comme" une boutique mais qui n est pas une boutique puisque ce n est pas leur raison sociale mais qu elle n est qu un intermédiaire qui n achete pas de marchandise. Mais effectivement on joue un peu sur les mots. Là juste maintenant je pense que tu as raison. Mais j ai besoin d y réfléchir.
Sur le fond, je n'ai jamais compris pourquoi on a le droit de citer des jeux, des maisons d'édition, des fabricants... mais pas des boutiques.
(Après avoir écrit ce message, je ne pensais plus pouvoir l’envoyer vu la tournure des echanges. J’écris trop lentement pour que ça s’insère correctement dans le flux, mais il me semble que c’est de nouveau en lien avec les echanges)
Pour revenir sur plusieurs points évoqués précédemment.
@F Henry : Alors, j’ai travaillé avec le CPN mais je n’en suis pas issu (désolé pour le MP du coup).
J’ai cité aussi Bernard Cova, je pensais à ses travaux sur les ducatistes et sur le site de T-shirt La Fraise. Je vois des liens entre Conan (ma principale expérience de KS, je reconnais donc une vision biaisée) et ce qu’il raconte sur la manière dont les fans des motos Ducati contribuent gratuitement à l’élaboration de modèles dont ils seront les acheteurs alors que ces modèles sont comparativement plus chers que ceux de la concurrence. De même, il explique comment le fait qu’un de ces ducatistes ait été embauché chez Ducati rend la chose possible aux yeux de tous et renforce l’attachement de tous à l’entreprise.
Merci de souligner l’importance de la question de la redistribution du pouvoir liée à la désintermédiation. Mais en lisant les échanges (enfin ceux qui ne traitent ni de testicules, ni de haches et surtout pas ensemble), un autre point me semble apparaître : la question du don.
Le financement participatif (auquel je ne réduis pas KS et cie) porte en lui le phantasme d’un don quasi altruiste. La désintermédiation accompagnerait un grand mouvement de demarchandisation permettant de rapprocher le peuple et l’économie réelle (je force le trait). Je pense que certains ont ça en tête lorsqu’ils pledgent. Cette idée peut être renforcée par l’appel à la collaboration des clients. Plus cet appel à collaboration se traduit dans les faits (participation aux tests, rencontres et échanges avec les créateurs dans les conventions, maintien de la relation via les forums…) plus se renforce un sentiment de cohésion, une solidarité. Le client-contributeur se sent devenir un peu plus partenaire, membre d’un groupe, d’une communauté.
Or, on sait (cf. Sahlins) qu’entre les membres d’un groupe aux relations denses, les échanges se font sur le modèle du don/contre-don. Précisons que le don n’a rien d’altruiste et qu’il renvoie à un échange qui ne se veut ni symétrique ni à réciprocité immédiate. Je donne (parce que j’y trouve un intérêt) tout en sachant que je recevrai à mon tour (pas forcément de celui à qui j’ai donné, mais de quelqu’un qui est inscrit dans le même type d’échange) et je ne sais pas quand je recevrai.
Plus on s’éloigne du groupe aux liens forts plus les échanges deviennent des echanges marchands, le don laisse la place au troc, la symétrie et une réciprocité plus immédiate sont attendues.
Au regard de ça, dans les projets KS, se retrouvent des personnes qui peuvent se sentir “appartenir” à une communauté aux liens interpersonnels plus forts et qui s’inscrivent dans un modèle d’échange s’apparentant à du don/contre-don (je dis bien s’apparentant). Combien ont participé au financement de Conan parce qu’ils avaient envie de soutenir Fred et Erwan dans un projet qu’ils suivaient depuis des mois, auquel ils avaient contribué, qu’ils avaient relayé ?
Pour tous les bakers qui ne s’inscrivent pas dans ce registre de la solidarité, qui entretiennent des liens “faibles” avec les porteurs du projet, le don laisse la place au troc (“je vais peut être te donner tant si tu me donnes ceci où cela…”) voire à l’échange marchand pur : je paie pour avoir ton produit (ce qui peut aussi traduire une déviance de KS ou une méconnaissance du système de crowdfunding les clients le confondant avec un site d’achat en ligne avec super promo). C’est là que réapparaît mon contremaître : dans le contrôle du respect de la symétrie et de la réciprocité (pas immédiatement mais respectant les délais qu’il a accepté).
La difficulté pourrait venir de la cohabitation de différentes populations qui entretiennent des liens plus ou moins distendus avec le projet (ses porteurs), les uns prêts à dépasser ce que les autres jugent raisonnable : on se retrouve avec des personnes désignées “fbdm” qui font all-in tout en disant qu’ils ne joueront pas avec tout. Ces mêmes fbdm voient leurs liens renforcés par des échanges fréquents, la mobilisation de private jokes qui ont aussi pour effet d’exclure “ceux qui n’en sont pas”. In fine, ceux qui donnent le plus (pas seulement en argent) sont aussi ceux qui sont les plus tolérants au regard des écarts car ils s’inscrivent dans un système de don/contre-don : avoir donné leur a déjà rapporté (du statut, un positionnement, des relations…) et ils savent qu’on leur rendra (le groupe des fbdm auquel ils appartiennent l’a déjà fait : du lien, de la reconnaissance) et peu importe quand. On pourrait aussi ajouter que vu leur positionnement et leur investissement il leur est difficile de se déjuger.
L’analyse plaiderait en faveur de la constitution d’un cœur aux interrelations denses permettant de placer l’échange dans le registre du don puisque cela garantirait une base stable et tolérante aux dérives. Mais cela a un coût important, est chronophage et énergivore.
Tout ça mériterait sûrement d’être creusé, discuté et affiné.
Cher Lsk90, ça fait vraiment plaisir de lire ce genre de post ! Ce fil est excellent (quand il est constructif)!
C’est tombé sur toi, tu n’es pas le seul à poster des trucs supers mais la vie est injuste.