Tu déforme complètement mon propos.
Je n’ai pas dit on ne peut plus rien dire, j’ai dit qu’on ne peut pas en appeler à l’appropriation culturelle pour tout et n’importe quoi.
En effet, l’appropriation culturelle peut être un problème quand la référence à la culture de l’autre est mal intentionnée ou ignorante.
Mais quand une « culture » utilise un mot dans un sens qui n’est pas celui d’une autre, faut pas exagérer. Ben oui, le mot meme, de dawkins et de la biologie en passant par la culture geek et en arrivant au langage de la majorité des gens a changé. Ce n’est pas de l’appropriation culturel c’est de l’évolution du langage.
Quand Zemmour crie à l’appropriation culturelle parce qu’Aya nakamura chante la vie en rose, c’est de la manipulation populiste.
Quand on condamne médiatiquement un acteur français qui récite de l’aime Césaire, c’est de la manipulation identitaire. Il faut être noir pour comprendre aime Césaire et blanc pour Victor Hugo ? Je ne pense pas. C’est d’un autre bord que de celui de Zemmour, mais du meme niveau.
Quand on fait des black faces pour jouer du jazz, en effet, on est irrespectueux, quand on pille un lieu sacré pour une culture aussi. Il y a plein d’autres exemples justifiant le concept, mais aujourd’hui, c’est devenu un simple argument de mauvaise foi identitaire.
Utiliser aujourd’hui le terme d’appropriation culturelle pour tout et n’importe quoi est devenu une arme identitaire qui a pour but de diviser et d’essentialiser, radicaliser.
C’est aussi comme ici l’interdit ultime. « Non mais… ce mot est utilisé autrement que moi, c’est de l’appropriation culturelle ! »… ouai… sauf que toi meme tu te l’ai approprié d’ailleurs et comme un quart du vocabulaire courant du français en fait, des mots piqués à d’autres langues et qui ont évolués de façon autonome à l’emprunt.
Le phénomène de l’appropriation culturelle mérite un peu plus de respect que cette récupération dialectique, manipulatrice et de basse politique.