Troisième Essen pour ma part. Et pas déçu !
Deux jours passés à écumer le salon, en croyant avoir vu tout ce qu’il y avait à voir, et j’hallucine en lisant le CR des autres. En fait, je n’ai quasiment rien vu ! Et ça me fait cette impression chaque année.
Bref, tout a commencé par un réveil à 4h30 du matin le samedi. Dur. 5h00, direction l’aéroport Lyon Saint Exupéry avec mon frère et deux amis.
Avis aux habitants de Lyon et de sa région, il existe un vol régulier de Lufthansa entre Lyon et Düsseldorf (20 km entre l’aéroport et le Messe). La veille du salon, l’aller retour est à près de 500 €, mais en réservant dès le mois d’avril, nous avons eu les billets pour… 98 € par tête. Ajouter une voiture de location (le train est vraiment cher et moins souple) pour une centaine d’euros à diviser, et le tour est joué pour à peine plus cher qu’une boîte de Zombicide.
6h35, décollage. 1h30 plus tard, atterrissage. Récupération de voiture, trajet, achat des tickets, et nous voilà dès 9h00 devant les portes du hall principal, prêts à en découdre. La lecture de Spielbox en allemand nous occupera peu de temps, on ne parle pas allemand.
Le temps de dévisager quelques illuminés déguisés et maquillés (qui en orque, qui en moine, qui en espèce de chose qui est maquillée pour faire en sorte de croire qu’il peut ouvrir sa peau avec une fermeture éclair (je sais c’est un peu confus mais je ne trouve pas les mots)), les portes ouvrent à 9h45.
Là, nous appliquons une technique rôdée lors des précédents Essen : moi voir table, moi vite me faufiler et moi m’asseoir table. Parce qu’il faut savoir une chose [mode clichés on]. Pour mon premier Essen, je me disais : « Attention, ici, on est pas en France, mais en Allemagne, pays de l’ordre et de la discipline. Alors tu fais pas ton boulet de français à pousser tout le monde et du prends un ticket !». [Mode clichés off]. En fait non, c’est chacun pour sa peau, même si en réalité, tout se déroule facilement. Une fois installés, on regarde le jeu et on fait un début de partie.
Bref, cette technique présente plusieurs avantages : on ne fait pas le pied de grue pendant 1 heure à côté DU jeu que l’on veut essayer, tout ça pour se faire piquer la table parce qu’on a tourné la tête au mauvais moment, on fait de vraies découvertes car on ne sait jamais sur quoi on tombe, et on finit toujours par jouer aux jeux qu’on voulait tester. Il suffit de repasser régulièrement devant le stand en question, et on finit pas voir une table se libérer.
Donc nous voilà à traverser l’immense stand Asmodée à l’entrée du salon. C’est à peine croyable, mais bien qu’arrivés tôt, les tables sont déjà toutes prises. Hop, une table vide, je me jette dessus. Le sort nous jette sur Concept, jeu abstrait que je n’aurais jamais essayé de moi-même (j’aime pas les jeux abstraits). Au final, une sorte de Taboo où on parle pas. Il faut expliquer des mots en posant des cubes en plastique sur des Concepts identifiés par des images sur le plateau. Une vraie bonne surprise et une bonne idée. Par contre, c’est une boîte en allemand, qui nous limite pas mal dans le choix des mots. En une quinzaine de minutes, on a compris de quoi il s’agissait et nous repartons.
C’est là que je découvre la faille de notre plan. A l’ouverture, il faut certes vite trouver une table, mais de préférence une table avec un jeu qui dure un peu ! En effet, à 10h00, les parties viennent toutes de commencer, et peu de tables tournent.
Mais heureusement, après quelques minutes, on trouve un endroit où s’installer. Une jeune hollandaise habillée en treillis nous explique de façon claire les règles de Countdown Spec Ops. En gros, c’est CounterStrike en jeu de plateau. En fait non, y’a pas de plateau, juste des cartes représentant des terroristes, des otages ou des civils qu’on empile et qu’on agence pour former des pièces. En gros, c’est je rentre dans une pièce (retourne les cartes), tire sur tout ce qui bouge (je balance un dé), je sauve les otages et je sors. Pas nul, mais pas très original. Un système d’expérience permet d’améliorer ses stats et son efficacité, mais bon… Nous avons joué à la version simplifiée, mais nous ne sommes pas subjugués.
La chance nous sourit car à peine sortis de cette partie une table de Relic Runner se libère juste sous notre nez. Joli jeu, joli matériel, intéressant. Bref, le jeu est déjà dans les boutiques et la fiche TT doit fourmiller d’avis.
La dessus il est plus de midi et il est temps de contenter nos estomacs. La matinée a été longue et il est temps d’aller déguster la spécialité locale, la Bratwurst. Sur le salon, il s’agit d’une grosse saucisse à la composition inconnue de 15 cm de long, logée dans un petit pain de 5 cm coupé en deux (oui, ça dépasse). Au moins, c’est vite avalé.
Hop, changement de Hall. Au détour d’une allée, je tombe sur un jeune auteur chevelu et enthousiaste qui nous fait essayer son prototype du jeu Lobotomy. C’est une sorte de copie de Zombicide en pas pareil puisqu’il s’agit de s’échapper d’un hôpital psychiatrique où les malades remplacent les Zombies. Une ambiance un peu à la Arkham ressort de tout ça, mais rien de très original. De plus, ce type de jeu brille surtout par leur ambiance, et le fait de jouer un prototype nuit franchement à l’immersion. On joue 3-4 tours de jeu par respect envers l’auteur qui a l’air franchement content de lui, et on file.
Petit détour chez Ludimaniac pour acheter la saison 2 de Off the Dead, et là, un stand attrape mon regard. Nous sommes chez Cranio Créations, et Steam Park expose aux regards sa plastique avantageuse sur une dizaine de tables. Je n’avais encore jamais entendu parler de ce jeu, mais visuellement, j’ai craqué illico. Et, signe du destin, une table se libère pile à ce moment là. On s’installe on joue. Une très belle découverte. Un matériel impeccable, un mélange subtil de lancer de dés, de rapidité, de réflexion et de gestion pour placer ses achats. Une règle expliquée en 5 mn, tout y est. En plus, l’illustratrice responsable de mon coup de foudre visuel est là pour faire des dédicaces. Renseignements pris, le jeu devrait sortir en France dans les prochaines semaines, mais je craque pour une boîte en anglais et repars avec ma petite dédicace rien que pour moi dans le couvercle.
Bien lancés, nous repassons devant le stand Krosmaster où les superbes figurines issues du monde de Dofus nous font de l’œil. Table libre, on s’assoit. Un passionné de chez passionné du jeu nous explique la règle (en français, c’est appréciable). On joue sur un proto de Krosmaster Arena mais ça ne se sent pas trop. On ressent bien l’inspiration viédoludique, mais l’ensemble reste décevant. Je me déplace, je ramasse des cacas (véridique), je loot du bois et des pierres que je peux revendre au marché, et je tourne en rond pendant trois plombes pour essayer de taper sur un bouftout. Le jeu semble avoir un chouette potentiel sur la durée, avec la possibilité d’augmenter la taille de son inventaire et de gagner de nouveaux pouvoirs. En revanche, difficile d’accrocher vraiment sur un salon, d’autant plus que notre animateur (qui joue les Bouftout) est vraiment tout seul dans son truc. Son explication de règles est très technique, et on dirait qu’il joue vraiment pour sa vie lors des combats. Lassés, nous quittons la table après 3 tours de jeux, ce qui a eu l’air de franchement contrarier notre hôte, qui aurait visiblement voulu finir sa partie.
La journée tire à sa fin, et nous repassons devant le stand francophone, où nous avons chaque année fait de belles découvertes : Rallyman et Wirakocha en 2011 et Karnag en 2012. En plus, à chaque fois, les auteurs des jeux sont présents, ce qui est un plus indéniable. Et cette année ne fait pas exception. Une table de Rockwell se libère, et l’auteur du jeu himself nous explique la règle. Le jeu s’avère bien moins complexe qu’il n’y paraît au premier abord, et nous passons les derniers moments du salon à forer vers le centre de la terre, dans un jeu au thème original. Une moitié du jeu est classique avec du placement d’ouvriers pour définir l’ordre du tour, avec quelques capacités spéciales, pour pouvoir vendre les précieuses ressources récoltées et enfin acquérir des améliorations pour ses foreuses. L’autre partie est plus originale, avec un plateau aléatoire représentant les différentes couches de la croute terrestre. Il s’agit d’un jeu compétitif, mais dans lequel on doit quand même coopérer pour pouvoir forer toujours plus profond. Mais à chaque fois, l’un des joueurs aura une plus grosse part de gâteau que les autres, ce qui donne une très bonne subtilité au jeu. Je recommande.
Il est l’heure de quitter le salon après une première journée bien remplie. Je vous passe les détails de la soirée à base de Altbier, Weissbier, Franziskaner, etc… La température, douce, pousse les gens à sortir et le centre d’Essen est bien animé. Les terrasses sont bien remplies et nous en profitons pour boire un petit cocktail. Mention spéciale au restaurant Bosniaque perdu aux abords du centre ville. Retour à l’hôtel, détour au bar pour une dernière Altbier, ou Weissbier, on ne sait plus bien, et dodo.
Deuxième jour de salon. La tactique de la table vide nous pousse dans les bras de The Witches. Et oui, parfois, le destin est cruel. L’explication des règles est une catastrophe. Dans un anglais teinté d’accent allemand, un jeune homme fort sympathique au demeurant nous explique les règles avec un sens de la pédagogie qui ferait passer mon prof de microéconomie de deuxième année pour un vrai farceur (ceux qui ont étudié la microéconomie me comprendront). On est sur un jeu au thème fort, et au terme de l’explication, certes on sait comment se déplacer et quand lancer des dés, mais on ne sait même pas quel est le but du jeu. Si, je suis mauvaise langue, on doit marquer des points de victoire (original ça). Donc, si on résume, le jeu tel qu’il nous a été présenté consisterait à se promener pour résoudre des problèmes en lançant des dés pour gagner des points de victoire en buvant du thé. C’est pas sexy et original ça ? C’est dommage, parce que j’avais envie d’aimer le jeu, qui mériterait une seconde chance, mais il fallait qu’on passe à la suite.
Chez Repos Prod, nous nous installons à une table de Rampage. J’ai bien aimé. Il ne faut pas chercher de la grande stratégie, mais l’ambiance est présente autour de la table, et le jeu a le mérite de proposer quelque chose de jamais vu.
Dans une autre ambiance, nous nous essayons à Canalis. Et attention, on est dans une autre catégorie. Matériel propre mais vraiment austère. Il s’agit de gagner des points de victoire (originalité, quand tu nous tient) en fabricant des bâtiments. Genre une scierie par exemple. Sauf que la scierie, pour fonctionner, a besoin de bois et de main d’œuvre, qu’il faut donc connecter à l’aide de canaux (d’où le titre). Une fois cela fait, il faut la relier au port à l’aide d’un…canal. Je vois que vous suivez. Une ville se forme petit à petit. Tout cela se combine avec un système de draft et des objectifs secrets. Une bonne idée, mais l’austérité du matériel n’aide vraiment pas.
Le salon tire à sa fin. Nous passons devant Gears & Pistons. Un jeu dans lequel seul le thème est original. Il s’agit de construire une voiture type début du siècle en collectant les éléments essentiels (moteur, volant, roues, etc…). Un jeu de placement d’ouvriers purs et durs à la rejouabilité douteuse même si j’ai passé un moment agréable.
De retour vers la sortie, nouvelle claque. Il s’agit de Northwestern Passage. J’ai vraiment aimé, le thème est bien rendu, le matériel est mignon tout plein. Le paysage se construit petit à petit sous nos yeux, la rejouabilité semble énorme.
Un détour au stand Cuboro, et il est temps de partir, direction l’aéroport, après un week end bien rempli.
Nous avons ramené :
Des cuboros (c’est un truc de dingue, mon fils est addict et moi aussi http://www.youtube.com/watch?v=2aOTbGCLa7g)
Rockwell
Steam Park
Rampage
Northwestern Passage
Off the Dead Saison 2
Des goodies
PS : et oui, c’est l’avantage (ou l’inconvénient c’est selon) de l’avion. On est obligés de sélectionner. De ramener peu mais ramener bien !
Félicitations aux courageux qui sont arrivés au bout de ce texte !