Question caricature, tu te poses.
Question enfoncer des portes ouvertes aussi.
Bon même si la presse ludique est rarement viable de nos jours je me pose une question.
Si c’est le format papier qui est en majorité la cause du déclin, pourquoi il existe encore une presse plus varié et dynamique pour les jeux vidéo et les jeux de figurines?
Voir même si on sort du milieu jeux, pourquoi autant de titres en informatique ou nature ou cuisine?
Je ne dis pas que c’est hyper florissant et glorieux, ni que ces secteurs n’ont aucun problème.
Mais pourquoi dans ces domaines le papier a réussi à survivre à l’internet et pas ceux dans notre secteur?
Une immense majorité de ces publications survit grâce aux 2 médias : digital et papier.
Ce n’est que mon avis :
A moins d’avoir un livre ou un mook, ou un objet très spécifique (comme posséder un 33 tours alors qu’on va écouter majoritairement l’album en démat’), le nouveau J&S ne tiendra pas juste avec le format papier. Il faudra des formules gratuites et payantes pour du contenu digital.
À mon avis c’est multifacteur.
Pour moi, le plus évident, c’est le temps.
La durée de vie d’un jeu de figurines est très long. Tu y joue souvent pendant des années.
La durée de vie « sur le marché » d’un jeu vidéo me semble assez long par rapport à celui d’un jeu de société et tu y joue, en moyenne , plus longtemps.
C’est pareil pour tout les hobby qui ont une presse spécialisée.
Le rythme des sorties des jeux de société est bien trop rapide pour être suivi par une presse papier.
Plato essaye de le faire, son contenu est plutôt correct, mais ça ne prend que moyennement.
Le joueur de jds est un peu accroc à la nouveauté, le rythme d’un mensuel ou bimestriel est trop lent.
Sinon nous serions tous abonnés à plato.
Tout les gens qui ici clament leur amour pour le papier, combien d’abonnés à plato ?
J’ai été abonné à Plato, il y a qq années. Je l’imprimais au boulot. Mais je trouvais le contenu assez mauvais. Il y avait à l’époque souvent un goodie, mais comme les trois quarts du temps, je n’avais pas le jeu qui correspondait…
De petits articles d’une page sur tel ou tel jeu, décrivant vaguement la mécanique, le matos, avec un avis en 5 lignes… Je trouvais ça très bof…
Je pense qu’il se vend toujours beaucoup de magazines mots croisés, mots fléchés, mot cachés et autres jeux d’esprit.
Le public des seuls jeux de société suit le mouvement : à fond.
On parle d’un jeu pendant un mois, il a peut-être son petit succès mais pendant ce temps-là, on est passé à autre chose parce qu’il sort des dizaines de jeux chaque semaine.
Les jeux dont on parle encore 3 mois après leur sortie ne sont pas légion finalement.
Mais de toute façon, les sorties, l’actualité JDS n’est qu’une partie du contenu de J&S.
Ce n’est clairement pas la première chose qui me vient à l’esprit quand on parle de ce magazine.
J’ai répondu au sondage, et clairement, j’ai indiqué qu’avoir un magazine qui parle d’actualité superficielle et qui fait des reviews ça n’a aucun intérêt. Pour moi ce qui est intéressant c’est ce qui se passe sur une autre temporalité.
Alors perso je n’ai jamais compris l’engouement de certains, rare, secteur pour le format mook pour une publication de type magazine
Tout comme les jeux que j’achète en boutique, je fais pareil avec Plato. Il serait en kiosque, je le prendrais en kiosque. Et quand j’en loupe, cela va avec une commande chez le meeple orange.
J’ai quand même l’impression que la qualité est très en deçà de JSP et c’est la raison pour laquelle je n’ai jamais franchi le pas mais un magazine – ou revue – avec des articles de fond intéressants et érudits, je prends même (et surtout) si c’est en papier. Je regrette tellement de m’être débarrassé de mes JSP, que je ne ferais pas deux fois la même connerie.
J’ai grandi avec Casus Belli sans connaitre J&S. Mais je salue l’initiative, car je ne me retrouve pas du tout dans l’existant trop orienté sur l’actualité éphémère des sorties commerciales à coup de vidéos Youtube.
La présence de jeux inédits intégrés au magazine me semble un vrai facteur se distinction. Entre le manque de place et le sentiment d’une production commerciale de plus en plus nivelée par le consensus et les modes, je trouverais rafrichissant de pouvoir découvrir des jeux originaux au format parcimonieux pour le prix d’un beau livre-magazine.
Surtout, les contenus de la revue permettraient d’approfondir le making of de ces créations, de présenter leurs auteur·ice·s et leurs influences… Bref, je trouverais génial d’associer théorie et création comme cela se fait dans les arts plastiques dans le monde académique.
Une telle approche pourrait encourager les auteur·ice·s en herbe. Surtout si la publication leur est ouverte d’une manière ou d’une autre.
(C’est ce que j’ai essayé de glisser dans mes réponses au sondage)
C’est rigolo les jeux intégrés mais jouer avec des bouts de carton en 160g/m2 ça ne m’amuse plus. Il faudrait filer des fichier d’impression 3D et/ou imprimer sur un papier plus fin pour pouvoir coller facilement sur du carton épais.
Cela ne me semble pas comparable.
Je peux trouver pléthore de jeux corrects magnifiquement édités. Ici on aurait un intermédiaire avec les prototypes : large diffusion et illustrations professionnelles, mais dans des conditions qui donnent leur chance à des jeux avec une âme, des trucs un peu inhabituels et pas éditables selon les standards commerciaux.
De plus, dans le jeu comme ailleurs, la contrainte est source de créativité. Un jeu conçu pour le format magazine peut reposer sur des mécaniques un peu différentes, voire en inspirer de nouvelles. On peut aussi imaginer des propositions qui remobilisent du matériel standard voire le matériel de certains best-sellers… Dans l’esprit des coffrets de jeux traditionnels qui promettent des dizaines de jeux avec un paquet de cartes, quelques pions, dés et plateaux.
Pourquoi pas des sets de matériel premium vendus en supplément.
Il y a vraiment plein de choses à imaginer si l’on s’adresse à celles et ceux qui sont prêt·e·s à sortir des sentiers battus.
Newsletter #1
Indépendance et nostalgie [Newsletter #1]
![Jeux Stratégie, le retour : indépendance et nostalgie [Newsletter #1]](https://cdn.trictrac.net/discourse/original/3X/6/c/6c9f3168b3a15c2e7de4dcb13dbfe0f9cdda1036.jpeg)
Vous êtes plus de 2 500 à être venus découvrir le projet J&S, et plus de 1000 à avoir pris le temps de remplir le questionnaire.
Je tiens à vous remercier sincèrement. Vos retours sont bienveillants et très encourageants. Il y a une véritable attente de votre part, ainsi qu’une volonté de faire au mieux, ce qui nous responsabilise encore davantage !
Je souhaitais également introniser cette première newsletter avec deux points qui me semblent importants !
Indépendance par nécessité
Alors, par honnêteté, j’aurais adoré avoir un éditeur de presse qui me dise : “ J’adore votre projet, voici un chèque en blanc, faites ce que vous voulez vous êtes libre” Malheureusement, ça ne se passe jamais comme ça ! Et d’une certaine façon, tant mieux. Créer un média indépendant, c’est bien sûr gagner en liberté éditoriale, mais on reste toujours tributaire de quelqu’un sauf qu’ici le quelqu’un c’est vous, le lecteur !
C’est aussi entrer dans un ensemble de contraintes administratives, juridiques et financières bien réelles. Je connais les logiques de la presse et de la production éditoriale, mais le statut d’éditeur ouvre un cadre nouveau, avec d’autres responsabilités et une autre échelle de gestion.
Ce n’est pas une découverte, ni un terrain inconnu, mais une continuité qui change de niveau. Dans la pratique, cela signifie d’avoir intégré ces contraintes avant même de produire ou de vous proposer quoi que ce soit. Par ailleurs, éditeur indépendant ne veut pas dire exister grâce à la bonne volonté de tous et du bénévolat. Auteurs de jeux, journalistes, illustrateurs, photographes, sont métiers essentiels mais fragiles, qui doivent être considérés dès le départ à travers un principe simple : le travail doit être payé.
Donc vous l’aurez compris beaucoup de défis à relever, aucune certitude de réussite, et aucune garantie de plaire à tout le monde (un lundi matin, en somme). Mais mieux vaut tenter sa chance que d’avoir des regrets !
Jeux & Stratégie
Dans vos premiers retours, beaucoup partagent une histoire personnelle avec le titre. J’y suis très sensible et j’en ressens une certaine responsabilité. Encore une fois je sais que je ne pourrai pas plaire à tout le monde (dans vos retours, il y a beaucoup d’avis divergents dans ce qui est attendu). Mais je compte faire du mieux que je peux.
Le défi est double, car mon souhait est de faire revivre ce titre et qu’il soit cohérent avec son époque, que le joueur de 30 ans prenne autant de plaisir a le lire que celui de 60. Je ne cherche pas à reproduire ce qu’était Jeux & Stratégie, c’est impossible pour plusieurs raisons, la principale étant que chaque personne l’ayant connu a sa propre idée de ce qu’est le titre.
Déjà entre 1980 et 1990, J&S a changé de ligne, de rythme, de rédaction, de structure, de maquette. Le J&S de 1981 n’avait plus grand-chose a voir avec avec celui de 1990. Alors oui, faire revivre Jeux & Stratégie mobilise la nostalgie — mais pas celle qui fige et idéalise un passé disparu : celle qui reconnaît ce qui a été et s’en sert comme point d’appui pour produire autre chose.
C’est pour ça que je vous ai proposé un questionnaire, car il me permet de connaître un peu mieux vos attentes et vos goûts.
Vous avez donc été très nombreux à répondre. Et à l’heure où j’écris ces lignes, je continue à recevoir vos retours ! Je les regarde petit à petit. Sylvestre, brillant journaliste de son état et puits de science ludique, me prête main-forte dans ce moment. Nous faisons donc notre maximum pour répondre à vos messages.
J’aurais encore encore plein de choses à dire, mais ceci reste une newsletter -la première d’une série. Restez connectés, réseaux sociaux, newsletters, choisissez votre poison ! Et n’hésitez pas à partager : le développement du projet reposera en grande partie sur son relais.
A vous de jouer !
Émilien
Ah misère, j’avais dit que je n’interviendrais plus ici… je suis faible…
Bon, déjà, je me range à l’avis que le nouveau J&S ne peut être une copie de l’ancien. Les temps changent, les choses évoluent et tout le reste.
Cependant et justement parce qu’il va s’orienter vers le temps long, voire même très très long, je pense que l’éclectisme a sa place et je ne parle pas seulement du saut à la perche.
Donc, à mon humble avis, le jeu de société moderne doit largement céder quelques pages à la diversité, que l’on discute du rôle social ou politique du jeu, d’en faire une épistémologie ciblée au travers des civilisations et peuples, d’ouvrir son horizon à d’autres pratiques du jeu à travers le monde, de découvrir des grands joueurs et des célébrités grands amateurs de jeux et aussi s’enrichir de problèmes et énigmes coriaces… la liste est bien longue.
Aussi, il me semble que le sujet traité a bien de la matière pour occuper plus de 100 pages par trimestre.
2 fois l’an, c’est lent. C’est mieux que l’almanach Vermot mais J&S ne doit pas avoir pour ambition d’occuper l’espace culturel des toilettes.
Je lisais encore ce matin le second numéro de Ludoscope qui contient quelques articles de fond qui m’ont bien plu mais je trouvais dommage qu’ils ne soient pas traités de maniêre plus complète, sourcés et discutés suivant plusieurs points de vue ou donnant la parole à plus d’acteurs du milieu. C’est déjà pas mal pour un magazine mais j’attends beaucoup mieux d’un mook.
Alors attention, et je prends pour exemple la revue L’éléphant : il ne sagit pas de faire l’âne savant et pédant.
Je ne pense pas qu’il y a une intelligensia dans le monde du jeu. Il y a des pratiquants et sans doute quelques croyants
Il y a surtout parmi eux des joueurs exigeants et d’autres qui ne demandent qu’à le devenir.
Il y a aussi, pour diverses raisons, beaucoup de simples consommateurs qui n’iront pas plus loin qu’une pratique épisodique du jeu. Un peu comme, par exemple, le tennis : malgré le nombre impressionnant de pratiquants, combien d’entre eux feuilletent un magazine concentré sur leur sport et combien en connaissent l’histoire ?
Il va falloir donc fédérer et le mieux sera sans doute d’être visible. J&S ne plaira sans doute pas à tout le monde mais il faudrait qu’il soit connu, comme une réference. Alors le modèle de distribution par crowfunding, je comprends dans un premier temps mais ce serait bien aussi de le retrouver dans les boutiques spécialisées un peu plus tard, quand il sera rodé. Et puis présent aussi sur les salons.
Le modèle de Métal Hurlant qui travaille ses mooks par thème est une autre manière de faire. J’ai en mémoire le fabuleux numéro consacré à Cthulhu qui ne rougit pas par son contenu, comparé aux Cahiers de l’Herne.
Dans l’ensemble, je suis plus rassuré par ce dernier article. J’apprécie le ton, la philosophie et la direction proposée. Bon, le contenu réel n’est pas encore fixé mais il y a le temps.
Enfin… le temps… oas trop quand même hein
Je commence à avoir hate, là
Alors hop au boulot et à bientôt ![]()
Je trouve l’approche et la réflexion qui ressort de cette deuxième newsletter excellente.
Je croise les doigts pour un personnel éditorial de qualité.
100 pages, pour qu’elles soient de qualité, cela demande pas mal de travail.
Je n’ai pas envie de lire des articles rédigés par IA.
Il y a certes de la matière, mais il faut trouver ds rédacteurs et les rémunérer.
J’espère que la qualité va primer sur la quantité.
Mon avis donné est de ne pas faire un mag basé sur l’actu. Il peut y en avoir et c’est normal (comme les anciens J&S) mais ça ne doit pas en être le fond de commerce. C’est pour cela que je trouve les J&S toujours lisibles aujourd’hui. Le mag ne doit pas essayer de concurrencer les youtubers…

