timbur dit:
J'approuve entièrement la nature des propos tenus par Banane DC. Ils sont les seuls jusque-là, sauf erreur de ma part et dans une certaine mesure, à privilégier le fond sur la forme. En effet, j'ai remarqué que tous les tenants de la position "fafs=antifafs" basaient leur argumentaire sur la méthode des factions concernées. De facto, on risque peu de chose en rhétorique en soutenant que la violence n'est pas une bonne méthode dans l'absolu, en ceci qu'elle engendre la violence et qu'en substance, elle est un jeu dont on se doit d'accepter les règles a priori.
La banane est comme à son habitude dans l’hystérisation du débat, l’invective et la calomnie.
Il a parlé d’assassinat politique, ce qui est d’une rare stupidité au vu des faits tels qu’on les connaît actuellement. Le rapprochement faf=antifa est dû aux méthodes employés par ces derniers. La plupart des gens qui les ont connus les ont connu sur leur campus où ils agissaient comme des petits tyrans (voire tous les témoignages sur ce fil). En reprenant les méthodes de ses adversaires, on court forcément à l’amalgame.
J’ajouterai que de facto, on risque peu de chose en rhétorique en défendant les magnifiques et grandioses idéaux défendus par les antifa, grands défenseurs des libertés individuelles et collectives, de la démocratie, défenseurs de la veuve et de l’orphelin et pourfendeurs de méchants fascistes.
timbur dit:
Mais je préfère rappeler en toutes lettres que la différence fondamentale entre les fafs et leurs antagonistes réside dans le choix des cibles. Un faf va choisir sa cible en fonction de ce qu'il est, tandis qu'un antifasciste va choisir les siennes en fonction de ses actes. C'est une question de choix.
Oui, genre ratonner un colleur d’affiche du fn, ou un type au look suspect, c’est un critère valide, objectif, et une bonne raison pour casser la gueule à un concitoyen. Désolé, mais pour moi c’est kif-kif. Je suis blanc, mais j’ai déjà eu des emmerdes avec des skins, je ne pense pas que ce soit aussi simple et stéréotypé que ce que tu affirmes.
timbur dit:
On ne choisit pas d'être juif, noir, arabe ou homo. Mais la voie du fascisme est un choix. Tant qu'il y aura des gens pour faire ce choix, il devra y avoir des gens pour choisir de les contrer. Quand ce ne sera plus le cas, j'aurai peur.
Tu es complétement à côté de la plaque parce que tu passes à côté de la réalité sociologique des skins. Pour beaucoup ce sont des prolos complètement déclassés qui n’ont pas les moyens de défendre une quelconque idéologie fasciste. Le système n’a rien à leur offrir, ils se rangent donc dans l’opposition radicale au système, l’opposition la plus absolue, et choisissent la violence comme moyen d’assumer leurs frustrations. Je ne veux pas en faire des « victimes du système », mais quand j’entends parler de « voie du fascisme » pour des gars déscolarisés, ça me fait un peu tiquer.
Je rappelle également qu’Ayoub est arabe de mère juive, ça ne fait pas de ses gars des cosmopolites, mais la réalité me semble quand même moins stéréotypée que ce que tu décris là. Moi les antifa, ils me rappellent certains « républicains » de la guerre d’Espagne qui allaient violer des nones dans les couvents, fusiller des prêtres, puis finissaient par se taper sur la gueule. Quand je les vois et que je les entends parler, et sans les amalgamer aux skins (sinon sur leurs méthodes), je me situerai toujours dans le camp d’en face.
timbur dit:
Quant à la menace réelle ou supposée du fascisme en France, elle mérite davantage de réflexion qu'un simple "oui/non". Mon avis, je ne pourrais le donner que de façon schématique. A savoir : sur une ligne de A à Z, A étant la situation où le fascisme se contente d'exister, et Z le moment où il sera devenu impossible de le critiquer sans avoir de gros problèmes quant à sa liberté ou sa vie (vous noterez que je laisse une marge certaine), je pense que le curseur monte d'un cran à chaque fois que quelqu’un affirme publiquement que "le fascisme n'est pas une menace réelle en France".
Le fascisme n’est pas une menace réelle en France, et ce pour plusieurs raisons.
La première est démographique : combien de skinheads ?
La seconde économique : de quels moyens financiers disposent-ils ?
La seconde est politique : de quels relais médiatiques et d’élus disposent-ils ?
La menace fasciste est aussi importante en France que la menace islamiste. Ca fait vendre du papier, mais ça n’a aucune réalité concrète. Dire qu’il y a des skins, que c’est un problème et qu’il faut s’en occuper, aucun souci, la France dispose d’un vaste arsenal juridique et répressif pour cela. Là on cherche à faire croire que 200 mecs qui manifestent le 1er mai en blouson noir peuvent renverser la république et qu’il faut une milice citoyenne antifasciste pour s’en occuper.
Le FN, dixit Jospin lui-même, ancien trotskiste et lambertiste, n’est pas un parti fasciste, et toujours d’après lui, il n’y a jamais eu de menace fasciste en France (propos faciles à retrouver sur youtube).
La menace fasciste aujourd’hui passe par le contrôle sans cesse accru des citoyens et des médias, et cela n’a rien à voir avec la mouvance skinhead, il s’agit d’une dérive autoritariste du système libéral.
timbur dit:
Et si Clément Méric est mort parce qu'il avait seulement envie de faire chier un fasciste, moi, je lui dis merci.
Moi ce qui m’embête avec ceux qui disent : c’est normal de vouloir casser la gueule à un fasciste, c’est qu’aujourd’hui, on est tous le facho de quelqu’un (j’en suis un pour certains ici), que ce curseur il est très subjectif, et que je ne pense pas qu’on peut combattre un adversaire politique en en faisant un martyr.