Il y a aussi High Frontier 4 All qui dispose d’une mécanique d’enchère assez intéressante et pas trop pénalisante :
Si l’enchère est remportée par celui qui l’a initiée, il paye la banque. Si c’est par un autre, il paye l’initiateur de l’enchère.
Ça aide à passer la pilule, mais quand tu voulais vraiment un brevet car tu en avais besoin, c’est hyper pénalisant de le louper !
Je suis d’accord. Les enchères permettent de maitriser l’aspect aléatoire de la pioche de tuiles. Ayant joué un tournoi de Tikal sur BGA il y a peu, j’ai réalisé que j’avais pratiquement jamais pioché de tuiles avec artefact par exemple. En revanche, j’ai eu parfois de sacrés coups de bol par rapport aux autres avec des tuiles 4 et 5. Cependant, l’enchère en points de victoire oblige à une évaluation en terme de gains, ce qui peut-être complexe pour des débutants, d’où le fait toutefois que cela à mon sens doit rester une variante avancée, et non une règle imposée d’emblée.
Ce n’est clairement pas une règle imposée d’emblée, c’est sûr.
Mais c’est le vrai jeu. À l’instar des règles avancées de Heat ou de Formule Dé : y jouer avec les premières parties serait contre-productif, voire désagréable. Mais ensuite, une fois adoptée, car la base maitrisée, tu n’y reviens pas.
Je différencie le cas des règles de base / avancées et celui des jeux avec règle et variantes. Le premier étant un apprentissage dans l’esprit de l’auteur alors que le second est une affaire de goût.
Et il y a le troisième cas des variantes officieuses (= non inscrites dans le livret de règles), mais que beaucoup utilisent. Comme Pauvreté n’est pas vice de Catan ou la main de tuiles à Carcassonne.
J’avoue qu’en ce qui concerne Tikal, je n’ai jamais eu de préférence entre le mode sans enchère et celui avec enchère. Je ne trouve pas que jouer sans les enchères dénature le jeu.
Une envie que le jeu soit plus contrôlable et calculatoire ? Allez, enchère.
Plutôt envie d’une partie plus tranquille et que le jeu soit donc moins brise-neurones (ce qu’il restera quand même) ? Bye les enchères.
Et s’il y a en effet des débutants autour de la table, et/ou que l’un ou plusieurs des joueurs sont du genre à souffrir d’analysis paralysis (et ce jeu s’y prête quand même pas mal), alors là, exit les enchères, sous peine de partie interminable.
Je trouve ça cool, cette possible modulation en fonction de ce que l’on souhaite faire ou éviter.
Petit retour d’expérience autour d’High Society
J’adore ce jeu. Je le trouve simple, rapide, efficace, cruel.
On doit faire monter les enchères pour appauvrir les autres et gagner des points. Mais il ne faut pas être le plus pauvre à la fin de la partie sinon c’est perdu.
J’y avais joué il y a un bail et j’avais adoré. J’avais trouvé les sensations de jeu vraiment grisantes.
Après la ressortie chez Allplay, j’ai acheté en plus 2 autres versions (la première allemande et la française).
Je l’ai sorti 3 fois pour l’instant.
En asso pour la première, ça a floppé. Sur 5 joueurs 2 n’ont pas aimé, une autre n’a pas supporté le fait de miser de l’argent, un autre n’a pas compris qu’il ne fallait pas tout dépenser.
Entre amis pour la seconde. Avec des joueurs d’argent/poker. On a enchainé les parties c’était génial.
Avec mes amis proches pour la troisième. Un ami a détesté et a pourri la partie.
Alors je ne sais pas si c’est de ma faute, que j’explique mal le jeu. Mais j’ai l’impression que mes camarades sont désorientés par la mécanique, qu’ils n’ont pas l’habitude du bluff et de la prise de risque demandée par le système d’enchères.
Certains passent vraiment un mauvais moment et sont dégoutés comme s’ils se faisaient rouler dessus au Monopoly.
C’est parce que c’est un Knizia. C’est un jeu sérieux qui permet de s’amuser et demande donc qu’on l’aborde avec sérieux.
J’ai fait deux-trois parties et j’avais trouvé ça super malin mais pas forcément super amusant. Il faut rester concentré et bien lire les autres joueurs. Aucunement surpris que ça ait marché avec des joueurs de poker.
J’hésite souvent à me le prendre, juste parce qu’il est facile à sortir, pas trop compliqué et assez joli (dans l’édition française que j’ai pratiquée). Il risque de faire un peu doublon avec Ra, du même auteur, qui est aussi un jeu d’enchères assez sérieux et un peu plus complexe, mais vraiment brillant.
C’est juste que le petit joueur de jeu d’ambiance, c’est parfois trop calculatoire pour lui ou trop punitif. Il y’a des gens qui détestent le commerce. Et les jeux d’enchères sont par essence clivants. On s’enrichit au détriment des autres… on fanfaronne, on râle.
C’est effectivement dépassé de mode car les jeux préfèrent proposer d’autres sensations que de la frustration permanent générée par les jeux d’enchères ou de commerce. Il en sort peu par ailleurs ou alors ça floppe sévère (la dernière reedition de Chinatown s’est ratatinée. Ou encore alors, que aux US on a la plus belle version du peut être meilleur jeu d’enchères de Knizia RA, il n’est même pas localisé en français).
Donc oui, c’est pas pour tout le monde et ça ne marche pas économiquement ces jeux x
Les jeux de Knizia proposent que les joueurs s’opposent les uns aux autres plutôt qu’au jeu. C’est la version classique, old-school du jeu. En fait, c’est rigolo, mais c’est normal que ce type d’interaction marche mieux aux US, en tout cas avec les vieux : c’est la même que dans les ameritrash.
Ces jeux ne peuvent pas être joués en solo (ra, high society, modern Art, TI4, etc). Le coeur mécanique de bcp de vieux Knizia (Ra, High society, etc.) est de l’enchère. Idem pour ses jeux de placement : samouraï ou ET ça ne se solote pas. Les enchères, ça implique une part de calculatoire (solotable) une part de double guessing (pas solotable). C’est pareil pour les jeux de majo, placement : calculatoire (évaluation des possibilités dispo à chacun) vs guessing (timing).
Dans ces jeux où le coeur du jeu est de se confronter aux adversaires, tout ce qui vient compliquer, détourner l’interaction nuit au flux du jeu : les meilleurs sont donc des jeux très épurés. Même les complexes des early-Euros (El grande) sont plus simples qu’un feld contemporain.
Dans ce spectre l’autre côté ce sont les jeux à moteur/tableau. Les jeux à moteur ont progressivement dérivé vers des machins où chacun joue en priorité contre le jeu, ensuite éventuellement contre les autres. Et à la fin on regarde qui a le mieux manipulé les mécanismes du jeu. Ça évidemment, c’est facile à soloter.
Il y a des machins qui réussissent à se tenir à peu près en équilibre entre les deux. Hansa Teutonica par exemple.
Ah, tu px developer? Car pour moi aussi c’est un jeu d’enchères cachées où les mises identiques s’annulent. Tu as d’ailleurs la même meca dans High Society avec la carte Yacht Club.