On a remis une partie de Speakeasy à 3, c’était ma 2ème et la 3ème de mes camarades. Un Lacerda comme je les aime (c’est à dire pas comme Inventions ou CO2 : seconde chance ) : y a beaucoup de matière pour expérimenter plein de trucs, y a de l’interaction, c’est tendu, ça ne traîne pas en longeurs inutiles et une fois qu’on a fini on a très envie d’y rejouer pour s’améliorer, essayer de nouvelles choses…
On a très peu jouer la production/vente de whisky, préférant attaquer les bateaux mais pas tant que ça non plus… C vide quasiment son coffre pour monter un casino dès le tout début et gagner du cash à chaque fois que l’un de nous va au restaurant. Lui et moi avons essayé de rusher les falsifications de livres de comptes qui rapportent pas mal de points, D avait commencé à monter une production intéressante de whisky et s’est fait un gros dernier tour de vente. On a joué avec 2 petits modules : un qui donne à chacun un petit bonus et le 2ème qui donnait des objectifs de fin de partie. C nous gagne 514/406/394, la 2ème place était très serrée, 10 points à ce jeu ce n’est pas grand chose, le dernier gros tour de D lui a assuré une belle remontada.
Choses inhabituelle chez Lacerda, c’est un jeu de majorité et on ne les as pas très bien joué, en tout cas on aurait pu être bien plus agressif et opportuniste mais faut dire que le jeu nous attaque et ne fait pas semblant à ce niveau, on a tous chercher à se défendre efficacement vu que tout coûte cher et qu’il faut non seulement construire des bâtiments mais en plus les défendre si on veut qu’ils comptent quand la police est présente (et elle envahit complètement la carte à la fin de la partie) et bien se placer pour les majorités (les bâtiments protégés gagnent les non protégés). En plus une perte de bâtiment est une vraie perte de points pour les majorités et une aubaine pour la concurrence donc pas bien le choix, il faut se défendre et quand je découvre au début de la manche 2 que le hasard a fait que 2 de mes bâtiments (dont 1 gros) seront attaqués, j’ai du passer ma manche à préparer cette attaque et donc à quasiment pas me développer sur la carte… Et comme il n’y a que 4 manches mais avec des tours de moins en moins nombreux (4, 3, 3 et 1) et seulement 3 décomptes de majorités sur les 3 premières manches on se retrouve vite en fin de partie. C’est une sensation habituelle avec les jeux de cet auteur, la fin arrive toujours “trop vite” mais c’est quelque chose de positif pour moi : on a envie de rejouer vite pour mieux mener sa barque et arriver au bout de son développement à la fin du jeu. Après on a comme souvent avec Lacerda la foire aux petits bonus de partout et la réflexion pour les enchaîner et les optimiser au mieux, perso j’aime beaucoup cette gymnastique et je ne l’ai pas trouvé indigeste contrairement à Inventions…
Par contre un petit défaut pour moi est la sensation de se battre bien plus contre le jeu que contre ses adversaires, cela vient peut être de notre manque d’expérience mais les attaques des gangs gérés par le système de jeu et les arrivés de policiers de partout ajoute une grosse pression “automatique” que je n’ai pas encore rencontré dans ses jeux. J’aurais sans doute préféré qu’on puisse s’attaquer entre joueurs plutôt que chacun contre le jeu. Cette sensation est renforcée par l’emplacement “lot de consolation” du placement d’ouvrier : on peut prendre un emplacement déjà pris moyennant un petit bonus pour l’adversaire avec qui on échange de place ce qui rend cette pose d’ouvrier moins tendue que ce qu’elle aurait pu être. A notre niveau de jeu on prend cette place sans trop chercher midi à quatorze heure au contraire de The Gallerist où on y réfléchit à 2 fois avant d’éjecter un adversaire et lui faire gagner une action ou à Vinhos ou On Mars où on y réfléchit à 2 fois avant de payer le surcoût de se placer au même endroit qu’un adversaire. La principale interaction se joue sur les majorités mais comme il faut se placer (et payer les coûts élevés de construction) + défendre à court ou moyen terme, la concurrence est relativement lente à se mettre en place et cela d’autant plus si on doit essuyer des attaques du système de jeu…
Tout cela semble relativement négatif mais on a tous les 3 beaucoup appréciés avec une grosse envie d’y rejouer, le thème est, comme d’habitude avec cet auteur, bien présent, “fun”, les réflexions intéressantes et les voies stratégiques semblent très riches et variées, vivement la prochaine !