fouilloux dit :Pendant ce temps là sur TT: https://www.trictrac.net/actus/pelopia-une-nouvelle-facon-d-assouvir-sa-soif-de-jeux-de-societe-1
Cher Monsieur,
oui, c'est un des éléments qui a participé à ma réflexion personnelle... :)
bien à vous
monsieur Phal
Bonjour!
Je m'en doutais un peu, et comme je l'ai dis, je suis d'accord pour dire que c'est un vrai sujet. Si un des auteurs/éditeurs de TS (ou d'autres jeux d'ailleurs, on le voit avec cette initiative le débat est plus large) passe par là, j'aimerai bien avoir son point de vue.
Mitsoukos dit :Ahhhh voilà là la peur que le capitalisme ne puisse pas faire son oeuvre avec l'existence de vilaines ludothèques qui permettent d'essayer les jeux avant de les acheter frénétiquement...
J'en ai pas fait l'acquisition pour notre ludothèque non seulement parce que je le trouve bien moins intéressant (et c'est un euphémisme) qu'un Sherlock mais également parce que la rejouabilité est nulle... L'objectif de la location est de faire découvrir des jeux, de permettre d'acheter intelligent, de faire rentrer le jeu dans plus de foyers et c'est contagieux: le développement d'une ludothèque sur un territoire permet au marché du jeu de se dynamiser pas le contraire.
Ce jeu se prête de joueurs en joueurs, de membres de club de jeu en membre de club de jeu. C'est comme ça c'est le format. L'éditeur a couru le risque en connaissance de cause et ça n'a pas trop l'air de perturber le succès et les ventes...
Vu le prix du jeu et des scénaris je pense que l'éditeur s'est déjà posé la question et l'a prise en compte dans ses tarifs. Je suis moi-même un gros joueur et un gros acheteur, entouré de tarés tout aussi atteints que moi qui achètent pratiquement tout ce qui sort, et pourtant nous n'avons pas acheté Time stories que nous trouvons tous trop cher pour la rejouabilité qu'il propose. Il se trouve que je suis également responsable de l'activité "jeu de société" du CE de mon entreprise depuis peu, et l'achat de Time stories dans le cadre d'un système de prêt est déjà bien plus pertinent à mes yeux. Si Time stories était vendu à un tarif 30% moins élevé, effectivement la question de Mr Phal serait justifiée, mais à son tarif actuel je suis persuadé que l'éditeur a déjà pris la question du prêt en compte dans sa marge.
Quand à la question des ludohèques qui nuiraient au marché, là je m'insris en faux, si cela peut effectivement être le cas pour Time stories il s'agit là d'un cas très particulié, dans 99% des autres cas le prêt d'un jeu sert surtout pour le tester et peut amener à un achat qui n'aurait pas eu lieu sans ce test. Je reste persuader que les ludothèques en donnant un accès facile à toutes sortes de jeux permettent de répandre le jeu de société et donc de développer le marché en attirant de nouveaux joueurs, ça ne peut qu'être bénéfique.
eldarh dit :La spécificité de Time Story fait que c'était peut-être aussi à l'éditeur et aux auteurs (notamment des extensions) de négocier des droits spécifiques. Peut-être fut-ce d'ailleurs le cas ? Avant de vouloir impliquer les ludothèque dans une problématique qui leur échappe largement, ça me semble une question plus pertinente.
Oui la problèmatique échappe largement aux ludothèques et ce ne sont pas à elles de résoudre le problème. Personnellement, je suis plutôt d'avis que le soucis vient des auteurs de jeux et des éditeurs.
Les auteurs de jeux de société, à la différence des chanteurs ou des écrivains, ne devraient pas accepter une rémunération basée en partie sur le nombre d'exemplaires vendus. Ou alors seulement si le packaging met plus en avant le nom de l'auteur que le nom du jeu lui même.
Dans les 2 derniers cas, quel est l'élément le plus mis en avant avec la plus grosse typo ? Le nom du groupe / de l'auteur. Pour le 1er cas : le nom du jeu (et l'auteur se trouve être moins visible que l'éditeur en plus...).
Et j'ai pris pour exemple des "succès" dans chacun des marchés respectifs. Mais la logique est la même pour les petits "artisans" qui ont moins de succès. Et en sachant que les éditeurs de jeux de société ne prennent pas plus de risques qu'un éditeur de romans ou un Major.
C'est là le soucis.
Prenons les grosses series (Asterix si vous voulez un exemple) et vous retombez sur le meme dispositif commercial :)
Vu le prix du jeu et des scénaris je pense que l'éditeur s'est déjà posé la question et l'a prise en compte dans ses tarifs. Je suis moi-même un gros joueur et un gros acheteur, entouré de tarés tout aussi atteints que moi qui achètent pratiquement tout ce qui sort, et pourtant nous n'avons pas acheté Time stories que nous trouvons tous trop cher pour la rejouabilité qu'il propose. Il se trouve que je suis également responsable de l'activité "jeu de société" du CE de mon entreprise depuis peu, et l'achat de Time stories dans le cadre d'un système de prêt est déjà bien plus pertinent à mes yeux. Si Time stories était vendu à un tarif 30% moins élevé, effectivement la question de Mr Phal serait justifiée, mais à son tarif actuel je suis persuadé que l'éditeur a déjà pris la question du prêt en compte dans sa marge.
Une solution au prix trop élevé de Time Stories (par rapport à sa rejouabilité) est de l'acheter en occasion. C'est ce que j'ai fait. J'ai acheté le jeu de base à 20€ (j'ai sûrement eu un peu de chance pour le prix). Et les autres scénarios, je les cherche aussi en occasion (déjà 2 trouvés à 15€ au lieu de 25€ en boutique) et je compte les revendre le même prix une fois le scénario joué.
Je trouve que c'est une bonne idée de trouver le jeu dans des ludothèques. Car il y a beaucoup de joueurs qui sont intéressés/intrigués par le jeu mais qui ne l'achètent pas car il le trouve trop cher par rapport à la rejouabilité.
Dans ma ludo, le dilemme s’est posé. L’objectif pour moi est de proposer des expériences différentes de jeux et que les gens prennent du plaisir à jouer.
globalement ça marche bien, je présente un nouveau jeu, beaucoup l’essayent qu’une fois même si ils trouvent ça bien, d’autres sont accros, ils l’empruntent une fois, deux fois puis ils décident de l’acheter en boutique (voir l’achète directement). Cool j’ai l’impression d’avoir fait mon taf. Ayant travailler un peu dans une boutique de jeu, l’aspect convaincre un achat sans non plus tomber dans le proséllitisme est important dans ma démarche. Ce qui est bien avec le jeu, c’est quand on a connu une excellent expérience, on a envie de le faire partager avec d’autres donc une ludothèque peut contribuer à la bonne santé du média. Le plaisir d’entendre un enfant "j’adore, je veux ça /pour mon anniversaire/ Noël/ )
Mais quid des jeux à usage unique ou restreint. J’ai pris time stories, j’ai des retours positifs mais avec du recul, je regrette de l’avoir pris car je pense que les gens même ceux qui ont appréciez n’ont pas acheté le jeu derrière. Comment du coup montrer une expérience de jeu incroyable sans non plus flinguée la vie du jeu. Soit je limite la partie, mais je créé une frustration chez les joueurs alors qu’ils viennent faire une partie, pas une démo (les adultes, c’est jouables, mais les ados pas sûr). Soit je propose un système différent que j’ai proposé avec pandemic legacy
J’ai proposé à mes joueurs qui viennent à des soirées jeux à la ludothèque une expérience de jeu inédite en expliquant le système legacy. Ils semblent intrigués. Je leur dis cash que pour y jouer, il faut payer le jeu. Si vous êtes trois joueurs, vous payer 1/3 de jeu pour faire la campagne et le jeu est réservé pour vous. Ils ont acceptés Conclusion j’ai acheté 2 jeux pandemic legacy pour 3 joueurs chaque boite. La ludothèque ne gagne pas d’argent, les jeux sont achetés que pour 6 joueurs et la boutique est contente d’en avoir vendu deux boites d’un coup. d’autres joueurs ont été curieux de voir mais ils se sont griller la surprise, par contre ils attendent la saison 2 eux aussi pour en faire une à leur tour.
Idéalement, c’est que les jeux à usage unique proposent aussi d’autres scénarios avec le matériel de base. Si Time Stories avait le matériel de base d’un coté ou une autre boite de base avec un autre scénario, je pense que je le présenterai de nouveau en expliquant aux joueurs, ça vous plait il existe tel version de la boite du jeu qui propose un autre scénario, à vous de le prendre, alors que là, je ne le présente même plus. Si je devais à nouveau le présenter, ce n’est pas en faisant une partie mais en expliquant le principe et en montrant le matériel avec quelques cartes de départ.
Dans la même problématique, je n’ai pas pris Sherlock Holmes détective conseil mais j’en parle de temps en temps.
Il y a toujours des compromis possibles : une boite seule sans scénario que les ludotheques pourraient vendre, et une possibilité d’emprunter les scénarios. Meme pour la distribution d’ailleurs, je trouve l’obligation de prendre Asylum (j’ai beaucoup aimé mais le theme ne se sort pas avec tout le monde) avec le systeme de jeu maintenant que plusieurs extensions sont sorties dommage. Les ventes semblent tres bonnes, on pourrait imaginer des boites de base soit sans scénario soit avec un scenario de départ different. Bon apres, quand on voit les plaintes d’achat des gens ne lisent pas ce qu’ils achetent (la deception d’avoir un jeu en anglais quand la langue est parfaitement indiquée en gros par exemple), j’imagine qu’avec une boite systeme de jeu ils seraient noyés sous les retours SAV “je ne peux pas jouer au jeu, c’est naze”. C’est une reflexion de loin, sans meme savoir si c’est viable. Les SC savent bien mieux ce qu’ils font que moi.
pouic dit :Il y a toujours des compromis possibles : une boite seule sans scénario que les ludotheques pourraient vendre, et une possibilité d'emprunter les scénarios. Meme pour la distribution d'ailleurs, je trouve l'obligation de prendre Asylum (j'ai beaucoup aimé mais le theme ne se sort pas avec tout le monde) avec le systeme de jeu maintenant que plusieurs extensions sont sorties dommage. Les ventes semblent tres bonnes, on pourrait imaginer des boites de base soit sans scénario soit avec un scenario de départ different. Bon apres, quand on voit les plaintes d'achat des gens ne lisent pas ce qu'ils achetent (la deception d'avoir un jeu en anglais quand la langue est parfaitement indiquée en gros par exemple), j'imagine qu'avec une boite systeme de jeu ils seraient noyés sous les retours SAV "je ne peux pas jouer au jeu, c'est naze". C'est une reflexion de loin, sans meme savoir si c'est viable. Les SC savent bien mieux ce qu'ils font que moi.
La boîte de base sans scénario, même si je crois que ça a été envisagé, c'était certainement très casse-gueule, rien qu'en termes de communication. Des boîtes de base avec scénarios alternatifs, même si je ne m'y connais pas des masses en édition, je pense que c'est beaucoup plus coûteux et délicat à gérer en termes de production/distribution (ça implique plus ou moins que tous les scénarios se vendent de façon équivalente, sinon, bonjour la gestion des (re)tirages, que les différentes boîtes soient distribuées de façon bien répartie, etc.). Les Space ont dû largement analyser tout ça et opter pour le meilleur compromis par rapport au marketing, à la lisibilité de la gamme et à l'impact du jeu auprès des joueurs. Même si aucune des options ne devait être parfaite, dans les faits, il faut bien reconnaître que malgré les écueils possibles, TS semble vivre sa vie plutôt bien. Le jeu suscite clairement une forte curiosité (j'en ai régulièrement été témoin), il fait pas mal parler depuis sa sortie et il doit marcher suffisamment bien pour l'instant pour que la publication de scénarios se poursuive. Bien sûr, le jeu ne plaît pas à tout le monde (ce qui est bien normal) et certains ne sauteront pas le pas pour l'acheter (neuf, en tout cas), quand bien même le jeu leur fait envie dans l'absolu. Mais, franchement, étant donné le pari que constituait TS à bien des égards sur le papier, les faits semblent pour l'instant donner raison à l'éditeur. Et j'en suis le premier bluffé, j'avoue. C'est un métier...
Oula, réfléchir aux problèmes avant qu'ils n'arrivent? Mais dans ce cas nous pourrions prévenir ces problèmes et de quoi parlerons nous alors? Plus de débat sans fin ni de noms d'oiseaux qui volent.
La vie serait bien triste.
Ca dépend en fait... réfléchir à tous les problèmes qui pourraient éventuellement se produire si dans le cas où peut-être que sait-on jamais risque bien d'occuper une bonne partie de votre temps en pure perte. A moins d'identifier un problème bien concret, et pas 98% hypothétique. En l'occurrence, ici, j'ai un peu de mal, et visiblement je ne suis pas le seul, à identifier de quel problème on parle...
Est-ce que vous envisagez que, à plus ou moins long terme, les ludothèques/associations de joueurs vont prendre une telle ampleur qu'elles grèveront énormément les bénéfices des maisons d'édition, et en conséquence des auteurs de jeux ?
Oula, réfléchir aux problèmes avant qu'ils n'arrivent? Mais dans ce cas nous pourrions prévenir ces problèmes et de quoi parlerons nous alors? Plus de débat sans fin ni de noms d'oiseaux qui volent.
La vie serait bien triste.
Ca dépend en fait... réfléchir à tous les problèmes qui pourraient éventuellement se produire si dans le cas où peut-être que sait-on jamais risque bien d'occuper une bonne partie de votre temps en pure perte. A moins d'identifier un problème bien concret, et pas 98% hypothétique. En l'occurrence, ici, j'ai un peu de mal, et visiblement je ne suis pas le seul, à identifier de quel problème on parle...
Est-ce que vous envisagez que, à plus ou moins long terme, les ludothèques/associations de joueurs vont prendre une telle ampleur qu'elles grèveront énormément les bénéfices des maisons d'édition, et en conséquence des auteurs de jeux ?
Cher Monsieur,
Alors, moi, je suis intervenue suite au propos qui disait que "Time Stories" est le jeu le mieux pour les ludothèques". je suis intervenue parce que je pense justement que non. Donc j'ai donné mon avis. Ensuite, c'est parti sur des trucs à base de capitaliste dedans Le truc, c'est qu'en vérité, je n'ai aucune théorie ou étude ou projection ou quoi que ce soit de concret si ce n'est que cette phrase à provoqué chez moi cette remarque sur les droits d'auteurs. Parce qu'on est sur un forum, j'ai posté mon avis sur cette phrase ""Time Stories" était le jeu le mieux pour les ludothèques", sans faire une étude, sans en discuter avec un groupe d'étude ou qui que ce soit. Donc je n'envisage rien. Si vous ne voyez pas ce que je veux dire, si d'autres ne voient pas non plus, ce n'est pas grave. Ce n'est pas mon "combat" idéologique, je ne passe pas de temps à réfléchir à ça. Donc non seulement je n'ai pas de réponse, mais je ne chercherais pas de réponse. Désolé de couper cours à la discussion ainsi. J'ai expliqué rapidement mon point de vu, qui n'est juste que mon point de vu sur ""Time Stories" est le jeu le mieux pour les ludothèques".
Oui la problèmatique échappe largement aux ludothèques et ce ne sont pas à elles de résoudre le problème.
Personnellement, je suis plutôt d'avis que le soucis vient des auteurs de jeux et des éditeurs.
Les auteurs de jeux de société, à la différence des chanteurs ou des écrivains, ne devraient pas accepter une rémunération basée en partie sur le nombre d'exemplaires vendus. Ou alors seulement si le packaging met plus en avant le nom de l'auteur que le nom du jeu lui même.
Dans les 2 derniers cas, quel est l'élément le plus mis en avant avec la plus grosse typo ? Le nom du groupe / de l'auteur. Pour le 1er cas : le nom du jeu (et l'auteur se trouve être moins visible que l'éditeur en plus...).
Et j'ai pris pour exemple des "succès" dans chacun des marchés respectifs. Mais la logique est la même pour les petits "artisans" qui ont moins de succès. Et en sachant que les éditeurs de jeux de société ne prennent pas plus de risques qu'un éditeur de romans ou un Major.
C'est là le soucis.
Prenons les grosses series (Asterix si vous voulez un exemple) et vous retombez sur le meme dispositif commercial :)
Effectivement. Et sur Tintin le nom d'Hergé n'est même pas cité sur la couverture.
Au lancement, la boite de base sans scénario n’aurait pas été possible. La réception du public aurait été catastrophique. Mais maintenant que le catalogue de scénarios s’étoffe (et là je pense qu’il y a quelque chose à faire pour intégrer des fan-made “labelisés” par les SC sans les éditer), on pourrait imaginer une boite de base avec un scénario d’introduction plus court (mais qui pourrait approfondir le background de l’Agence sans lancer d’enquête). Cette boite à prix plus modéré pourrait être vendue seule ou en lot par les boutiques avec 1 ou plusieurs scénarios, selon des offres décidées en autonomie ou bien imposées par les SC selon la nécessité commerciale. Dans ce cadre, les ludothèques n’auraient pas à rougir de l’impact de leurs prêts.
Phoenixeux dit :Au lancement, la boite de base sans scénario n'aurait pas été possible. La réception du public aurait été catastrophique.
Il me semble bien qu'au début c'est ce qui était évoqué je crois, puis ça a changé. peut être à cause de mauvais retour? (J'ai peut être une mauvaise mémoire hein)
Au final, le souci majeur de TIME Stories pour les ludothèques vient, à mes yeux, du fait que la ludothèque propose de jouer le scénario présent dans la boîte de base. Souvent, un coup de coeur en ludothèque va inciter à passer en boutique, mais ici, un frein va se poser. Il faut racheter la boîte de base avec un scénario déjà joué… et non rejouable. Donc l’impression de dépenser une partie du budget pour rien. Pour certains, ils ne seront pas dérangés par cela, achetant la boîte de base avec une autre extension à côté. Pour d’autres, cela risque d’être un blocage. Les ludothèques pourraient éventuellement proposer des parties de TIME Stories avec un autre scénario que celui de la boîte de base (un officiel, voire mieux : un officieux si certains sont bien aboutis). On garde le côté “partage/découverte/susciter des envies” des ludothèques sans engendrer de souci à l’achat (de la boîte de base) pour les joueurs ayant apprécié l’expérience.
Bonjour, Ludothécaire depuis 20 ans, je ne pouvais que réagir car les propos montrent une méconnaissance de nos structures.
Personne n’a rappelé quelques points essentiels. Avant tout, les ludothèques ne sont pas des entreprises à vocation commerciales. Se sont soit des associations, soit des structures municipales. Elles ne vivent pas de leur adhésions mais des subventions qui leurs sont accordées, pour l’investissement et aussi le fonctionnement. Qui accorde ces subventions? Principalement les CAF, les fondations et les mairies, et cela sur des objectifs bien précis. Les principales sont le “soutien à la parentalité”, qu’elles permettent par la valorisation d’un loisir qui se pratique en famille et par l’accès à du matériel ludique et pédagogique aux familles défavorisées qui peuvent avoir du mal a avoir accès aux jouets et aux jeux, principalement de la petite enfance. Le jeu est aussi considéré comme un droit fondamental et essentiel du développement de l’enfant. Il fait partie des “droits de l’enfant” définis par la Convention des Droits de l’Enfant portés par l’Unicef et ratifié par l’ONU (https://www.unicef.fr/dossier/convention-internationale-des-droits-de-lenfant ). Les CAF proposent donc aux ludothèques des subventions par l’entremise du contrat enfance jeunesse (https://www.caf.fr/partenaires-bailleurs/elus-et-collectivites/l-essentiel-sur-le-contrat-enfance-et-jeunesse) qui, comme son nom l’indique finance les structures d’accueil des enfants et des jeunes de moins de 18 ans dans une optique de soutien aux familles dont les parents doivent concilier vie professionnelle et vie familiale. Le subventionnement oblige aussi à répondre à des critères accessibilité en terme de prix des adhésions et les locations de jeux. Quand les prêts sont payant en ludo (et beaucoup le proposent gratuitement), ça dépasse rarement 1€ de loc par jeu.
Vous comprendrez donc que les ludothèques n’ont pratiquement aucun budget pour le jeu spécifiquement pour adulte. De plus en plus d’entre elles proposent cependant ces jeux et des animations de type soirées jeux en direction de ce public, mais elles le font en général “à perte”. Les adhésions aux ludothèques ne couvrent effectivement pas le prix d’achat des jeux et leur entretien ainsi que le salaire de leurs ludothécaires sur ce public adulte. Elles pourraient éventuellement être soutenues par le ministère de la culture mais dans les fait, rares sont les ludothèques bénéficiant de ces aides, bien que les CAF reconnaissent les ludo comme des structures culturelles, au même titre que les bibliothèques ou les musées. Donc, contrairement aux initiatives de cafés jeux ou d’entreprises s’essayant au prêt de jeu payant, leur but est le développement de la culture ludique auprès de tous (et principalement ceux qui n’y auraient pas accès autrement) et cela passe par la valorisation des auteurs et éditeurs.
Ensuite, et plus concrètement, une ludo n’achète rarement plus d’un exemplaire d’un jeu, surtout s’il correspond à un public non subventionné. Une fois en stock, il est en général proposé au prêt à l’adhérent pour une durée de 1 à 4 semaines en fonction de la structure. Sa durée de vie en fonction de ses sorties doit être environ d’une 50aine de prêts maximum (et c’est souvent bien moins avec les pertes de pièces et déchirures de cartes) avant d’être hors d’état. Il faut ensuite racheter un exemplaire, si vraiment il y a de la demande car vu les sorties le budget passe plutôt dans des nouveautés. Et les petites réductions de 10% ou 15% que les ludos ont parfois sur les jeux ne sont pas généralisées et sont le fait des revendeurs et non des éditeurs (et n’ont donc aucune influence sur les marges des auteurs).
Vous comprenez donc qu’un titre ne sera disponible que si personne d’autre ne l’a chez lui et qu’en cas de forte demande, il faudra le réserver. Pour le cas qui nous intéresse, Time Stories, les extensions ne peuvent guère être prêtées seules, sauf auprès d’adhérents ayant déjà le jeu de base. Je pense que bien peu de ludothèques auront les finances pour acheter toutes celles-ci au vu du peu de public que cela touchera. En général, si quelqu’un est convaincu par sa première expérience sur la boîte de base, je ne doute pas qu’il achètera plutôt que de devoir attendre plusieurs semaines ou mois avant que le jeu soit à nouveau disponible. C’est le cas pour les autres titres non “one shot”.
Alors, pour répondre à la question initiale, pourquoi pas TIME Stories en ludothèque? Ca dépendra surtout si la ludothèque en question en a les moyens. Et je peux vous assurer que la grande majorité ne les a pas, surtout avec les coupes drastiques dans les subventions et les aides en ce moment.
Si 1000 ludos achètent le jeu de base et les extensions, cela fera toujours plus de jeux vendus que si elles ne les avaient pas pris. En effet, j’estime que ce genre de titre ne sortira pas plus de 1 à 3 fois dans l’année dans une ludo moyenne. Donc à mon avis, à peu près le même rapport titres/joueurs qu’un exemplaire pris par un particulier qui prêtera certainement son jeu a au moins un second groupe d’amis. Les auteurs peuvent dormir sur leurs deux oreilles et la reconnaissance apportée par la diffusion de leurs titres en ludo est à mon avis un plus. Effectivement, nos structures travaillent à la reconnaissance du jeu depuis maintenant plusieurs dizaines d’années. Les ados d’aujourd’hui qui auront la chance d’essayer Time Stories en ludo s’en rappellerons peut être dans 15 ans et l’achèterons s’ils le retrouvent. C’est le boulot des structures culturelles et je vois de plus en plus d’adultes qui ont découvert le jeu de société en ludo quand ils étaient enfants.
Pour la concurrence déloyale, la question a dû se poser de la même façon chez les éditeurs de livres lorsque les premières bibliothèques sont apparues. Et un livre est toujours “one-shot”. Qui remet en cause leur utilité culturelle aujourd’hui? Nous nous battons tous les jours en ludo pour que le jeu ait un jour la même caution que le livre.
Quant aux entreprises qui souhaitent gagner de l’argent en faisant de la location de jeux, je leurs souhaite bien du plaisir car je ne crois pas que ce modèle soit viable. Cela poserait quand même un problème un problème commercial pour les éditeurs si cela se généralisait et ce sera à eux de répondre en autorisant ou non les entreprises à louer leurs jeux, mais je n’y crois pas. Existe-t-il des bibliothèques à vocation commerciale?
yahndrev dit : Quant aux entreprises qui souhaitent gagner de l'argent en faisant de la location de jeux, je leurs souhaite bien du plaisir car je ne crois pas que ce modèle soit viable. Cela poserait quand même un problème un problème commercial pour les éditeurs si cela se généralisait et ce sera à eux de répondre en autorisant ou non les entreprises à louer leurs jeux, mais je n'y crois pas.
Idem, je suis très sceptique. Si ça prend, ça devrait rester marginal, pour diverses raisons, et deux principales, à mon sens : une offre probablement trop limité et/ou pas assez pointue dans les jeux proposés (sauf à investir en masse dans toutes les nouveautés, donc quid de la rentabilité ?) et, paradoxalement, un problème de cible. Soit ça s'adressera à des joueurs famille/casual/irréguliers, et ça pose la question de la fréquence d'emprunt et du prix de la prestation. Soit ça visera les joueurs plus passionnés/experts, et là, il y aura la concurrence des achats classiques (le gros joueur a quand même souvent une âme de collectionneur et d'acheteur compulsif) et le fait que les joueurs qui s'y connaissent un peu ont plein de canaux (dont certains gratuits) pour essayer/se renseigner sur les nouvelles sorties (salons, festivals, amis joueurs, médias spécialisés). Pour moi, sur le papier, pas de modèle viable non plus. Apparemment, ce type de service existe ou a existé aux Etats-Unis : la boîte s'appelle ou s'appelait Board Game Exchange (Michael Barnes en parlait dans une de ses chroniques dans JsP). Je pense que si ça avait marché un minimum, on en aurait davantage entendu parler là-bas et par chez nous...
En postant ce message je ne m’attendais sûrement pas à créer un tel débat!
Quand je me demandais si les gens allaient acheter le jeu par après, je ne pensais vraiment pas à du marketing de la part de ma ludo! Je trouvais ça juste dommage justement d’acheter ce jeu uniquement pour qu’il serve de démo chez nous. J’aime l’idée que nos jeux sont exploités à fond par nos joueurs Je travaille en Belgique, dans la section ludothèque d’une bibliothèque, ce qui est un cas particulier. Pour ne pas trop rentrer dans les détails, en début d’année je dois faire un appel d’offre auprès de 3 magasins qui doivent répondre à certains critères. Forcément, une réduction sur les jeux est un critère intéressant pour nous. Nous recevons 10% mais mes collègues bibliothécaires ont droit à 15-20% sur les livres donc jusqu’à présent je nous trouvais un peu lésés… Maintenant je me plaindrai plus!
Maintenant pour revenir au sujet de base, je pense que je ne prendrai pas le jeu. Pour trois raisons très simples: 1. Le fait de devoir remettre les cartes dans le bon ordre est un problème chez nous. Nous faisons beaucoup de prêt et compter chaque pièce de jeux à chaque est très chronophage. Donc si on doit en plus faire attention à l’ordre des cartes… 2. Par le passé nous avions déjà tenté de prêter des jeux accompagnés de leur(s) extension(s) et nous avons remarqué que ça ne fonctionnait pas du tout! Nous ne savons pas pourquoi mais nos joueurs n’aiment pas devoir prendre plusieurs boîtes pour un jeu. 3. Comme il a été remarqué dans des messages précédents, les “gros joueurs” sont rares en ludothèque. Nous en avons certains qui viennent à nos soirées jeux mensuelles mais sur le peu que nous avons, je ne sais pas même pas si certains seront intéressés par ce genre d’expérience…
En conclusion, je m’abstiens de l’acheter (cette année en tous cas)
Stiletto dit : 1. Le fait de devoir remettre les cartes dans le bon ordre est un problème chez nous. Nous faisons beaucoup de prêt et compter chaque pièce de jeux à chaque est très chronophage. Donc si on doit en plus faire attention à l'ordre des cartes...
Alors à ce sujet: la remise en ordre des cartes n'est normalement pas si compliqué que ça, mais bon. Pour ce qui est de compter les pièces d'un jeu, il y a une petite astuce qui vous fera peut être gagner du temps: un copain qui gère une ludothèque d'entreprise a acheté une balance un peu précise (genre plus que le poids d'une carte), et voilà. On note le poids des jeux, et on pèse lorsqu'on le rend. Normalement tout doit être là. Et s'il y a vraiment du matos, paf des sachets zip avec écrit leur contenu et leur poids. Comme ça les gens rendent les jeux rangés en plus. voilà voilà.