Ce mois-ci j’ai ajouté un jeu à ma ludothèque et également une extension :
How to rob a bank
Chefs d’expédition, l’extension de Les ruines perdues de Narak.
Les ruines perdues de Narak : chefs d’expédition
(3 parties)
C’est bien, ça fait le boulot d’une extention mais rien d’hyper excitant. Je continue de vraiment beaucoup aimer Narak (
) donc je suis content que l’extension apporte un peu de renouveau et nous pousse à continuer d’y jouer. Mais l’extention en elle-même est juste bien.
How to rob a bank
(8 parties)
J’aurais pu mettre un pouce (c’est un cran mieux que le sourire) parce que je suis tout à fait satisfait de la proposition de ce jeu. Plus simple, moins brouillon et plus efficace que Colt Express qu’il est impossible de ne pas mettre en concurrence, il a aussi pour lui un thème parfait pour ce genre de jeu de programmation 1 contre tous. Le braquage de banque - comme dans les films du genre - correspond parfaitement à la proposition du jeu.
Juste un sourire parce que c’est rapide, pas très profond. Juste un excellent petit jeu à enchaîner avec les gosses.
Mais je sors aussi d’un gros week-end ludique orgiaque où j’ai pu découvrir tout un tas de truc.
Donc on a quoi ?
Dune Imperium
Oui c’est un bon jeu. Une seule partie ne m’aura pas permis de ressentir chaque sensation à sa juste valeur mais je crois déceler ce qu’on peut faire quand on joue bien. D’ailleurs 2 joueurs à la table s’en sont mieux sortis (Chakado was kingmade). Beaucoup de restrictions sur les conditions de pose d’ouvriers, à 4 joueurs et sans expérience on se trouve vraiment face à un mur de difficulté. Les options sont maigres : “non tu ne peux pas encore te placer là il te faut d’abord une goutte d’eau”, “non la goutte d’eau pour aller la chercher il n’y avait qu’une seule case gratuite, maintenant il ne te reste que la case où il faut de l’épice ou bien une case où il faut déjà que tu sois allé monter deux fois sur la piste là-bas en bas à gauche… ah d’ailleurs la place est prise”. Bref, de nombreux tours avec des options un peu faibles par défaut. Ça c’est un manque d’expérience. Un défaut du joueur (moi) plutôt qu’un défaut du jeu. Mais ce n’est pas un sentiment très excitant. D’ailleurs pas grand chose d’excitant dans ce jeu. Les cartes à deckbuilder ne sont pas aussi bien foutues que celles de Narak (loin s’en faut).
Ça y est le nom est lâché ! Donc puisqu’entre Dune et Narak c’est comme entre les Beatles et les Rolling Stones : il faut choisir, on ne peut pas aimer les deux, hé bien moi je choisis sans hésitation Narak qui est à mon avis plus libre, plus agréable et excitant, et surtout dont les cartes sont mieux conçues, avec des bonheurs pour l’amateur de combo et de nombreuses occasions de se relancer quand on croyait que notre tour était terminé (ça ne tient parfois qu’à une seule carte piochée).
Mais la bataille n’est sûrement pas juste. Pour reprendre la comparaison musicale, c’est comme si je découvrais les Beatles avec l’album Yellow Submarine et qu’en face ça faisait déjà des années que Let it bleed des Stones tournait en boucle à la maison.
En fait je peux aussi imaginer l’inverse… si j’avais commencé par Abbey Road… Puisqu’il a des atouts quand même ce Dune. Par exemple ce que j’ai trouvé le plus amusant et le plus réussi ce sont les cartes intrigue. C’est ce qui défrise la plupart des détracteurs du jeu, je crois. Comme quoi…
Loco Momo
Jeu de constitution de lots. Avec un système de collecte par zones selon où on se trouve genre Noé ou Carpe Diem. C’est facile, on essaye de faire le meilleur coup possible, on marque beaucoup de points quand on y parvient, ça fait couiner. Voilà. Ça fonctionne mais ce n’est pas passionnant. C’est un ok game. Un filler, comme on dit aussi quand on maîtrise le jargon des spécialistes et des hipsters de la critique. Car c’est rapide. Vite mis en place, vite expliqué, vite joué, vite rangé. Vite oublié aussi. Il a tout pour réussir dans le marché actuel.
Top ten
Il faut y jouer avec des gens amusants. Ça a été mon cas, on a eu des moments de rigolade. Mais mécaniquement c’est nul. Vous allez me dire qu’on s’en fout que l’important c’est de rigoler. Oui, et moi je vous répondrai qu’on s’amuse surtout quand on a un numéro extrême genre 1 ou 9 ou 10. Et finalement si c’est pour raconter des conneries autour d’une table, je n’ai pas besoin de sortir un jeu. Donc ce jeu ne me sert à rien, aucune envie de l’avoir, et si je l’avais je ne le sortirais pas. Ce n’était quand même pas désagréable, je ne mets pas de smiley qui tire la tronche.
Hidden leaders
Ça fonctionne. On a déjà vu tout ça plein de fois. C’est du kickstarter, bien produit mais pas mieux que plein d’autres trucs déjà parus ailleurs dans lesquels le jeu est probablement allé piocher. Encore un ok game. Encore un jeu calibré trop court dans l’air du temps mais pour une fois je n’étais pas fâché que ça ne dure pas plus longtemps.
Paleo
Pas mal. Le système de coopération n’évite pas l’effet leader, c’est du casse-tête solo à plusieurs. Et là on était sur le 1er scénario sans trop de trucs fifous amusants, donc le jeu n’a pas provoqué de discussions tendues sur des enjeux risqués. J’imagine bien que le jeu en a plus sous le pied. J’ai bien aimé le système d’ordre de pioche que chacun doit gérer dans son coin, et aussi les inventions qui arrivent au fur et à mesure.
Hallertau
Ah c’était cool. Voilà ma première bonne découverte du week-end, il était temps.
C’est de la gestion de ressources. Genre pure et dure. Mais ça se fait sur 3 plateaux différents, chacun plutôt bien foutu : 1 grand central de poses d’ouvriers, sur lequel les places sont de plus en plus chères, on se demande si telle action vaut vraiment le coup car on est limité en ouvriers (pas trop quand même mais à les craquer trop vite on peut facilement faire 1 ou 2 actions de moins) / 1 plateau personnel où on gère nos plantations et leur rendement / 1 plateau personnel où on gère notre progression en PV et notre développement en nombre d’ouvriers.
A tout ça on ajoute des cartes, potentiellement beaucoup de cartes, qui sont des objectifs à conditions, pour obtenir des PV et des développements de gain de ressources. C’est beaucoup dans cette main de cartes que se décident nos actions.
Gestion, développement, main de cartes et cuisine interne. C’est du tout bon. Ça fait un peu beaucoup mais ce n’est pas difficile à prendre en main.
Un bon jeu et c’était une partie très agréable.
Iki
Chakado et Liopotame m’avaient tous les deux, chacun de leur côté et depuis un moment, incité à essayer ce jeu parce que ce serait le genre de jeu pour me plaire. Et c’est plutôt le cas. Il faudrait que j’en refasse une, ou plusieurs. Là, cette seule partie n’a pas réussi à me convaincre. C’est très bien fait, épuré, limpide et tout. Il y a de l’interaction (rivalité sur les actions au niveau de l’ordre de tour), éventuellement un peu de prise de risque, du développement, de l’opportunisme, des choix avec renoncements pas faciles. En vrai je suis sûr que c’est très bien. Mon tout premier regard sur le jeu ça a été de reconnaître le système d’enchère “ordre du tour”/“potentiel de déplacement” utilisé dans Carolus Magnus, un jeu que j’aime fort. C’était une bonne première impression. Le reste ne m’a jamais déçu mais jamais éclaté non plus.
So Clover
Bingo ! Ça c’est ma came. Un jeu dans la lignée de Codenames (
Scythe
En voilà un jeu qui a le cul parfaitement entre deux chaises. Décevant si vous y venez pour de l’aventure, de l’épique et de l’héroïsme. Probablement trop court* en terme de nombre d’action sur toute la partie si vous y venez pour son développement à base de moteur d’action et de ressources. J’ai pris du plaisir, sur un peu de ces deux tableaux, mais je n’ai pas pris mon pied. Encore une fois c’est une première partie. Et le jeu est complexe. Et on y a joué à 7 joueurs. Et je n’ai pas été très bon. Enfin ça s’est plutôt pas mal passé : je m’attendais à l’aimer moins qu’un peu.
* pourtant je n’aurais pas voulu que ça dure plus longtemps.
L’antre du roi de la montagne
J’ai vachement aimé. J’ai beaucoup aimé le système de constitution de tableau de cartes en pyramide avec production de ressources par ruissellement du haut vers le bas (peu pas être plus clair, désolé). Notamment parce que le jeu incite ainsi à dépenser les ressources stockées sur les cartes (ne pas thésauriser) avant d’ajouter une carte à son tableau (ou trouver un moyen de faire passer les ressources des cartes à son stock personnel illimité). J’ai bien aimé aussi la construction des galeries sur le plateau central commun en plaçant des polyminos plus ou moins chers, plus ou moins biscornus, qui débloqueront plus ou moins de bonus mais nécessiteront plus ou moins d’outils. C’est classique mais c’est le genre de trucs qui m’amusent. Le sentiment de progression sur le plateau est là. Et l’acheminement de statues, le long des galeries creusées, de leur point de collecte jusqu’à des points de scoring ; j’ai bien aimé aussi. Bref, il m’a semblé bien amusant ce jeu.
Mot malin
Le hit du week-end. Pas une soirée ou un après-midi dehors sans qu’il soit de sortie. J’ai bien aimé. Un autre jeu dans la lignée de Codenames, mieux peut-être lui aussi parce que plus rapide, plus immédiat, plus directement amusant. Et aussi parce qu’il se crée plus de connexions entre différents joueurs au cours d’une partie. Pas grand chose à lui reprocher, c’est un très bon jeu. J’ai moins aimé certaines situations où on bloque sur une carte donc on regarde un peu la partie filer, et finalement on résout le problème avec un indice unilatéral pourri quand il ne reste qu’une place disponible sur une colonne ou une rangée de critères. Ah, un autre souci ! éviter d’y jouer avec moi… je ne peux pas me retenir de parler plus que les autres, plus fort que les autres, plus vite que les autres, et pas toujours à bon escient. Le type insupportable qui fait capoter la partie (“il veut pas retourner jouer à Profiler, lui ?”)
Pictures
Très bon. Je n’en avais jamais entendu parler alors qu’il a eu le Spiel des Jahres en 2020. Sérieux ? J’ai hiberné ou quoi en 2020 ? …attendez… ah oui, 2020 quoi.
Bref, c’est rigolo c’est super bien fait et combien de fois on se dit que c’est impossible de faire deviner, avec deux ficelles ou 6 cailloux, une souris qui pointe son museau au travers de rondins de bois, ou un traîneau tiré par 6 huskys sous un soleil couchant. En fait oui c’est impossible. Mais par contre on se marre.
Parfois ça réussit et la satisfaction et le triomphe prennent le pas sur l’incrédulité et l’absurde.
Le matos, et un plaisir tactile, n’est pas étranger à la réussite de ce jeu.
Flying Goblins
Je me suis quand même un peu amusé.
C’est le genre de jeu parfait sur une animation. D’ailleurs le type qui nous l’a présenté l’a parfaitement bien animé. Voilà. Mais je ne crois pas que j’aurais envie d’y rejouer. Un truc à jouer une fois, pas un truc à acheter à moins de prévoir faire des animations avec. Peut-être que des gosses y joueraient sans se lasser.
Meadow
Je n’ai pas été insensible au charme de ce jeu. J’ai même pris du plaisir à constituer mon tableau et préparer ma main de cartes en anticipant le chaînage des symboles requis. Tout en essayant d’obtenir tel objectif avant les autres. De ce point de vue là, même si c’est classique, c’est pépère et pas désagréable. Parce que le système de tuiles d’action à double-effet (choisir c’est renoncer) est bien pensé, il y a un timing à trouver, ça ne se fait pas en mode auto et en débranchant son cerveau comme dans 7 wonders architect avec lequel par ailleurs le jeu n’a rien à voir… on se demande pourquoi j’en parle. Ce qui a péché, en tout cas sur cette partie, c’est le manque de tension. Comme Liopotame, moi aussi j’ai construit mon jeu avec une tension ramassée sur 5 manches. Sauf que le jeu en compte 8 et je me suis emmerdé dans les 3 dernières. C’est peut-être une erreur de joueur et pas du jeu, et Chakado qui a progressé plus lentement a construit son jeu sur les 8 manches, d’ailleurs il a fait un meilleur score et c’est lui qui a gagné. Reste cette impression que si j’avais dilué la tension de mon développement sur 8 manches au lieu de 5, j’aurais peut-être - comme Liopotame - trouvé le jeu trop planplan voire trop répétitif.
Splito
Encore un jeu de draft de cartes qui se boucle en 10 minutes. Il paraît que ce jeu rencontre du succès. Ok il y a des bonnes idées mais fondamentalement ça reste un mistigri. C’est chiant comme un mistigri et la fin de partie arrive avant qu’on ait eu le temps de commencer à s’amuser. Perso, je parie que ça ne serait pas arrivé même au bout d’une heure.
échelle de valeur :

