Un mois de février compliqué avec
6 nouveautés :
Carnuta 
Un jeu dont je n’avais jamais entendu parler, qui arrive sur la table un peu par hasard. C’est très joliment édité et, si le principal général (collection de cartes avec scorings combinés) est assez classique, le système des ressources (lune - soleil) est bien vu, les tours sont rythmés et on passe un bon moment. Au demeurant, vu que je ne suis pas propriétaire du jeu, pas sûr que j’y rejoue autrement qu’en ligne ; le cas échéant, ce sera avec plaisir.
Dewan 
Celui-ci, j’en avais entendu parler et, surtout, je suis très respectueux des conceptions de Yoann Levet (Ahh… Myrmès…). La découverte a été un peu contrariée par une explication que j’ai eu beaucoup de difficultés à intégrer (j’y ai sans doute une part de responsabilité), mais je reconnais que le jeu est très bien fait, et assez épuré dans le genre. Je vous avoue avoir un peu de mal à comprendre les comparaisons que je lis ça et là avec LADR : certes on pioche des cartes pour tracer son chemin, mais si l’on met ça de côté, Dewan me semble clairement plus immédiatement agressif et pas familial pour deux sous. Et la partie va tellement vite qu’il ne peut guère y avoir de coup d’attente…
First Rat 
Le jeu est arrivé alors que j’en avais plutôt entendu du mal. Et au final, ben… bonne surprise ! Si c’est un jeu de l’oie amélioré, c’est vraiment bien amélioré… c’était vraiment une bonne idée de supprimer tout hasard 
Sauf erreur de ma mémoire en effet, tous les éléments du jeu sont visibles en début de partie, et tout le sel va résider dans les choix et réactions des joueurs. Personnellement pas trop fan du thème, j’ai pourtant trouvé la partie assez excellente, vraiment bien rythmée et, par surcroît, il semble que toutes les stratégies envisagées par les 4 joueurs se soient révélées compétitives. Il y avait vraiment de quoi s’amuser.
Railroad Tiles 
Dans la - trop - grande famille des X&Write, j’avais un bon petit souvenir de Railroad Ink et, pour une raison finalement assez mystérieuse, j’attendais cette version Tuiles avec une certaine curiosité (à mon âge, plus d’impatience). Au final, je dois reconnaître que je suis un peu déçu… Non, ne médisez pas, ce n’est pas que je sois mauvais perdant (d’ailleurs j’ai gagné
), juste que je trouve le jeu un peu trop court (amhana* il manque deux ou trois tours) pour qu’on arrive à un résultat pleinement satisfaisant… sur aussi peu de tours, les paris sont trop risqués et d’autant plus qu’on est assez loin de voir toutes les tuiles du jeu. Dans un style un peu similaire, je préfèrerai rejouer à Tipperary, sans doute plus moche mais qui laisse une impression subjective plus satisfaisante à la fin de la partie, gagnée ou perdue.
Nota : j’ai également fait une partie avec l’extension Eoliennes, c’est une extension vraiment bien vue et bien implémentée, pas indispensable mais intéressante - sans rien changer à mon impression générale. A noter que, si j’ai bien compris, les extensions ne sont pas compatibles entre elles
Transorient Express 
Encore un illustre inconnu (pour moi), que je vois arriver avec un oeil méfiant. Pourtant, c’est vraiment bien édité, les cartes sont chatoyantes et les petits jetons train du plus bel effet. L’explication du jeu (et des objectifs) est un peu approximative mais on s’en tire et c’est parti… Au final, on a quoi ? Une sorte de Splendor Light Express, plutôt sympathique voire carrément envisageable comme filler au long cours puisque les parties sont remarquablement courtes et tendues. Bémol quand même : malgré un soin évident dans la DA du jeu, ils ont réussi à pourrir deux éléments ergonomiques pas anodins (suivant l’éclairage on a vite de fait de confondre les 1 et les 4, et la différence entre les icônes Train Bleu et Passeport n’est pas évidente)
Viva Catrina 
On ne pouvait pas avoir que des chefs-d’oeuvre dans le même mois, la mauvaise pioche est tombée sur celui-ci ! Nan… soyons francs, ce n’est sans doute pas un mauvais jeu mais disons que je ne suis vraiment pas le public, pour des raisons rationnelles et d’autres moins. D’une part, le hasard du tirage est juste écrasant et, si l’idée d’avoir une vue complète de la rivière peut donner une impression de contrôle c’est finalement assez artificiel voire frustrant quand on se voit condamné à ouvrir des opportunités au(x) joueur(s) suivant(s). Et d’autre part, je déteste de façon assez viscérale le fait de poser des tuiles pour créer des motifs baroques ou jamais terminés - “défaut” commun avec Carcassonne d’ailleurs, et que Railroad Tiles parvient à éviter un peu par la moins grande contrainte sur les tuiles existantes.
… mais également des découvertes plus anciennes
Top Ten (2020) 
Lui traînait sur mes étagères depuis un moment… et pour être honnête je ne me souvenais plus trop pourquoi je l’avais acheté (les party games ne sont pas trop une spécialité de la maison, public aidant). On a joué une partie à 5 et… OK. C’est “pas mal”. Mais pas si fun que je ne l’aurais imaginé… rétrospectivement, je ne comprends pas la hype de l"époque… il y en avait bien une, ou ma mémoire me joue-t-elle des tours ? 
Wühltisch (2002) 
A froid et sans anesthésie, il aurait fallu me prendre en photo lorsque le jeu a été étalé sur la table - étalé étant vraiment le mot. Qu’est-ce que ce bordel ? Nous voilà en effet devant un “machin” assez fascinant, où les joueurs se retrouvent de façon tout à fait réaliste immergés dans une immense friperie à la recherche d’une série d’articles aux critères baroques. Imaginez un Mémory multi-critères avec du calcul mental et en temps réel, et vous aurez une idée assez précise d’à quel point j’ai aimé ce jeu. Pour de vrai, j’espère y rejouer à 5, où le bordel est maximal. Aucune chance que j’y brille jamais, mais en toute hypothèse on devrait bien rigoler.
Kingdoms (1994) 
Pour être précis, j’ai joué à la première version originale du jeu, Auf Heller und Pfennig, mais ce n’est pas comme si le thème avait une quelconque importance dans les jeux de Knizia. Ni le look d’ailleurs
. Alors quid de ce Kingdoms / Cosmolancer ? Ben on est vraiment dans un jeu “à l’ancienne”, avec finalement peu de règles, du hasard, des petits choix méchants en permanence, une interaction maximale et l’impression finale que, tous comptes faits, non, ce n’était pas mieux avant. Pas que ça ait mal vieilli, mais ce n’était sans doute pas dans le top10 de l’époque, et donc peu de chances que ça figure mieux aujourd’hui.
*amhana : à mon humble avis non argumenté