En décembre :
Take Time 
découvert sur le tard, et a priori (j’avoue) j’étais assez réticent. L’honnêteté oblige à reconnaître que ça marche très bien, le “silence par phases” (conventions - try - engueulades - retry) est vraiment une bonne idée, c’est étonnamment retors et l’on se surprend à se faire des high five après une victoire qu’on pensait inaccessible. L’équilibrage du jeu a sans doute été soigneusement pesé, mais je regrette que les manches soient aussi dépendantes de la pioche (on ne joue qu’avec 50% des cartes, ce qui donne aux conventions initiales un fort potentiel de flop)… Ce n’est certainement pas un défaut du jeu, juste une caractéristique qui ait que je ne l’achèterai pas et ne chercherai pas à le “creuser” (et c’est sans doute dommage car, comme tous les jeux à convention - et d’autres choses aussi, OK - on y prend d’autant plus de plaisir qu’on le pratique régulièrement)
Limit 
Ne vous laissez pas abuser par le smiley, qui résume un peu sévèrement l’impression qu’on a tous eu à l’issue de la première partie : le jeu est excellent. C’est à la fois très mécanique (il s’appuie sur le modèle du Club de Rome qui a rédigé le fameux rapport Meadows) et hyper thématique - puisque, donc, c’est une simulation. Là où le bât blesse - peut-être… nous tâcherons de le confirmer ou le réfuter avec d’autres parties dans d’autres configurations - c’est que, en tant que jeu, il ne semble pas y avoir beaucoup de manières d’optimiser son score… à moins, peut-être, de jouer les doomers et d’enfoncer au maximum ses adversaires en espérant faire moins pire qu’eux au moment de la chute. On ne va pas se mentir : c’est certainement vrai dans un certain nombre de jeux qui ne me posent pas question. Oui, mais l’intérêt de Limit repose en grande partie sur son argument de réalisme et son appel à la prise de conscience : il est assez difficile de se prendre au jeu en mettant de côté le comportement qu’on est censés dénoncer. Ce n’est donc pas qu’un jeu et, s’il est parfaitement efficace, sincère et brillamment conçu, sa force est aussi… sa limite.
Formidable Farm 
Disclaimer : comme je suis un fan absolu de Friedemann Friese, aucun point de vue objectif n’est à attendre dans les lignes qui suivent. Comme d’habitude, Friese fait un bricolage vif, amusant et malin avec deux bouts de ficelles. Formidable Fam est un petit jeu de course (il faut être le premier à se débarasser de ses cartes) à base de traficotage de ressources, avec un petit grain de sel tactique pour dépenser son trésor aux bons moments. Clairement un petit filler, mais assez fun et suffisamment court pour ne pas faire hurler dans les chaumières.
Rebirth 
Bon ben, une fois de plus, le bon docteur Knizia arrive à me surprendre - et en fait je dis ça mais j’ai l’impression de le dire chaque année. Vu de loin (production impeccable, DA efficace mais presque trop propre, règles et gameplay simplissimes) on jurerait avoir affaire à un OK game, et en fait… eh bien c’est juste excellent. On est, certes, loin de T&E / Y&Y / Huang, mais justement, le public visé est manifestement beaucoup plus large et, ce qui est à mes yeux une immense qualité, on peut y jouer de plusieurs manières suivant les publics, un peu à la manière de “grands anciens” comme LADR, Carcassonne ou Azul. J’espère qu’il suivra ces traces.
Paper World 
Peut-être étais-je chafouin quand on m’a expliqué le jeu, mais je lui ai immédiatement trouvé quelque chose de vaguement désagréable, peut-être des morceaux de Kingdomino (jeu que je suis un des rares à détester), ou peut-être un côté à la fois inutilement alambiqué et injustement arbitraire… Bref, je n’ai pas passé un super moment : une première moitié de partie à râler sur le tirage des cartes (il n’y avait aucun 1 lorsque mon tour venait) et la seconde à soupirer parce que les options que j’avais prises se révélaient payantes contre toutes les statistiques. En gros, j’ai gagné mais par pur hasard et, à ce compte-là, 35 minutes c’est déjà trop long.
Sweet Takes 
Pour être honnête, je ne me souviens déjà plus très précisément des mécaniques, par contre j’ai le souvenir assez clair de n’avoir pas compris la subtilité cachée derrière - ce n’est pas de l’ironie, j’ai bien compris qu’il y avait un truc, mais je ne l’ai pas capté. Un peu comme Danger cette même année 2025, je suis clairement passé à côté, alors qu’à la base je suis assez client des jeux de plis. Comme mes camarades (qui avaient déjà joué) n’étaient eux-mêmes qu’à moitié convaincus, il n’est pas certain qu’il revienne un jour.
Sweeet ! 
Il y a des fois, comme ça, où vous êtes à table et on vous propose à la fin du repas un jeu dont vous savez par avance qu’il ne vous conviendra pas. Mais avec le gros post-it “joueur” collé au front, impossible de refuser une partie de ce jeu “sans prétention, mais l’auteur est mon meilleur ami” (véridique). Ce jeu n’a d’ailleurs aucun problème de conception, il est même joliment produit et, vu sa taille, il est sans doute hyper abordable. Le seul micro-souci c’est que c’est un Memory - malin, certes, mais un Memory. Et que je n’aime pas ça, mais alors pas du tout.
[Edith]
Dans mes tablettes, je ne l’ai pas noté comme une nouveauté mais j’ai également découvert en décembre
Le Destin de la Communauté 
aka Pandémie x Le Seigneur des Anneaux
Eh bien malgré mes réticences c’est franchement très bien, la mécanique un peu froide de Pandémie arrive à être presque entièrement effacée par le thème et sa mise en oeuvre. Certes il y a a toujours des restes de syndrome alpha mais, au point où on en est rendus, ce n’est clairement pas le principal. La variété des parties semble assurée par des combinaisons de missions différentes, toutes thématiques et proposant toutes des crèves-coeur qui ne sont pas sans rappeler les meilleurs passages des Legacy. Pour une fois, hype tout à fait méritée.